La commande d’oeuvre

Il y a quelques jours, je discutais avec une auteur qui s’indignait du fait que d’autres auteurs parvenaient à signer des contrats alors qu’ils n’avaient pas encore écrit la moindre ligne de texte. Ce n’est pas qu’après coup que j’ai compris qu’elle parlait des commandes d’œuvre.

Qu’est-ce que c’est ?

La commande d’œuvre, comme son nom l’indique, c’est lorsque un éditeur demande à un auteur de lui écrire une œuvre. Cela se fait beaucoup pour les livres « à thème » (essais, anthologies, beaux-livres…), moins pour les romans. Dans le cadre du BTS que j’ai passé, par exemple, tous nos projets éditoriaux étaient basés sur des commandes : nous devions choisir nos auteurs ainsi que nos illustrateurs, et négocier avec eux.

Le contrat est donc effectivement signé avant que l’auteur débute son travail d’écriture. Lui et l’éditeur conviennent d’un thème et du contenu de l’ouvrage, d’une date de rendu, etc.

Pourquoi commander un texte ?

Parce qu’on sait que l’auteur a des connaissances poussées sur certains thèmes.
Parce qu’il aime écrire sur des thèmes que l’on voudrait publier.
Parce que son nom fait vendre [Une maison d’édition reste une entreprise. Oh les suppôts de Satan !]
Parce qu’on apprécie sa plume d’auteur.
Parce que c’est comme ça.

Une injustice ?

Personnellement, la pratique ne me choque pas, même pour des romans, mais d’une certaine façon, je comprends le point de vue de la personne qui s’en indignait.

Quand on débute en tant qu’auteur, on nous fait miroiter le contrat d’édition comme le sésame, la récompense ultime pour ce qu’on écrit. Dans notre esprit, le chemin vers l’édition, c’est de la sueur et des larmes. On écrit notre texte, on le travaille, on le présente à un éditeur qui nous refuse, on le retravaille…

Découvrir que des auteurs (dont on ne connait parfois pas du tout les noms) signent des contrats sans rien avoir écrit, forcément, ça peut attirer la jalousie. Sauf que si ces auteurs en sont là, c’est qu’ils ont déjà fait leurs preuves dans leur milieu éditorial. Eux-aussi sont passé par le tortueux chemin des refus en série.

Après, qu’il y ait du favoritisme et du copinage, ça, c’est un autre problème. S’il y a une fois où ça m’a bien énervé, globalement, ça me passe au-dessus de la tête. (Là, il s’agissait d’un appel à texte où les noms des sélectionnés, connus dans le milieu de la petite édition de SFFF, ont commencé à être annoncés avant la date limite de rendu, de sorte que tous les auteurs n’avaient clairement pas les mêmes chances. Pour le coup, une commande de texte à ces auteurs connus m’aurait paru moins cavalier pour les autres.)

Globalement, je ne juge pas ces pratiques, mais je pense que pour un auteur débutant qui a encore plein de rêves en tête, il est important de savoir qu’elles existent : voilà, c’est comme ça que ça fonctionne. Libre à chacun ensuite de se faire sa propre opinion et d’en penser ce qu’il veut.

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Une réflexion sur “La commande d’oeuvre

  1. Effectivement, c’est surtout dans les appels à texte que c’est le plus dérangeant et qu’il vaudrait mieux, alors, passer par la commande d’œuvre. (Sinon je sentirai moi aussi une « injustice »)

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