Blogs, SP et piratages

Y a-t-il encore de la vie par ici ? Il faut dire que mon dernier article remonte à… novembre ? Aïe ! Vous vous en doutez, j’ai eu peu de temps pour m’occuper du blog, et à force de remettre à plus tard, j’ai fini par ne plus poster du tout.
Aujourd’hui je reviens avec un coup de gueule sur un sujet sensible : les services presse proposés aux blogueurs. Lire la suite

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La commande d’oeuvre

Il y a quelques jours, je discutais avec une auteur qui s’indignait du fait que d’autres auteurs parvenaient à signer des contrats alors qu’ils n’avaient pas encore écrit la moindre ligne de texte. Ce n’est pas qu’après coup que j’ai compris qu’elle parlait des commandes d’œuvre.

Qu’est-ce que c’est ?

La commande d’œuvre, comme son nom l’indique, c’est lorsque un éditeur demande à un auteur de lui écrire une œuvre. Cela se fait beaucoup pour les livres « à thème » (essais, anthologies, beaux-livres…), moins pour les romans. Dans le cadre du BTS que j’ai passé, par exemple, tous nos projets éditoriaux étaient basés sur des commandes : nous devions choisir nos auteurs ainsi que nos illustrateurs, et négocier avec eux.

Le contrat est donc effectivement signé avant que l’auteur débute son travail d’écriture. Lui et l’éditeur conviennent d’un thème et du contenu de l’ouvrage, d’une date de rendu, etc.

Pourquoi commander un texte ?

Parce qu’on sait que l’auteur a des connaissances poussées sur certains thèmes.
Parce qu’il aime écrire sur des thèmes que l’on voudrait publier.
Parce que son nom fait vendre [Une maison d’édition reste une entreprise. Oh les suppôts de Satan !]
Parce qu’on apprécie sa plume d’auteur.
Parce que c’est comme ça.

Une injustice ?

Personnellement, la pratique ne me choque pas, même pour des romans, mais d’une certaine façon, je comprends le point de vue de la personne qui s’en indignait.

Quand on débute en tant qu’auteur, on nous fait miroiter le contrat d’édition comme le sésame, la récompense ultime pour ce qu’on écrit. Dans notre esprit, le chemin vers l’édition, c’est de la sueur et des larmes. On écrit notre texte, on le travaille, on le présente à un éditeur qui nous refuse, on le retravaille…

Découvrir que des auteurs (dont on ne connait parfois pas du tout les noms) signent des contrats sans rien avoir écrit, forcément, ça peut attirer la jalousie. Sauf que si ces auteurs en sont là, c’est qu’ils ont déjà fait leurs preuves dans leur milieu éditorial. Eux-aussi sont passé par le tortueux chemin des refus en série.

Après, qu’il y ait du favoritisme et du copinage, ça, c’est un autre problème. S’il y a une fois où ça m’a bien énervé, globalement, ça me passe au-dessus de la tête. (Là, il s’agissait d’un appel à texte où les noms des sélectionnés, connus dans le milieu de la petite édition de SFFF, ont commencé à être annoncés avant la date limite de rendu, de sorte que tous les auteurs n’avaient clairement pas les mêmes chances. Pour le coup, une commande de texte à ces auteurs connus m’aurait paru moins cavalier pour les autres.)

Globalement, je ne juge pas ces pratiques, mais je pense que pour un auteur débutant qui a encore plein de rêves en tête, il est important de savoir qu’elles existent : voilà, c’est comme ça que ça fonctionne. Libre à chacun ensuite de se faire sa propre opinion et d’en penser ce qu’il veut.

Refus d’éditeur

Quand on est auteur, on a tendance à voir l’édition comme la reconnaissance suprême de notre talent. Après tout, on a été choisi par une personne qui s’y connait en littérature, et qui accepte de miser sur nous. Il y a plus d’un an, j’avais déjà posté un court article pour expliquer que, selon moi, la véritable reconnaissance passe par le public.

