Blogs, SP et piratages

Y a-t-il encore de la vie par ici ? Il faut dire que mon dernier article remonte à… novembre ? Aïe ! Vous vous en doutez, j’ai eu peu de temps pour m’occuper du blog, et à force de remettre à plus tard, j’ai fini par ne plus poster du tout.
Aujourd’hui je reviens avec un coup de gueule sur un sujet sensible : les services presse proposés aux blogueurs. Lire la suite

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La commande d’oeuvre

Il y a quelques jours, je discutais avec une auteur qui s’indignait du fait que d’autres auteurs parvenaient à signer des contrats alors qu’ils n’avaient pas encore écrit la moindre ligne de texte. Ce n’est pas qu’après coup que j’ai compris qu’elle parlait des commandes d’œuvre.

Qu’est-ce que c’est ?

La commande d’œuvre, comme son nom l’indique, c’est lorsque un éditeur demande à un auteur de lui écrire une œuvre. Cela se fait beaucoup pour les livres « à thème » (essais, anthologies, beaux-livres…), moins pour les romans. Dans le cadre du BTS que j’ai passé, par exemple, tous nos projets éditoriaux étaient basés sur des commandes : nous devions choisir nos auteurs ainsi que nos illustrateurs, et négocier avec eux.

Le contrat est donc effectivement signé avant que l’auteur débute son travail d’écriture. Lui et l’éditeur conviennent d’un thème et du contenu de l’ouvrage, d’une date de rendu, etc.

Pourquoi commander un texte ?

Parce qu’on sait que l’auteur a des connaissances poussées sur certains thèmes.
Parce qu’il aime écrire sur des thèmes que l’on voudrait publier.
Parce que son nom fait vendre [Une maison d’édition reste une entreprise. Oh les suppôts de Satan !]
Parce qu’on apprécie sa plume d’auteur.
Parce que c’est comme ça.

Une injustice ?

Personnellement, la pratique ne me choque pas, même pour des romans, mais d’une certaine façon, je comprends le point de vue de la personne qui s’en indignait.

Quand on débute en tant qu’auteur, on nous fait miroiter le contrat d’édition comme le sésame, la récompense ultime pour ce qu’on écrit. Dans notre esprit, le chemin vers l’édition, c’est de la sueur et des larmes. On écrit notre texte, on le travaille, on le présente à un éditeur qui nous refuse, on le retravaille…

Découvrir que des auteurs (dont on ne connait parfois pas du tout les noms) signent des contrats sans rien avoir écrit, forcément, ça peut attirer la jalousie. Sauf que si ces auteurs en sont là, c’est qu’ils ont déjà fait leurs preuves dans leur milieu éditorial. Eux-aussi sont passé par le tortueux chemin des refus en série.

Après, qu’il y ait du favoritisme et du copinage, ça, c’est un autre problème. S’il y a une fois où ça m’a bien énervé, globalement, ça me passe au-dessus de la tête. (Là, il s’agissait d’un appel à texte où les noms des sélectionnés, connus dans le milieu de la petite édition de SFFF, ont commencé à être annoncés avant la date limite de rendu, de sorte que tous les auteurs n’avaient clairement pas les mêmes chances. Pour le coup, une commande de texte à ces auteurs connus m’aurait paru moins cavalier pour les autres.)

Globalement, je ne juge pas ces pratiques, mais je pense que pour un auteur débutant qui a encore plein de rêves en tête, il est important de savoir qu’elles existent : voilà, c’est comme ça que ça fonctionne. Libre à chacun ensuite de se faire sa propre opinion et d’en penser ce qu’il veut.

Refus d’éditeur

Quand on est auteur, on a tendance à voir l’édition comme la reconnaissance suprême de notre talent. Après tout, on a été choisi par une personne qui s’y connait en littérature, et qui accepte de miser sur nous. Il y a plus d’un an, j’avais déjà posté un court article pour expliquer que, selon moi, la véritable reconnaissance passe par le public.

