CdG : Milady et Succubus

Hier, vendredi 13 juillet, sortait le tome 6 de la série Succubus par Richelle Mead. Franchement, je trouve ça carrément ironique d’avoir choisi une telle date.

Commençons par le commencement. J’adore Bragelonne/Milady, aussi bien pour les textes qu’ils éditent que pour l’image que véhicule l’entreprise elle-même. Il suffit de les suivre un peu sur leur page FB ou de lire les interviews pour voir qu’ils sont réellement passionnés par leur travail. En plus, ils sont pionniers du numérique, étant parmi les premiers à oser proposer des e-books à prix abordable. Ils proposent également des promotions sur les premiers tomes des séries comme l’opération en ce moment, « deux Milady achetées, le troisième offert ».

Le souci, c’est que quand on pousse un public toujours plus nombreux à entamer des séries, c’est bien de suivre derrière.

Mon coup de gueule est spécifiquement orienté vers la série Succubus. Petit topo rapide pour récapituler :

  • Juin 2010 : parution du tome 5 en grand format (Bragelonne)
  • Juin 2011 : Sortie du tome 1 en poche (Milady)
  • Juillet 2011 : Sortie du tome 2 en poche
  • Août 2011 : Sortie du tome 3 en poche
  • Septembre 2011 : Sortie du tome 4 en poche.

Côté numérique : le tome 5 est disponible au prix de 12,99€ contre 4,99€ pour les tomes 1 à 4.

Côté livre d’occasion, le tome 5 est disponible sur Amazon à partir de 113€ (et depuis peu, une autre annonce s’est rajoutée, le proposant à 136€… LOL!)

Vous cernez un peu mieux le problème ?

J’ai commencé à lire la saga en poche et je me retrouve bloquée au tome 4. Deux points en particulier me font bondir.

D’abord le prix du numérique, qui est honteusement élevé sous prétexte que le tome 5 n’est pas sorti en poche (vous imaginez bien… le jour où il sortira chez Milady, il va bien sûr s’aligner sur les autres. Hors de question que je mette 13€ dans un e-book, non mais!)

Ensuite, l’indisponibilité totale du tome 5 en grand format, alors que le 6 vient juste de sortir ! C’est gentil de publier la suite que ceux qui ont lu en grand format attendaient avec impatience mais à mes yeux, c’est une erreur de ne pas avoir réimprimé le tome 5 AVANT la sortie du 6. Ne serait-ce que parce que la sortie du tome 6 va donner envie à de nouveaux fans qui seront attirés à la couverture en librairie.

Bien sûr, je pourrais me taire et acheter le 6 en attendant que le 5 sorte… Mais j’ai envie de garder la surprise.

Au moins maintenant, je suis (presque) rassurée : Milady a confirmé sur sa page FB qu’ils « pensaient » au tome 5. Reste à savoir quand et si ce sera une réimpression du grand format ou une nouvelle publication poche, mais ça…

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Les couvertures YA

Je suis tombée sur article très intéressant hier, et que je voulais vous faire partager. Il s’agit d’une analyse des couvertures de romans Young Adult publiés aux US en 2011 : couleurs dominantes, mais aussi sujets.

Le billet se trouve ici. Comme l’explique l’auteur, elle a commencé à répertorier les couvertures suite à un article du Wall Street Journal : « Darkness too Visible ». Attention, il est assez hum… cliché, pour être gentille.

Effectivement, en voyant les graphiques, on constate qu’il y a quand même pas mal de couleur. Quoique dans la partie magenta, il y a quand même pas mal de couvertures où le noir domine par rapport aux couleurs rouge orangées. Le vieux cliché qui veut que le noir s’accorde parfaitement avec le sang ou le feu pour créer une atmosphère sombre est toujours bien présent.

Là où ça devient plus intéressant encore, c’est dans les représentations des personnages. 90% de personnages blancs, 78% de filles – franchement, j’aurais cru les mâles plus représentés que ça. Et 14% de robes fantaisies, ça m’a fait sourire, moi qui suit très attirées par ce genre d’illustration.

