Le BTS édition : késako ?

Je me souviens, lors de la rentrée à la fac en Licence Lettres Moderne, les enseignants nous avaient présenté un graphique représentant les choix d’orientation des élèves de cette section. Les métiers de l’édition arrivaient en troisième position, mais le pourcentage n’en restait pas moins conséquent.
Je me demande combien sont parvenus au bout. Pour ma part, ni l’IUT ni la fac ne semblaient faits pour moi. Le premier parce qu’il fallait un bon dossier, ce qui est loin d’être mon cas. Le second parce qu’il faut beaucoup d’autonomie et d’autodiscipline pour réussir. Que voulez-vous, moi, je fais parti de ces gens qui ont besoin de savoir pour quoi ils travaillent. Savoir décortiquer et analyser un extrait de L’Assommoir, c’est bien, mais à quoi diable cela va-t-il me servir ? À reconnaitre le talent quand il me passera sous le nez sans doute, encore que si le talent d’un auteur pouvait garantir les ventes, ça se saurait… *tousstwilighttouss*

Bref, le BTS Édition me paraissait tout indiqué. Une formation concrète et complète, un stage obligatoire pour découvrir le monde de l’édition et un projet éditorial à présenter. Mais alors concrètement, c’est quoi ?

Commençons par le plus gros morceau : la fabrication (4h/semaine)
L’enseignement est assez large. Jusqu’à présent nous avons pu étudier la chaîne graphique (pour simplifier, toutes les étapes de la fabrication d’un livre jusqu’à sa mise en place en librairie), la photogravure, les trames, le traitement des images, le papier, les procédés d’impression… À côté de ces cours théoriques, nous avons aussi des cours plus pratiques de réalisation de devis : quel format de papier sur quelle machine, combien cela va coûter ?
Évidemment, les devis peuvent être fournis par les imprimeurs. D’ailleurs, ils le sont. Mais avant de se lancer dans un projet, un éditeur doit être capable d’évaluer la rentabilité du dit projet pour connaitre la solution la moins coûteuse. Loin de la beauté de la Littérature, ça reste une entreprise.
* Préparation de copie (2h/semaine)
Ou comment ne pas être d’accord avec ses profs. On ne dirait pas comme ça, mais la langue française est non seulement pleine de pièges, elle est aussi pleines de "plusieurs solutions existent". Quoi qu’il en soit, pour cette matière, mieux vaut-il être bon en orthographe.
* Maquette (2h/semaine)
Qui pourrait croire, en regardant un magasine que ce fouillis apparent est en fait soigneusement organisé par le biais d’une grille modulaire ?
Le maquettiste aura pour mission d’ordonner les éléments entre eux, d’établir la charte graphique selon ce qui aura été prévue par le cahier des charges.
* Économie (2h/semaine)
Enseignement des notions de base en économie, les entreprises, les moyens de financement, les statuts… Pour le "cas où" nous souhaiterions plus tard monter notre propre entreprise.
* Droit (1h/semaine)
Là aussi il s’agit d’un enseignement de base en droit : personnes physiques ou morales, contrats, etc.
* Gestion (1h30/semaine)
De la comptabilité pure et simple. Même si le prof nie (enfin, il nie surtout que "c’est des math en fait") Pour un projet, on nous apprendra à savoir établir la marge nette, le seuil de rentabilité, le compte de résultat, etc.
* Culture générale, dit Français (2h/semaine)
Parce qu’un éditeur doit avoir une solide culture générale. Les exercices demandés sont assez proches de ce qui est demandé en lycée quoi que moins exigent – pour ceux qui ont fait L en tout cas. Deux parties à l’examen : savoir analyser un corpus de documents, et savoir structurer une opinion en se fondant sur des exemples issus de notre culture générale.
* Anglais (2h/semaine)
* Édition (1h30/semaine)
Pour le moment, nous n’en sommes qu’à des généralités sur les maisons de l’édition, l’état du marché du livre. Parait-il que l’an prochain nous entrerons davantage dans le vif du sujet avec la loi Lang, les droits d’auteur, la distribution…
* Informatique (3h/semaine)
Apprendre à maitriser les logiciels les plus utilisés par les éditeurs. À savoir Adobe Créative Suite (In Design, Photoshop, Illustrator..) Si comme moi vous avez des tendances geeks et que vous n’aimez pas les Macs, pensez à vous acheter une corde immédiatement.

Toutes ces matières ont pour but de nous former au métier d’Assistant d’édition, qui doit être polyvalent et maitriser toutes les sous-divisions. Cependant, rien n’empêche de se spécialiser par la suite dans une branche, que ce soit la maquette, la fabrication, la correction de copie…

Le seul gros bémol : avec trois classes dans toute la France, c’est pas nous, pauvres BTS Éditions qui allons dominer le monde. D’un autre côté, c’est tellement la galère pour trouver un simple stage que je n’ose pas imaginer ce que ça va être pour trouver un travail… Faut y croire.

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2 réflexions sur “Le BTS édition : késako ?

  1. Bonjour
    Je suis actuellement en BTS Edition et j’aimerais en discuter un peu avec vous. Pouvons nous prendre contact ^^ ?
    Merci de votre réponse

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