Version Beta

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par Rachel Cohn

Éditeur : Robert Laffont (Collection R)
ISBN : 978-2-2211-2720-9
Prix public : 18,50 €

Présentation éditeur :

Née à seize ans, Elysia a été créée en laboratoire. Elle est une version BETA, un sublime modèle expérimental de clone adolescent, une parfaite coquille vide sans âme.
La mission d’Elysia : servir les habitants de Demesne, une île paradisiaque réservée aux plus grandes fortunes de la planète. Les paysages enchanteurs y ont été entièrement façonnés pour atteindre la perfection tropicale. L’air même y agit tel un euphorisant, contre lequel seuls les serviteurs de l’île sont immunisés.
Mais lorsqu elle est achetée par un couple, Elysia découvre bientôt que ce petit monde sans contraintes a corrompu les milliardaires. Et quand elle devient objet de désir, elle soupçonne que les versions BETA ne sont pas si parfaites : conçue pour être insensible, Elysia commence en effet à éprouver des émotions violentes. Colère, solitude, terreur… amour.
Si quelqu’un s’aperçoit de son défaut, elle risque pire que la mort : l’oubli de sa passion naissante pour un jeune officier…

Mon avis :

Elysia est l’un des premiers clones adolescent produit par le docteur Lusardi. Bien qu’étant une version Beta, susceptible d’avoir des Défaillances, elle est rapidement achetée par la femme du Gouverneur de l’ile, en mal d’amour depuis que sa fille est partie vivre sa vie sur le Continent. De prime abord, sa nouvelle famille l’accueille à bras ouvert et avec beaucoup d’enthousiasme. Mais ce serait oublier qu’Elysia n’est qu’un clone, un objet dont on exhibe la beauté et sur lequel on a tous les droits.

La première partie de l’ouvrage est à l’image de la vie sur Demesne. On découvre à travers les yeux de l’héroïne une ile idyllique et d’une extraordinaire beauté. On prend part avec elle aux diverses activités tandis qu’elle suit son nouveau frère : courses à pied, surf, parapente… Au bout d’un moment, j’ai commencé à m’ennuyer, mais ce n’était pas un ennui négatif qui pousse à abandonner un livre. Cet ennui-là, au contraire, était le reflet du quotidien sur Demesne : ses habitants, et notamment les adolescents, ont accès à toute sorte d’activité, mais même après avoir tenté les plus extrêmes, ils finissent toujours par se lasser. Alors ils se tournent vers d’autres sensations comme celles procurées par la drogue.

Je me suis rapidement demandée quand cette bulle allait finir par éclater. Heureusement la situation ne s’éternise pas, et nous assistons progressivement à « l’éveil » d’Elysia, sa prise de conscience, son désir de révolte face aux injustices auxquelles elle assiste ou dont elle est directement victime.

J’ai beaucoup aimé ce livre parce qu’il aborde de très nombreux thèmes : la question du clonage et de l’esclavage, bien sûr, mais aussi la drogue, les relations parents/enfants et la recherche d’identité, aussi bien à travers les personnages de Tahir que d’Elysia. Autant de sujets abordés avec habileté et qui prêtent à réflexion.

Autre point qui m’a séduite : la crédibilité de l’univers. Version Beta nous offre une dystopie qui se situe dans l’avenir proche de notre monde, sans aucun doute possible. Des lieux connus tel que Paris, ou l’Himalaya sont cités et les enjeux écologiques de notre époque y sont mentionnés : le problème de l’eau potable, de la fonte des glaces dû au réchauffement…

Petit bémol : pour le côté avancée technologique, c’est bien moins crédible. Que les Hommes puissent modeler leur environnement pour créer Demesne tel quelle est décrite, ça me parait un peu difficile mais soit. Par contre, les « colonies à l’autre bout de la galaxie » ou le clonage par le biais d’une espèce de photocopieuse géante, ça me laisse un peu plus perplexe.

En résumé

Version Beta n’aura pas su m’emporter suffisamment pour que je puisse le placer dans mes coups de cœur, mais j’en retiens tout de même beaucoup de points positifs.

L’auteur ne semble pas chercher pas à faire un « grand spectacle de révolte » comme on peut parfois trouver dans d’autres dystopies. Elle nous montre le travers de sa société en apparence idéale et, parce que son univers est historiquement rattaché au notre, il devient alors très facile d’y retrouver nos propres défauts pour mieux y réfléchir.

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GalleaneKelith

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