Régulièrement, je lis ou j’entends des auteurs qui angoissent à l’idée d’envoyer leur texte à un éditeur ou qui considèrent le refus comme un échec personnel. Donc, aujourd’hui, j’ai envie de parler de toutes les raisons qui peuvent pousser un éditeur à refuser un texte. Liste non exhaustive.

1 – Trop de corrections

Vous avez une bonne histoire, mais voilà, le style est pour le moins bancal, et/ou vous n’êtes pas très doué en orthographe. « Qu’à cela ne tienne ! » vous dites-vous, les maisons d’édition ont des correcteurs pour vous aider à palier à ce problème.

Oui. Mais non. Avec un micro-éditeur tout jeune qui se lance à peine ça pourra peut-être fonctionner (…), mais dites-vous bien que votre éditeur a une maison à faire tourner, et qu’il n’a pas six mois à consacrer exclusivement à vos corrections. C’est donc à vous de trouver une solution pour mettre toutes les chances de votre côté. Par exemple en rejoignant une communauté de bêta-lecture basée sur l’entraide tel que Cocyclic.

Conseil : Avant tout envoi à un éditeur, soyez SÛR que votre texte est le plus abouti possible. (On ne le répètera jamais assez.)

2 – Le roman n’a pas séduit

Vous avez un bon style, une histoire accrocheuse, mais voilà, on vous envoi quand même un refus… « WTF ? » pensez-vous.

Il serait naïf de croire que le choix d’un éditeur se fait de manière totalement objective et rationnelle. D’ailleurs, nombre d’entre eux comme le Chat Noir reconnaissent ouvertement fonctionner au coup de cœur. Si la petite étincelle ne prend pas, il est possible que votre texte soit laissé de côté au profit d’un autre.

Dans ce cas-là, c’est toujours très délicat : les goûts et les couleurs, ça ne se commande pas. Si votre histoire n’a pas réussi à plaire, vous n’y pouvez pas grand chose. Toutefois, avec un peu de chance, l’éditeur motivera son refus et vous détaillera les raisons pour lesquelles il n’a pas accroché.

Mon conseil : Ne baissez simplement pas les bras. Si c’est uniquement une question de goût, vous finirez bien par trouver un éditeur un jour. (Et j’insiste sur le « uniquement » : il y a rarement une seule raison à un refus.)

3 – Le texte ne correspond pas à l’esprit de la maison, voir est carrément hors ligne éditoriale

Votre roman est terminé, prêt à être envoyé. Grâce à Google, vous avez dressé une longue liste d’éditeurs dont vous ignoriez les noms jusque là, et vous envoyez votre manuscrit un peu partout dans l’espoir de multiplier vos chances.

Cette étape de recherche n’est pas à négliger, mais connaissez-vous réellement les maisons que vous contactez ? Une ligne éditoriale ne se limite pas uniquement aux genres publiés par la maison, c’est aussi tout un esprit.

Prenons par exemple les éditions du Petit Caveau. Leur ligne éditoriale : les récits vampiriques. Pourtant vous ne verrez pas chez eux la moindre copie de Twilight.

Mon conseil : Lorsqu’une maison vous intéresse, prenez le temps de lire leurs publications. Pas toutes, bien sûr, une ou deux suffiront largement. Et si vous grimacez rien qu’à l’idée de la fin de mois qui vous attends, essayez de voir s’ils proposent des extraits en ligne. (Au besoin, demandez-leur.)

4 – Planning 2015 : six nouveaux titres prévus, mais pas le vôtre

Vous guêtriez depuis des semaines l’ouverture des soumissions de la maison Trucmuche. Une fois l’envoi fait vous croisez les doigts et priez très fort. Mais pas encore assez…

Vous vous en doutez, lorsqu’une maison rouvre ses envois, c’est la ruée. Malheureusement, à côté de ça, la maison doit faire en fonction de ses moyens. Impossible de publier quatre titres par mois si on n’a pas la trésorerie qui suit derrière. Donc, il n’est pas rare qu’un éditeur se retrouve avec trois ou quatre manuscrits publiables pour un contrat.