Régulièrement, je lis ou j’entends des auteurs qui angoissent à l’idée d’envoyer leur texte à un éditeur ou qui considèrent le refus comme un échec personnel. Donc, aujourd’hui, j’ai envie de parler de toutes les raisons qui peuvent pousser un éditeur à refuser un texte. Liste non exhaustive.

1 – Trop de corrections

Vous avez une bonne histoire, mais voilà, le style est pour le moins bancal, et/ou vous n’êtes pas très doué en orthographe. « Qu’à cela ne tienne ! » vous dites-vous, les maisons d’édition ont des correcteurs pour vous aider à palier à ce problème.

Oui. Mais non. Avec un micro-éditeur tout jeune qui se lance à peine ça pourra peut-être fonctionner (…), mais dites-vous bien que votre éditeur a une maison à faire tourner, et qu’il n’a pas six mois à consacrer exclusivement à vos corrections. C’est donc à vous de trouver une solution pour mettre toutes les chances de votre côté. Par exemple en rejoignant une communauté de bêta-lecture basée sur l’entraide tel que Cocyclic.

Conseil : Avant tout envoi à un éditeur, soyez SÛR que votre texte est le plus abouti possible. (On ne le répètera jamais assez.)

2 – Le roman n’a pas séduit

Vous avez un bon style, une histoire accrocheuse, mais voilà, on vous envoi quand même un refus… « WTF ? » pensez-vous.

Il serait naïf de croire que le choix d’un éditeur se fait de manière totalement objective et rationnelle. D’ailleurs, nombre d’entre eux comme le Chat Noir reconnaissent ouvertement fonctionner au coup de cœur. Si la petite étincelle ne prend pas, il est possible que votre texte soit laissé de côté au profit d’un autre.

Dans ce cas-là, c’est toujours très délicat : les goûts et les couleurs, ça ne se commande pas. Si votre histoire n’a pas réussi à plaire, vous n’y pouvez pas grand chose. Toutefois, avec un peu de chance, l’éditeur motivera son refus et vous détaillera les raisons pour lesquelles il n’a pas accroché.

Mon conseil : Ne baissez simplement pas les bras. Si c’est uniquement une question de goût, vous finirez bien par trouver un éditeur un jour. (Et j’insiste sur le « uniquement » : il y a rarement une seule raison à un refus.)

3 – Le texte ne correspond pas à l’esprit de la maison, voir est carrément hors ligne éditoriale

Votre roman est terminé, prêt à être envoyé. Grâce à Google, vous avez dressé une longue liste d’éditeurs dont vous ignoriez les noms jusque là, et vous envoyez votre manuscrit un peu partout dans l’espoir de multiplier vos chances.

Cette étape de recherche n’est pas à négliger, mais connaissez-vous réellement les maisons que vous contactez ? Une ligne éditoriale ne se limite pas uniquement aux genres publiés par la maison, c’est aussi tout un esprit.

Prenons par exemple les éditions du Petit Caveau. Leur ligne éditoriale : les récits vampiriques. Pourtant vous ne verrez pas chez eux la moindre copie de Twilight.

Mon conseil : Lorsqu’une maison vous intéresse, prenez le temps de lire leurs publications. Pas toutes, bien sûr, une ou deux suffiront largement. Et si vous grimacez rien qu’à l’idée de la fin de mois qui vous attends, essayez de voir s’ils proposent des extraits en ligne. (Au besoin, demandez-leur.)

4 – Planning 2015 : six nouveaux titres prévus, mais pas le vôtre

Vous guêtriez depuis des semaines l’ouverture des soumissions de la maison Trucmuche. Une fois l’envoi fait vous croisez les doigts et priez très fort. Mais pas encore assez…

Vous vous en doutez, lorsqu’une maison rouvre ses envois, c’est la ruée. Malheureusement, à côté de ça, la maison doit faire en fonction de ses moyens. Impossible de publier quatre titres par mois si on n’a pas la trésorerie qui suit derrière. Donc, il n’est pas rare qu’un éditeur se retrouve avec trois ou quatre manuscrits publiables pour un contrat.

Certains éditeurs ont leur méthode pour essayer de ne pas passer à côté de la perle rare malgré cette restriction : publication primo-numérique, ajout des titres sur les planning des années suivantes, etc. Néanmoins, il faut bien faire un choix.

