Les livres sont-ils chers ?

C’est une question qu’on s’est tous posée au moins une fois, surtout quand on sait que tout augmente. Mon dernier gros achat remonte à début mars : 59€ pour 5 livres, avec une fourchette allant de 5€50 à 18€50. Cela fait en moyenne 11€80 par livre, ça reste correct quand on voit le nombre de romans vendus entre 17 et 22€. C’est simple, depuis que je me suis remise à la lecture, j’essaie de fuir ces livres-là.

Vous avez sans doute entendu parler de la loi Lang sur le prix unique du livre. Grâce à elle, ce prix de vente doit obligatoirement figurer sur la couverture. Par curiosité, je suis allé fouiner parmi les vieux livres de ma bibliothèque. Ça n’a pas été facile étant donné que j’en ai laissé une grande partie chez mes parents, et que les autres ne sont plus édités. Mais j’ai quand même réussi à trouver ce que je cherchais.

Harry Potter et la Coupe de Feu, grand format, acheté en 2001.
120FF, 18,29€

Là, je me suis dit « Bon, 18€29, c’est pas joli, ils ont du arrondir depuis le temps, peut-être 18,50€, maximum à 20€ »

Verdict : 21,30€. What. The. F* ?!
Trois euros de plus en 11 ans. Pour un ouvrage qui ne demande plus à la maison d’édition de frais de correction ni de maquette. Note à moi-même : penser à demander à ma prof d’économie de combien a été l’inflation. Juste pour voir…

Bref, en ce moment, les prix des ouvrages recommencent à bouger à cause de l’entrée en vigueur de la nouvelle TVA. Qui va encore en pâtir ? Les acheteurs. Les travailleurs du livre reconnaissent tous que le secteur est en crise, mais il faut aussi tenir compte du fait que les produits alimentaires ou encore l’essence continuent à augmenter. La lecture, ce n’est qu’un loisir, pas une première nécessité (encore que des fois, on se demande ^_^)

Alors la question qui fâche : est-il possible de baisser les prix des livres ? Et bien, en toute honnêteté, même si j’en rêve, je ne le crois pas. Sauf si on ferme les yeux sur la qualité et qu’on fait imprimer en Chine. Et sauf si on sait (parce qu’on a été chercher des droits à l’étranger) que le roman est voué à devenir un best-seller, ce qui permet de lancer un gros tirage.

Rien qu’à voir mon projet BTS, j’ai mal au cœur. Car pour avoir un seuil de rentabilité qui ne dépasse pas 55% du tirage, je me retrouve à devoir vendre mon livre à 19,90€. OK, c’est illustré en couleur. OK, c’est du papier de qualité. Mais il n’y a que 160 pages ! Réaction d’un prof qui est aussi un professionnel : « Ce n’a rien de déraisonnable. Vous voulez cibler des adolescents, ce ne sera pas eux qui paieront directement, mais leurs parents. D’autre part, si vous le vendez à ce prix-là, cela montrera à votre auteur et à votre illustrateur que vous croyez à leur travail. » Mouais. Alors déjà, ce projet ne cible pas que les ados, mais aussi les jeunes adultes, donc étudiants. Ensuite, étant rémunéré au pourcentage du prix de vente, c’est sur qu’un gros prix est mieux pour l’auteur et l’illustrateur. Enfin, si on n’a pas envie de regarder très loin. Si j’étais auteur, je préférerais être voir mes œuvres lues largement, quitte à toucher moins pour un seul livre. D’ailleurs, au final, je serais gagnante, parce qu’un petit chiffre multiplié par un grand nombre d’ouvrages, ça peut faire plus qu’un gros chiffre multiplié par un petit nombre d’ouvrages.

Heureusement que ce projet c’est du fictif.

Reste la question du prix des livres numériques. Pas la peine de rappeler que certains éditeurs vendent leurs e-books plus chers que les formats poche… Même Bragelonne (dont on pourrait croire qu’ils ont compris l’intérêt de vendre à bas prix, vu la fréquence de leurs promos) vend d’abord au prix fort, puis baisse quand il sort chez Milady. Exemple : j’attends toujours la sortie du tome 5 de Succubus en poche. Les tomes 1, 2, 3 et 4 valent tous 8€ en poche et 4,99€ en e-book. Le cinquième e-book est vendu 12,99€…

Lors du Salon du livre, une fabricante d’une grande maison intervenait sur le stand du SNE à propos du prix des e-books. Elle soulignait le fait qu’actuellement, les éditeurs cherchaient encore à savoir combien les gens étaient prêts à mettre dans un livre numérique. Puis elle a évoqué la possibilité de vendre la version numérique en même temps que le livre papier, pour un prix moindre – mais pas gratuit, parce qu’il y a quand même un travail de création à rémunérer derrière. C’est une piste que j’avais tenté d’explorer dans mon projet, en insérant dans le livre un marque-page invitant l’acheteur à se rendre sur une librairie en ligne, et à entrer un code promo qui aurait permis d’acheter le e-book pour 1€. Cette idée est lamentablement tombée à l’eau puisqu’apparemment, je n’aurais ‘pas la moindre chance’ de rentrer dans mes frais… Pour ce projet-là, c’est certain. Mais je suis certaine que si les gros éditeurs pourraient le faire. Encore faudrait-il qu’ils le veuillent réellement. Quand on voit que c’est eux qui vendent le plus cher leurs e-books, on se dit que c’est pas gagné…

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