Certains éditeurs ont leur méthode pour essayer de ne pas passer à côté de la perle rare malgré cette restriction : publication primo-numérique, ajout des titres sur les planning des années suivantes, etc. Néanmoins, il faut bien faire un choix.

Mon conseil : Ne prenez pas ça comme un échec : vous n’y pouvez rien. Voyez-le comme une victoire : après tout, vous êtes passé à deux doigts. Et puis, essayez d’en discuter avec l’éditeur, on ne sait jamais…

5 – Le facteur relationnel

A l’heure d’internet, beaucoup d’auteurs cherchent à obtenir le maximum d’informations sur telle ou telle maison : quel type de contrat, quelle diffusion, et parfois quelle ambiance.

Là, je vais parler en mon nom. Si pour certains auteurs, il est important de se sentir soutenu par son éditeur, je trouve, en tant qu’éditrice, que l’inverse n’est pas moins vrai. Pour moi, la relation auteur-éditeur doit être basée sur la confiance et le respect. Comment pourrais-je avoir envie de défendre un livre si l’auteur m’exaspère ?

C’est pour cette raison que lorsqu’une décision est prise concernant un manuscrit, j’essaye d’échanger un minimum avec l’auteur, notamment pour savoir si ce que je peux lui apporter correspond à ses attentes, jusqu’où il est prêt à s’investir dans la promo (salons, dédicaces…), etc.

Mon conseil : N’hésitez pas à contacter les éditeurs pour leur poser vos questions ou leur parler de vos projets. Et au besoin, relancez.

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Comme je le disais plus haut, la liste n’est pas exhaustive. Pensez également qu’il n’y a pas qu’une seule raison qui motive un refus. Et que si votre talent entre en ligne de compte, le facteur chance joue beaucoup lui aussi.

Bref, gardez confiance en vous, c’est le meilleur moyen d’y arriver. 🙂

Un livre pour soutenir le Refuge

La semaine dernière, je réfléchissais à un projet d’AT au profit d’une cause qui me tient à cœur. Étant donné mon engagement en faveur des droits LGBT – et particulièrement en ce moment où la Manif pour Tous et autres extrémistes continuent la mobilisation un an après l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens – j’ai tout de suite pensé au Refuge.

Cette association apporte soutien et assistance à de jeunes homosexuels ayant des rapports tendus avec leur famille. Dans les cas les plus extrêmes, elle leur offre un toit pour leur éviter la rue et leur permettre de rebondir malgré les épreuves.

Il se trouve qu’un projet assez proche existe déjà, initié par les éditions des Ailes sur un tracteur (une maison spécialisée LGBT, qui a notamment publié la BD Projet 17 mai). Dans cet ouvrage seront regroupés des textes écrits par les jeunes du Refuge ainsi que par des auteurs sensibles à la cause LGBT. Le communiqué parle également d’un AT à venir, sans donner plus d’information (à surveiller, donc.)

Pour l’heure, les initiateurs du projet cherchent à rassembler des fonds et se sont pour cela tournés vers le crowdfunding. Objectif : 2500€ avant fin avril.

Pour en savoir plus et, pourquoi pas, soutenir l’initiative, c’est par là. 😉

Répondre à des auteurs

Hier, le collectif CoCyclic postait sur leur blog l’expérience d’Agnès Marot en terme de réponses personnalisées. Plus précisément, l’auteur nous parle ici des retours de type « Votre texte est bon, mais il n’est pas pour nous. »

Cet article m’a interpellé parce que sur les quatre réponses faites en seulement un mois d’existence de Flammèche, j’ai déjà eu recours une fois à ce type de message.

Sur le coup, je me suis sentie un peu comme une DRH qui répond à la masse de CV en attente. Vous savez : « Votre parcours est intéressant, mais nous n’avons pas de poste à pourvoir à l’heure actuelle. Nous conservons toutefois vos coordonnées ». La première fois que tu reçois ça, ça t’encourage à persévérer. La quatrième, tu comprends qu’en réalité, c’est simplement une réponse type pour ne pas froisser les gens.