Mon conseil : Ne prenez pas ça comme un échec : vous n’y pouvez rien. Voyez-le comme une victoire : après tout, vous êtes passé à deux doigts. Et puis, essayez d’en discuter avec l’éditeur, on ne sait jamais…

5 – Le facteur relationnel

A l’heure d’internet, beaucoup d’auteurs cherchent à obtenir le maximum d’informations sur telle ou telle maison : quel type de contrat, quelle diffusion, et parfois quelle ambiance.

Là, je vais parler en mon nom. Si pour certains auteurs, il est important de se sentir soutenu par son éditeur, je trouve, en tant qu’éditrice, que l’inverse n’est pas moins vrai. Pour moi, la relation auteur-éditeur doit être basée sur la confiance et le respect. Comment pourrais-je avoir envie de défendre un livre si l’auteur m’exaspère ?

C’est pour cette raison que lorsqu’une décision est prise concernant un manuscrit, j’essaye d’échanger un minimum avec l’auteur, notamment pour savoir si ce que je peux lui apporter correspond à ses attentes, jusqu’où il est prêt à s’investir dans la promo (salons, dédicaces…), etc.

Mon conseil : N’hésitez pas à contacter les éditeurs pour leur poser vos questions ou leur parler de vos projets. Et au besoin, relancez.

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Comme je le disais plus haut, la liste n’est pas exhaustive. Pensez également qu’il n’y a pas qu’une seule raison qui motive un refus. Et que si votre talent entre en ligne de compte, le facteur chance joue beaucoup lui aussi.

Bref, gardez confiance en vous, c’est le meilleur moyen d’y arriver. 🙂

Un livre pour soutenir le Refuge

La semaine dernière, je réfléchissais à un projet d’AT au profit d’une cause qui me tient à cœur. Étant donné mon engagement en faveur des droits LGBT – et particulièrement en ce moment où la Manif pour Tous et autres extrémistes continuent la mobilisation un an après l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens – j’ai tout de suite pensé au Refuge.

Cette association apporte soutien et assistance à de jeunes homosexuels ayant des rapports tendus avec leur famille. Dans les cas les plus extrêmes, elle leur offre un toit pour leur éviter la rue et leur permettre de rebondir malgré les épreuves.

Il se trouve qu’un projet assez proche existe déjà, initié par les éditions des Ailes sur un tracteur (une maison spécialisée LGBT, qui a notamment publié la BD Projet 17 mai). Dans cet ouvrage seront regroupés des textes écrits par les jeunes du Refuge ainsi que par des auteurs sensibles à la cause LGBT. Le communiqué parle également d’un AT à venir, sans donner plus d’information (à surveiller, donc.)

Pour l’heure, les initiateurs du projet cherchent à rassembler des fonds et se sont pour cela tournés vers le crowdfunding. Objectif : 2500€ avant fin avril.

Pour en savoir plus et, pourquoi pas, soutenir l’initiative, c’est par là. 😉

Blogs, service presse et petit éditeur

Je sais que je vais me faire détester. D’ailleurs, j’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article, et si je le fait sur mon blog personnel plutôt que sur celui de Flammèche, ce n’est pas sans raisons. Le sujet est tabou et franchement sensible.

Un petit éditeur (ou dans mon cas, un micro éditeur, encore plus petit que petit…) a besoin des blogs. Quand on n’a pas de réseau de distribution, quand on manque d’expérience pratique et qu’on est fragile financièrement parce qu’on vient de se lancer, les chroniques des blogs littéraires sont un sacré plus car elles font fonctionner le bouche à oreille. Quand je propose des SP et que les retours arrivent, cela a clairement un impact sur les ventes.

A côté de ça, je reçois régulièrement des demandes spontanées de SP. Dans la mesure du possible, j’essaye de répondre favorablement, mais à chaque fois, cela me met mal à l’aise.

