Parole de fabricante, part 1

D’accord, c’est peut-être un peu présomptueux de me qualifier de « fabricante », étant donné que je n’ai jamais travaillé comme tel, mais bon, après tout, c’est ma formation, à la base.

J’aime les livres depuis toujours, mais avant, je n’attachais pas beaucoup d’importance à « l’emballage », même si j’ai toujours trouvé les vieux livres plus beaux que les brochés. Aujourd’hui, je prête bien plus d’intérêt aux détails, et je souhaitais vous présenter quelques livres dont la réalisation a attiré mon attention.

Mais avant, petites présentations…

I/ Un fabricant, c’est quoi ?

Seules les grandes maisons d’édition, et quelques moyennes ont leur propre fabricant. Pour les autres, les éditeurs laissent généralement le champ libre à leur imprimeur, ce qui peut donner lieu à quelques abus.

Le fabricant, comme son nom l’indique, s’occupe, au sein de la maison d’édition, de tout ce qui est relatif à la réalisation de l’ouvrage. Il doit connaitre sur le bout des doigts le métier d’imprimeur afin de mieux lui donner ses directives et flairer les embrouilles, mais il n’en est cependant pas un.

Son travail consistera à réaliser des devis en interne afin d’estimer le coût de fabrication d’un livre. Il choisira le papier, négociera son achat et s’assurera de la bonne livraison chez l’imprimeur. Il devra trouver des solutions aux difficultés techniques souhaitées par l’éditeur tel que l’insertion d’un cahier en couleur dans un livre imprimé noir, la création d’un coffret pour insérer le livre… Il lancera les appels d’offres auprès des imprimeurs et négociera les prix. Enfin, il devra contrôler la qualité d’impression et signer le BAT.

II/ Comment fabrique-t-on un livre ?

Les livres ne s’impriment pas page après page, comme sur une imprimante de bureau. L’intérieur et la couverture sont imprimés séparément, soit sur des machines offset pour les tirages importants, soit sur des presses numériques pour les plus petits volumes.

A/ L’intérieur

* Le cahier

L’intérieur des ouvrages est imprimé sous forme de cahiers : il s’agit d’une feuille qu’on plie en deux, trois ou quatre et que l’on recoupera par la suite.

Le nombre de plis dépendra de l’épaisseur de papier. Généralement, on plie en trois, de sorte à obtenir des cahiers de 16 pages (8 au recto, 8 au verso). Comme ceci :

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Les pointillés rouges représentent les plis. Les traits continus verts symbolisent la zone à massicoter. (Ici, la triple coupe correspond à une reliure de type Assemblé cousu. Si le livre est un broché, une quatrième coupe est effectuée sur le côté gauche du cahier) Enfin, la zone hachurée correspond aux chutes de papier, qui partira au recyclage. Cela peut parfois représenter plusieurs tonnes de papier ainsi perdu, d’autant que « cahier » n’est pas synonyme de « feuille d’impression. »

* La feuille d’impression

La feuille d’impression, c’est la feuille que l’on fait passer en machine, sur laquelle seront imprimés le ou les cahiers.

feuille-impression

Le schéma suivant correspond à la feuille d’impression de mon projet de BTS. Les valeurs sont en millimètres.

Il y a deux cahiers, placés verticalement et séparés par le trait rouge. En pointillé, les plis, en trait continu vert, les coupes. La zone de 15 mm en haut correspond à la prise de pince, en bas au fond de pression. Ces blancs sont nécessaires afin que la machine puisse attraper et passer la feuille.

Vous noterez qu’en additionnant les valeurs, le total est à 920 x 690 mm, alors que j’ai noté en haut que le format de ma feuille d’impression est à 720 x 1020 mm. Si le tirage est important et qu’on a plus de trois tonnes de papier à faire imprimer, on peut demander au papetier une commande spéciale au format voulut, afin de limiter les pertes. Mais si on a moins de trois tonnes, on est obligé d’acheter le papier à un format standardisé.

Une fois imprimés et pliés, les cahiers peuvent être assemblés selon deux méthodes.

~ Assemblé cousu collé :

Les cahiers sont rassemblés selon une échelle de brochure, avant d’être cousus puis collés entre eux.

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~ Grecqué :

Les cahiers sont coupés sur les quatre côtés, de sorte qu’une fois assemblés, ils ne puissent plus être distingués. Puis, les feuillets sont collés à la couverture.

Il s’agit de la forme de reliure la plus courante pour les romans.

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B/ La couverture

Les couvertures sont imprimées « à plat » sur des machines généralement plus petites que celles utilisées pour l’intérieur. Pour la maquette, cela donne, dans l’ordre : la quatrième de couverture, le dos, puis la première de couverture. Cela peut paraitre évident, mais j’ai déjà vu des gens qui réalisaient leurs propres couvertures en plaçant la première de couverture avant la quatrième.

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On peut trouver plusieurs types de couvertures.

La couverture souple :

La plus utilisée pour les romans et la moins couteuse. Il s’agit d’une simple feuille très épaisse qui peut être imprimée soit au recto seul, soit recto-verso, puis que l’on recouvre d’un film protecteur. Certains éditeurs, par souci d’économie, se passent de ce pelliculage, mais pour peu qu’on ait les mains un peu moites en lisant, c’est un vrai carnage (oui, c’est du vécu)

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La couverture intégra :

Le papier utilisé pour ce type de couverture est encore plus épais et plus rigide que pour la couverture souple. Afin de lui donner de la solidité, on en replie les bords vers l’intérieur.

Ce type de couverture est souvent utilisé pour les manuels scolaires.

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La couverture cartonnée

Très rigide, cette couverture est composée de trois cartonnettes (une pour le plat de devant, une pour le dos, et une troisième pour le plat de derrière) et d’une feuille de recouvrement.

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———

Voilà pour cette première partie. La prochaine fois, je vous ferai un petit tour d’horizon des particularités et embellissements que l’on peut rencontrer.

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2 réflexions sur “Parole de fabricante, part 1

  1. Bien le bonjour
    Je me rappelle avoir vu ton site en début de 2e année de BTS et il m’avait bien plu. Je l’ai retrouvé cet après-midi, et ça m’a bien fait plaisir de lire tes impressions sur le BTS Edition car visiblement tous les étudiants ont été cuisinés de la même façon !
    Je viens de terminer mes examens et ça va bien me manquer tout ça…

    Bonne continuation 😉

    • Rah,les vieux souvenirs qui remontent du coup ^^ J’espère que tes examens se sont bien passés, et bonne chance pour la suite, que ce soit boulot ou poursuite d’études 🙂

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