L’auteur qui a reçu ce message était du genre « un peu trop enthousiaste ». Avant même de recevoir son manuscrit, je doutais d’avoir envie de travailler avec cette personne, lorsque je l’ai reçu, ça a été confirmé.

J’avais donc deux solutions :

– Lui répondre clairement et sans détour que c’est non, parce qu’elle n’a pas respecté les consignes d’envoi et parce que zut, on n’envoie pas une épreuve de correction bardée de rouge en guise de manuscrit !

– Prendre quand même la peine de jeter un œil et voir ce que je pouvais en tirer pour essayer de l’encourager malgré le refus.

Ne pas froisser les gens et essayer de les pousser à continuer, c’est là tout le cœur du problème quand on fait une réponse aux auteurs.

Pour les petites maisons où, en tant qu’éditeur on est obligé de s’impliquer à fond, c’est encore plus difficile, parce que le côté émotionnel entre en jeu. Les réponses à la chaine quand j’étais en stage, ça ne m’a jamais dérangé : j’avais une base de travail que j’adaptais un peu pour ne pas répondre à côté. C’était complètement différent, car même si j’aimais ce que je faisais, ce n’était pas mon entreprise, et si un message s’avérait agressif, je pouvais avoir un recul qui m’est impossible avec Flammèche.

Tant que je peux encore me le permettre, je pars du principe qu’apporter un retour sur ce qui ne nous a pas plus peut aider les auteurs. Pour l’instant ça passe bien (une auteur m’en a même remercié), mais je sais qu’un jour, je vais tomber sur un troll qui balancera en termes plus ou moins grossiers qu’on est « incapable de comprendre son génie ». Remarquez, je préfère ça qu’un troll qui se dévoilerait après signature du contrat !

Naissance des éditions Flammèche

Ce n’était qu’une idée en l’air, un délire un peu fou qui me suivait depuis le lycée. Il y a deux ans, alors que je terminais mon BTS, on en plaisantait avec les copines : « T’imagine, ce serait cool ! » « Ah bah on se complèterait bien, Machine en fab’, Bidule en maquette… » « Et qui passera les coups de fil ?? » (Gros blanc)

L’idée a fait son chemin, et j’ai commencé à vraiment travailler sur le projet début janvier. Aujourd’hui la voilà : la maison d’édition baptisée Flammèche.

Pourquoi ce nom ?

Une amie me faisait remarquer : « Flammèche ? C’est pas très positif comme nom, ça fait la petite flamme qui vacille et manque de s’éteindre. » Et moi de lui répondre que dans mon idée, c’était exactement l’inverse : fragile au début, mais qui grandit et gagne en force par la suite. Dans un sens comme dans l’autre, ça colle bien à l’édition (ou à l’entreprenariat en général).

L’autre raison de ce choix est beaucoup plus personnelle. Il y a plusieurs années, après qu’Harry Potter Fanfiction ait failli disparaitre suite à un bug, j’ai choisi le phénix en symbole – qui a été plus tard repris pour le logo de l’association Héros de Papier Froissé. Même si je ne suis plus admin du site, je voulais rendre hommage à cette partie de mon passé en trouvant un nom en lien avec l’élément Feu.

Et le statut ?

Pour lancer ce projet, j’ai choisi l’auto-entreprise. Vu la polémique récente et les doutes sur l’avenir du statut, ce n’était surement pas le meilleur moment pour s’engager sur cette voie… Mais c’est ce qui m’a semblé le plus adapté pour démarrer. Après tout, les éditions Voy’el ont elles aussi commencé ainsi, et mon idée n’est pas de rester sous ce statut éternellement.

Bref, j’espère que ce sera une grande et belle aventure.

Site web : http://www.editions-flammeche.com/
Facebook : https://www.facebook.com/EditionsFlammeche
Twitter : https://twitter.com/edflammeche

Une histoire de couverture (encore)

Tout éditeur est conscient qu’une couverture réussie peut être décisive dans le succès d’un livre. Même si beaucoup de gens répètent que le plus important, c’est le contenu, pas l’emballage, il n’empêche que !