Premièrement, parce que j’ai clairement spécifié sur le site que pour l’instant, je préférais contacter moi-même les blogs et sites que je connaissais pour cibler au mieux les envois ; avec des annonces périodiques sur les réseaux sociaux pour des SP « libres ». Alors peut-être que je n’ai pas été assez claire, mais cela me donne l’impression que les gens ne se sont pas vraiment renseignés sur la maison. Pour tout dire, j’ai reçu les premières demandes de SP à peine un mois après l’ouverture de la maison, alors qu’aucun contrat n’avait encore été signé. Donc, en gros, il y en a qui se fichent pas mal de savoir ce qui va être publié, qui se fichent de savoir si l’histoire va leur plaire ou non, tant qu’ils peuvent avoir des exemplaires gratuits…

(Exemplaires qui sont ensuite revendus sur Ebay ou PriceMinister lorsqu’il s’agit de papier – le grand sport national, tous les éditeurs le savent bien – ou pire, partagés sur des plateformes de lectures en ligne. Sisi. J’ai bien halluciné le jour où je suis tombée sur un compte Calaméo répertoriant entre autre exemplaires du Chat Noir et de l’Homme Sans Nom, des ouvrages de Rebelle sur lesquels figuraient encore les repères de coupe. Heureusement, le compte a vite été supprimé.)

L’autre raison pour laquelle ces demandes me mettent mal à l’aise, c’est parce qu’elles prouvent qu’il y a un public intéressé par les publications (dans le cas où un titre précis est demandé, ou quand la personne précise ses goûts), mais pas suffisamment pour acheter. Et ça, ça, vous n’imaginez pas à quel point ça peut être frustrant ! Pour l’une des parution, j’ai reçu plus de demandes de SP qu’il n’y a eu de ventes…

Bref. Je comprends bien l’intérêt des blogueurs pour les SP et je ne les blâme pas. Après tout, je suis moi-même blogueuse, je sais que la communauté est faite de gros lecteurs qui ne roulent pas sur l’or. Et que 20€ pour un livre, quand il y a cinq nouveautés et plus qui nous font de l’œil, c’est juste pas possible.

Mais quand il s’agit de petits éditeurs, personnellement, j’ai pour principe de toujours acheter les ouvrages. Ça les aides à continuer, et en prime, si je n’ai pas apprécié le récit, je me sens moins coupable de le faire savoir (ou de ne pas faire de chronique du tout, alors qu’un SP représente un engagement moral).

Je ne dis pas qu’il faut faire comme moi. Je souhaitais juste exprimer ce qu’on peut ressentir en tant que petit éditeur quand on a des SP non sollicité (et je parle uniquement dans mon cas, pas au nom de tous les petits, soyons bien clairs !) Par contre, recevoir le lien d’une chronique quand on n’a pas sollicité le blogueur, c’est toujours très sympa, et personnellement, ça me donne envie de noter soigneusement le lien du blog pour les prochains SP.

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Le petit éditeur est un animal fragile, soutenez-le avant qu’il ne disparaisse !

Les Larmes de Freyja

larmes-freyjaSagas des Neuf Mondes 1Les Larmes de Freyja
de Pierre Efratas

Éditeur : Flammèche
ISBN : 979-10-93026-00-8 / 01-5
Prix public : 0.99 € (Nouvelle)

Présentation éditeur :

Ces histoires furent contées à la cour de Halfdan III le Noir, roi du Vestfold,  par un scalde nommé Bjarni Olofsson.

La lyre de Bjarni s’est éteinte depuis longtemps,  mais quand souffle le vent du Nord, tendez bien l’oreille : il vous emmènera dans les neuf mondes où vivent les dieux, les humains, les créatures étranges, l’aventure, la magie, l’amour et, parfois, l’humour. Alors frémiront pour vous les feuilles immémoriales d’Yggdrasil, le frêne cosmique.

Écoutez…

Écoutez l’histoire de Freyja qui, pour le plus beau des bijoux, dut payer le prix des larmes.

Présentation

Mardi dernier est sorti Les Larmes de Freyja, première nouvelle des Sagas des Neuf Mondes et première publication des éditions Flammèche.

Cette série, prévue exclusivement en format numérique pour le moment, vous fera découvrir (ou redécouvrir) les mythes et légendes nordiques.

