Une histoire de couverture (encore)

Tout éditeur est conscient qu’une couverture réussie peut être décisive dans le succès d’un livre. Même si beaucoup de gens répètent que le plus important, c’est le contenu, pas l’emballage, il n’empêche que !

Les couvertures sont influencées par les tendances (illustrations au détails très poussés en Fantasy, photomaniulation de jeunes femmes typées mannequin en Bit-Lit…) , mais quoi qu’il en soit, il est préférable de faire en sorte qu’elle reflète le contenu du livre. Et ça, ce n’est pas toujours si évident.

Exemple avec Les Larmes Rouges.

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A gauche, la couverture de l’ancienne édition, illustrée de la main de l’auteur elle-même. A droite, la nouvelle couverture. Peut-être est-ce parce que j’ai lu le livre il y a quelques mois déjà, mais entre les deux, je trouve que c’est le jour et la nuit.

Les Larmes Rouges est un roman noir, dans lequel les émotions négatives sont exacerbées. Cela transpire dans l’attitude du personnage, sur la première couverture : un visage tourné vers la gauche et le regard baissé, du sang affiché clairement par les larmes ou suggéré par la couleur de la chevelure. La rose blanche renvoie à l’innocence (et, si je ne me trompes pas, apparait au cours de l’histoire), et s’oppose aux mains possessives posées sur les épaules de l’héroïne ainsi qu’aux rubans, symbole de son appartenance. Tous ces éléments se retrouvent dans l’histoire, prennent leur sens à la lecture.

L’autre couverture est plus commerciale – à cause du gros bandeau jaune, bien sûr, mais également à cause du style qui reflète davantage « la mode » en matière de couverture. Il ne s’agit plus d’un dessin, mais d’une photomanip’.

Le fond de la couverture est noire avec quelques touches de marron : on n’est  plus dans quelque chose de complètement ténébreux, mais ça reste tout de même sombre. Les plantes aux feuilles légèrement épineuses ne sont là que pour ornementer la couverture et la rose blanche s’est transformée en plusieurs roses rouge-rosé.

Hormis à travers ces fleurs, le rouge a totalement disparu : plus rien n’évoque le sang, pas même la chevelure du personnage qui est devenu roux flashi. Celui-ci se tiens d’ailleurs dans un cadre tout en en dépassant légèrement, tandis que sur la première, elle se tenait bien droite dans son cadre, retenue par les mains du second personnage. Là où elle était prisonnière, elle se retrouve désormais libre. Cela se ressent également dans sa position, puisqu’elle a le visage levé et le corps très légèrement tourné vers la droite, ce qui est fortement positif, et s’oppose totalement à l’attitude triste et soumise de la première ouverture.

En résumé, ces deux couvertures proposent deux visions totalement opposées du même livre. La première est sombre et triste, la seconde est positive et pleine d’espoirs.

Personnellement, si je préfère l’esthétique de la seconde, je trouve que la première correspond bien mieux « l’esprit » du roman. Il s’agit d’une illustration pure, tandis que la seconde couverture est une interprétation, le reflet de la vision que l’on peut avoir sur le livre, si on le regarde selon un certain angle.

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4 réflexions sur “Une histoire de couverture (encore)

  1. Je suis d’accord avec toi sur certains points, comme le fait que la nouvelle couverture est à but commercial (avec l’horrible bandeau !), mais pour ce qui est de l’illustration je la trouve tout aussi réussie que la première couverture. Je regrette simplement que les bras d’Henri qui retiennent Cornelia ne soient pas présents dans la nouvelle version, pour moi ils reflètaient aussi très bien l’histoire du roman.
    Pour ce qui est de l’absence du sang, je suis satisfaite, pour moi le sang était trop présent dans l’ancienne couverture (le titre, les rubans, les cheveux, le sang sur la robe, le sang sur les mains de l’homme), ça faisait peut-être trop. La nouvelle couverture je la trouve bien plus sobre, en gardant toujours cette atmosphère sombre. En fin de compte, il y a seulement le ruban publicitaire qui fait tâche.

  2. N’ayant pas lu le livre je peux seulement me baser sur le look, mais sincèrement, je préfère celle de gauche. C’est le genre de couverture qui attirerais mon attention et dont je me rappellerais. Contrairement à celle de droite qui ressemble à des dizaines d’autres couvertures.
    ~ hedyuigirl

  3. Un bon compromis aurait été le concept de la deuxième avec l’illustration de la première. Je trouve le photomontage de la seconde pas super réussi… et pour l’ambiance, je te fais confiance (même si j’avoue que personnellement, l’univers sombre et sanglant évoqué par l’illus de gauche ne me fait pas du tout envie… celle de droite est plus « grand public »). Pour moi, le gros problème de la première couv, c’est le texte, qu’on peut littéralement à peine déchiffrer. Le choix des polices, de la taille et des couleurs est plutôt raté à mon sens.

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