Les couvertures sont influencées par les tendances (illustrations au détails très poussés en Fantasy, photomaniulation de jeunes femmes typées mannequin en Bit-Lit…) , mais quoi qu’il en soit, il est préférable de faire en sorte qu’elle reflète le contenu du livre. Et ça, ce n’est pas toujours si évident.

Exemple avec Les Larmes Rouges.

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A gauche, la couverture de l’ancienne édition, illustrée de la main de l’auteur elle-même. A droite, la nouvelle couverture. Peut-être est-ce parce que j’ai lu le livre il y a quelques mois déjà, mais entre les deux, je trouve que c’est le jour et la nuit.

Les Larmes Rouges est un roman noir, dans lequel les émotions négatives sont exacerbées. Cela transpire dans l’attitude du personnage, sur la première couverture : un visage tourné vers la gauche et le regard baissé, du sang affiché clairement par les larmes ou suggéré par la couleur de la chevelure. La rose blanche renvoie à l’innocence (et, si je ne me trompes pas, apparait au cours de l’histoire), et s’oppose aux mains possessives posées sur les épaules de l’héroïne ainsi qu’aux rubans, symbole de son appartenance. Tous ces éléments se retrouvent dans l’histoire, prennent leur sens à la lecture.

L’autre couverture est plus commerciale – à cause du gros bandeau jaune, bien sûr, mais également à cause du style qui reflète davantage « la mode » en matière de couverture. Il ne s’agit plus d’un dessin, mais d’une photomanip’.

Le fond de la couverture est noire avec quelques touches de marron : on n’est  plus dans quelque chose de complètement ténébreux, mais ça reste tout de même sombre. Les plantes aux feuilles légèrement épineuses ne sont là que pour ornementer la couverture et la rose blanche s’est transformée en plusieurs roses rouge-rosé.

Hormis à travers ces fleurs, le rouge a totalement disparu : plus rien n’évoque le sang, pas même la chevelure du personnage qui est devenu roux flashi. Celui-ci se tiens d’ailleurs dans un cadre tout en en dépassant légèrement, tandis que sur la première, elle se tenait bien droite dans son cadre, retenue par les mains du second personnage. Là où elle était prisonnière, elle se retrouve désormais libre. Cela se ressent également dans sa position, puisqu’elle a le visage levé et le corps très légèrement tourné vers la droite, ce qui est fortement positif, et s’oppose totalement à l’attitude triste et soumise de la première ouverture.

En résumé, ces deux couvertures proposent deux visions totalement opposées du même livre. La première est sombre et triste, la seconde est positive et pleine d’espoirs.

Personnellement, si je préfère l’esthétique de la seconde, je trouve que la première correspond bien mieux « l’esprit » du roman. Il s’agit d’une illustration pure, tandis que la seconde couverture est une interprétation, le reflet de la vision que l’on peut avoir sur le livre, si on le regarde selon un certain angle.

Parole de fabricante, part 1

D’accord, c’est peut-être un peu présomptueux de me qualifier de « fabricante », étant donné que je n’ai jamais travaillé comme tel, mais bon, après tout, c’est ma formation, à la base.

J’aime les livres depuis toujours, mais avant, je n’attachais pas beaucoup d’importance à « l’emballage », même si j’ai toujours trouvé les vieux livres plus beaux que les brochés. Aujourd’hui, je prête bien plus d’intérêt aux détails, et je souhaitais vous présenter quelques livres dont la réalisation a attiré mon attention.

Mais avant, petites présentations…

I/ Un fabricant, c’est quoi ?

Seules les grandes maisons d’édition, et quelques moyennes ont leur propre fabricant. Pour les autres, les éditeurs laissent généralement le champ libre à leur imprimeur, ce qui peut donner lieu à quelques abus.