Je ne vais pas faire une chronique détaillée, puisque forcément, je n’en dirai que du bien. Mais si la curiosité vous titille, n’hésitez pas ! Les Larmes de Freyja sont disponible dans la boutique des éditions Flammèche, en format epub et mobi. 😉

Répondre à des auteurs

Hier, le collectif CoCyclic postait sur leur blog l’expérience d’Agnès Marot en terme de réponses personnalisées. Plus précisément, l’auteur nous parle ici des retours de type « Votre texte est bon, mais il n’est pas pour nous. »

Cet article m’a interpellé parce que sur les quatre réponses faites en seulement un mois d’existence de Flammèche, j’ai déjà eu recours une fois à ce type de message.

Sur le coup, je me suis sentie un peu comme une DRH qui répond à la masse de CV en attente. Vous savez : « Votre parcours est intéressant, mais nous n’avons pas de poste à pourvoir à l’heure actuelle. Nous conservons toutefois vos coordonnées ». La première fois que tu reçois ça, ça t’encourage à persévérer. La quatrième, tu comprends qu’en réalité, c’est simplement une réponse type pour ne pas froisser les gens.

L’auteur qui a reçu ce message était du genre « un peu trop enthousiaste ». Avant même de recevoir son manuscrit, je doutais d’avoir envie de travailler avec cette personne, lorsque je l’ai reçu, ça a été confirmé.

J’avais donc deux solutions :

– Lui répondre clairement et sans détour que c’est non, parce qu’elle n’a pas respecté les consignes d’envoi et parce que zut, on n’envoie pas une épreuve de correction bardée de rouge en guise de manuscrit !

– Prendre quand même la peine de jeter un œil et voir ce que je pouvais en tirer pour essayer de l’encourager malgré le refus.

Ne pas froisser les gens et essayer de les pousser à continuer, c’est là tout le cœur du problème quand on fait une réponse aux auteurs.

Pour les petites maisons où, en tant qu’éditeur on est obligé de s’impliquer à fond, c’est encore plus difficile, parce que le côté émotionnel entre en jeu. Les réponses à la chaine quand j’étais en stage, ça ne m’a jamais dérangé : j’avais une base de travail que j’adaptais un peu pour ne pas répondre à côté. C’était complètement différent, car même si j’aimais ce que je faisais, ce n’était pas mon entreprise, et si un message s’avérait agressif, je pouvais avoir un recul qui m’est impossible avec Flammèche.

Tant que je peux encore me le permettre, je pars du principe qu’apporter un retour sur ce qui ne nous a pas plus peut aider les auteurs. Pour l’instant ça passe bien (une auteur m’en a même remercié), mais je sais qu’un jour, je vais tomber sur un troll qui balancera en termes plus ou moins grossiers qu’on est « incapable de comprendre son génie ». Remarquez, je préfère ça qu’un troll qui se dévoilerait après signature du contrat !

Naissance des éditions Flammèche

Ce n’était qu’une idée en l’air, un délire un peu fou qui me suivait depuis le lycée. Il y a deux ans, alors que je terminais mon BTS, on en plaisantait avec les copines : « T’imagine, ce serait cool ! » « Ah bah on se complèterait bien, Machine en fab’, Bidule en maquette… » « Et qui passera les coups de fil ?? » (Gros blanc)

L’idée a fait son chemin, et j’ai commencé à vraiment travailler sur le projet début janvier. Aujourd’hui la voilà : la maison d’édition baptisée Flammèche.

Pourquoi ce nom ?

Une amie me faisait remarquer : « Flammèche ? C’est pas très positif comme nom, ça fait la petite flamme qui vacille et manque de s’éteindre. » Et moi de lui répondre que dans mon idée, c’était exactement l’inverse : fragile au début, mais qui grandit et gagne en force par la suite. Dans un sens comme dans l’autre, ça colle bien à l’édition (ou à l’entreprenariat en général).