Le fabricant, comme son nom l’indique, s’occupe, au sein de la maison d’édition, de tout ce qui est relatif à la réalisation de l’ouvrage. Il doit connaitre sur le bout des doigts le métier d’imprimeur afin de mieux lui donner ses directives et flairer les embrouilles, mais il n’en est cependant pas un.

Son travail consistera à réaliser des devis en interne afin d’estimer le coût de fabrication d’un livre. Il choisira le papier, négociera son achat et s’assurera de la bonne livraison chez l’imprimeur. Il devra trouver des solutions aux difficultés techniques souhaitées par l’éditeur tel que l’insertion d’un cahier en couleur dans un livre imprimé noir, la création d’un coffret pour insérer le livre… Il lancera les appels d’offres auprès des imprimeurs et négociera les prix. Enfin, il devra contrôler la qualité d’impression et signer le BAT.

II/ Comment fabrique-t-on un livre ?

Les livres ne s’impriment pas page après page, comme sur une imprimante de bureau. L’intérieur et la couverture sont imprimés séparément, soit sur des machines offset pour les tirages importants, soit sur des presses numériques pour les plus petits volumes.

A/ L’intérieur

* Le cahier

L’intérieur des ouvrages est imprimé sous forme de cahiers : il s’agit d’une feuille qu’on plie en deux, trois ou quatre et que l’on recoupera par la suite.

Le nombre de plis dépendra de l’épaisseur de papier. Généralement, on plie en trois, de sorte à obtenir des cahiers de 16 pages (8 au recto, 8 au verso). Comme ceci :

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Les pointillés rouges représentent les plis. Les traits continus verts symbolisent la zone à massicoter. (Ici, la triple coupe correspond à une reliure de type Assemblé cousu. Si le livre est un broché, une quatrième coupe est effectuée sur le côté gauche du cahier) Enfin, la zone hachurée correspond aux chutes de papier, qui partira au recyclage. Cela peut parfois représenter plusieurs tonnes de papier ainsi perdu, d’autant que « cahier » n’est pas synonyme de « feuille d’impression. »

* La feuille d’impression

La feuille d’impression, c’est la feuille que l’on fait passer en machine, sur laquelle seront imprimés le ou les cahiers.

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Le schéma suivant correspond à la feuille d’impression de mon projet de BTS. Les valeurs sont en millimètres.

Il y a deux cahiers, placés verticalement et séparés par le trait rouge. En pointillé, les plis, en trait continu vert, les coupes. La zone de 15 mm en haut correspond à la prise de pince, en bas au fond de pression. Ces blancs sont nécessaires afin que la machine puisse attraper et passer la feuille.

Vous noterez qu’en additionnant les valeurs, le total est à 920 x 690 mm, alors que j’ai noté en haut que le format de ma feuille d’impression est à 720 x 1020 mm. Si le tirage est important et qu’on a plus de trois tonnes de papier à faire imprimer, on peut demander au papetier une commande spéciale au format voulut, afin de limiter les pertes. Mais si on a moins de trois tonnes, on est obligé d’acheter le papier à un format standardisé.

Une fois imprimés et pliés, les cahiers peuvent être assemblés selon deux méthodes.

~ Assemblé cousu collé :

Les cahiers sont rassemblés selon une échelle de brochure, avant d’être cousus puis collés entre eux.

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~ Grecqué :

Les cahiers sont coupés sur les quatre côtés, de sorte qu’une fois assemblés, ils ne puissent plus être distingués. Puis, les feuillets sont collés à la couverture.

Il s’agit de la forme de reliure la plus courante pour les romans.

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B/ La couverture

Les couvertures sont imprimées « à plat » sur des machines généralement plus petites que celles utilisées pour l’intérieur. Pour la maquette, cela donne, dans l’ordre : la quatrième de couverture, le dos, puis la première de couverture. Cela peut paraitre évident, mais j’ai déjà vu des gens qui réalisaient leurs propres couvertures en plaçant la première de couverture avant la quatrième.

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On peut trouver plusieurs types de couvertures.

La couverture souple :

La plus utilisée pour les romans et la moins couteuse. Il s’agit d’une simple feuille très épaisse qui peut être imprimée soit au recto seul, soit recto-verso, puis que l’on recouvre d’un film protecteur. Certains éditeurs, par souci d’économie, se passent de ce pelliculage, mais pour peu qu’on ait les mains un peu moites en lisant, c’est un vrai carnage (oui, c’est du vécu)

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La couverture intégra :

Le papier utilisé pour ce type de couverture est encore plus épais et plus rigide que pour la couverture souple. Afin de lui donner de la solidité, on en replie les bords vers l’intérieur.

Ce type de couverture est souvent utilisé pour les manuels scolaires.

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La couverture cartonnée

Très rigide, cette couverture est composée de trois cartonnettes (une pour le plat de devant, une pour le dos, et une troisième pour le plat de derrière) et d’une feuille de recouvrement.

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Voilà pour cette première partie. La prochaine fois, je vous ferai un petit tour d’horizon des particularités et embellissements que l’on peut rencontrer.

Littérature fantastique et homosexualité

Déjà, à l’époque où j’administrais HPF, la question de la séparation des romances et de ce qu’on appelle les Slash, c’est-à-dire les romances entre personnes de même sexe, se posait. Certains, comme moi, appréciaient que la catégorie Slash soit mise à part, car cela la rends plus visible et permet de s’y rendre directement quand on sait ce qu’on cherche. Par ailleurs, la visibilité permet de banaliser l’homosexualité. D’autres trouvent que séparer les deux revient à ségréguer la romance homosexuelle. Une forme d’homophobie passive, en quelque sorte. Je pense que les deux argumentaires se valent, et qu’il n’y a pas de solution miracle pour satisfaire tout le monde.

Récemment, j’ai découvert sur le FB d’une maison d’édition une annonce faisant part de l’ouverture d’une collection spéciale homosexualité. C’est la seconde que j’aperçois en peu de temps, et je ne doute pas d’en voir une troisième, et peut-être une quatrième suivre sous peu. Un effet, sans doute, de l’ouverture prochaine du mariage à tous les couples.

D’un côté je trouve ça très bien d’encourager ainsi les auteurs à placer des couples dans leurs romans, car ça me parait manquer un peu. De l’autre, je suis aussi un peu plus mitigée.

Personnellement, j’aime parler d’homosexualité dans mes histoires. En fait, même si ça doit être loin en arrière plan, je ne pourrai pas m’en passer. Et pourtant, à supposer qu’un jour je franchisse le pas de la publication, je n’aimerai pas que ces histoires se retrouvent dans ce genre de collection. Pourquoi ? Parce que dans mon cas, c’est l’histoire qui prime, et je n’ai pas envie que l’homosexualité passe comme un argument de vente si elle est secondaire. S’il s’agit d’une romance par contre, effectivement, c’est l’histoire du couple qui prévaut, donc il est normal que l’aspect Yaoi/Yuri soit mis en avant.

Là où ça coince, c’est que quand je lis le descriptif que ces maisons font de leur collection, j’ai le sentiment qu’elles cherchent des histoires fantastiques, avec comme arrière plan une romance homosexuelle. Donc, elles souhaitent publier des textes qui pourraient être catégorisés ailleurs, dans de la Fantasy par exemple, et que les amateurs de Fantasy ne verront du coup pas forcément, parce qu’en cherchant des nouveautés, ils n’auront pas l’idée de regarder dans cette collection.

Cette séparation est-elle réellement une bonne idée? D’un côté, on peut séduire un nouveau publique (dont j’avoue être la première intéressée) de l’autre, on risque de perdre des lecteurs déjà acquis. C’est kif-kif !

Bref, comme pour les fics, il n’y a pas de solution miracle pour bien présenter les romans avec contenu Yaoi/Yuri. A vrai dire, en tant que lectrice, je ne sais pas ce que je préfère : tomber sur une romance par hasard et fondre comme un gros tas de guimauve, ou me laisser hameçonner sciemment par une collection dédiée.

Quoi qu’il en soit, j’attends de voir les premiers ouvrages. 🙂