L’autre raison de ce choix est beaucoup plus personnelle. Il y a plusieurs années, après qu’Harry Potter Fanfiction ait failli disparaitre suite à un bug, j’ai choisi le phénix en symbole – qui a été plus tard repris pour le logo de l’association Héros de Papier Froissé. Même si je ne suis plus admin du site, je voulais rendre hommage à cette partie de mon passé en trouvant un nom en lien avec l’élément Feu.

Et le statut ?

Pour lancer ce projet, j’ai choisi l’auto-entreprise. Vu la polémique récente et les doutes sur l’avenir du statut, ce n’était surement pas le meilleur moment pour s’engager sur cette voie… Mais c’est ce qui m’a semblé le plus adapté pour démarrer. Après tout, les éditions Voy’el ont elles aussi commencé ainsi, et mon idée n’est pas de rester sous ce statut éternellement.

Bref, j’espère que ce sera une grande et belle aventure.

Site web : http://www.editions-flammeche.com/
Facebook : https://www.facebook.com/EditionsFlammeche
Twitter : https://twitter.com/edflammeche

Une histoire de couverture (encore)

Tout éditeur est conscient qu’une couverture réussie peut être décisive dans le succès d’un livre. Même si beaucoup de gens répètent que le plus important, c’est le contenu, pas l’emballage, il n’empêche que !

Les couvertures sont influencées par les tendances (illustrations au détails très poussés en Fantasy, photomaniulation de jeunes femmes typées mannequin en Bit-Lit…) , mais quoi qu’il en soit, il est préférable de faire en sorte qu’elle reflète le contenu du livre. Et ça, ce n’est pas toujours si évident.

Exemple avec Les Larmes Rouges.

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A gauche, la couverture de l’ancienne édition, illustrée de la main de l’auteur elle-même. A droite, la nouvelle couverture. Peut-être est-ce parce que j’ai lu le livre il y a quelques mois déjà, mais entre les deux, je trouve que c’est le jour et la nuit.

Les Larmes Rouges est un roman noir, dans lequel les émotions négatives sont exacerbées. Cela transpire dans l’attitude du personnage, sur la première couverture : un visage tourné vers la gauche et le regard baissé, du sang affiché clairement par les larmes ou suggéré par la couleur de la chevelure. La rose blanche renvoie à l’innocence (et, si je ne me trompes pas, apparait au cours de l’histoire), et s’oppose aux mains possessives posées sur les épaules de l’héroïne ainsi qu’aux rubans, symbole de son appartenance. Tous ces éléments se retrouvent dans l’histoire, prennent leur sens à la lecture.

L’autre couverture est plus commerciale – à cause du gros bandeau jaune, bien sûr, mais également à cause du style qui reflète davantage « la mode » en matière de couverture. Il ne s’agit plus d’un dessin, mais d’une photomanip’.

Le fond de la couverture est noire avec quelques touches de marron : on n’est  plus dans quelque chose de complètement ténébreux, mais ça reste tout de même sombre. Les plantes aux feuilles légèrement épineuses ne sont là que pour ornementer la couverture et la rose blanche s’est transformée en plusieurs roses rouge-rosé.

Hormis à travers ces fleurs, le rouge a totalement disparu : plus rien n’évoque le sang, pas même la chevelure du personnage qui est devenu roux flashi. Celui-ci se tiens d’ailleurs dans un cadre tout en en dépassant légèrement, tandis que sur la première, elle se tenait bien droite dans son cadre, retenue par les mains du second personnage. Là où elle était prisonnière, elle se retrouve désormais libre. Cela se ressent également dans sa position, puisqu’elle a le visage levé et le corps très légèrement tourné vers la droite, ce qui est fortement positif, et s’oppose totalement à l’attitude triste et soumise de la première ouverture.

En résumé, ces deux couvertures proposent deux visions totalement opposées du même livre. La première est sombre et triste, la seconde est positive et pleine d’espoirs.

Personnellement, si je préfère l’esthétique de la seconde, je trouve que la première correspond bien mieux « l’esprit » du roman. Il s’agit d’une illustration pure, tandis que la seconde couverture est une interprétation, le reflet de la vision que l’on peut avoir sur le livre, si on le regarde selon un certain angle.