Alors pour les personnages blancs, on peut effectivement s’interroger sur la représentation des minorités. Certains trouveront peut-être ça scandaleux. Moi, honnêtement, ça me laisse plutôt froide. La lecture nous permet de retranscrire l’univers selon notre propre imagination. Il y a beaucoup de personnages que j’imaginais blancs par défaut, et qui finalement ne le sont pas. C’était par exemple le cas dans HP avec Dean Thomas et les soeurs Patil. Dans tous les cas, ça ne change rien à l’histoire. C’est juste plus dur de s’arracher la première image mentale qu’on a eue.

Après, pour parler d’une autre minorité, c’est vrai que j’apprécie toujours quand il y a un couple homo banalisé quelque part en arrière-plan. Mais je ne vais pas non plus chercher mes lectures en fonction de ça. Alors bref, ces infos sont intéressantes, mais je ne crois pas qu’elles soient révélatrices d’un « problème », juste d’une tendance – tendance qui va probablement finir par évoluer comme c’est souvent le cas.

Les e-books de Darkiss

J’espère que vous me pardonnerez, mais je craque. Je ne comptais pas faire un billet rien que pour ça, juste mettre une petite remarque en rédigeant ma critique de L’étrange secret de Finley Jayne. Même si pour beaucoup la qualité d’un e-book passe loin au-dessus de la tête, moi j’y tiens.

J’ai dans ma bibliothèque quatre e-books de la collection Darkiss. Le premier, je l’ai acheté en format PDF, n’ayant pas encore de liseuse. Ça ne m’a pas posé de soucis majeurs. Les trois suivants ont été acquis en format epub, et là les problèmes ont commencé pour deux raisons :

A/ Darkiss ne semble pas chercher à optimiser ou à corriger les erreurs de leurs e-books.

Il y a d’abord eu Le poison écarlate où la couverture ne s’affichait pas parce qu’elle était considérée comme étant en page 2. Et le problème ne venait pas de mon lecteur, puisque que ce soit sur mon Kobo ou depuis Digital Edition, le souci est le même.

Quand aux deux derniers e-books que j’ai eu l’occasion d’acquérir, ce n’est pas mieux : il faut trois plombes pour ouvrir le livre ou passer au chapitre suivant. Il y aurait des images comme dans un autre e-book d’un autre éditeur qui a le même gros souci, j’aurais pu comprendre. Les images, c’est lourd à charger. Mais même pas, ce n’est que du texte. WTF ?!?

B/ Ils collent des DRM même aux e-books gratuits.

Quand j’ai acheté le e-book numéro trois – un livre que j’étais impatiente de découvrir le jour même de sa sortie – j’ai eu un problème de téléchargement. C’est là que je me suis découvert une immense haine envers ce système de DRM.

D’un côté, j’ai eu du mal a récupérer mon fichier : il a fallu que j’attende que le support m’autorise un second téléchargement – parce que oui chez Numilog, quand il y a des DRM vous n’avez le droit qu’à un seul téléchargement. Surtout, sauvegardez bien votre e-book… Ah ! Attendez, non, c’est vrai, vous ne pouvez pas parce qu’il y a des DRM !

De l’autre côté, je n’avais pas mis à jour mon Kobo depuis son achat. Bon, si je l’avais fait, ça ne serait pas arrivé. Bref, j’avais ce bug qui faisait que quand on le connectait à Digital Edition et qu’on cherchait à transférer des e-books, ça avait tendance à supprimer les autres fichiers e-pubs contenus dans la liseuse. Jusque-là, j’étais toujours passé par le navigateur de fichier pour faire mes transferts, justement pour éviter ça. Mais avec les DRM, pas le choix, on est OBLIGÉ de passer par Digital Edition. Et j’ai eu droit à la totale : lorsque je l’ai branché, mon Kobo a carrément reset, j’ai perdu toute ma bibliothèque. Merci Darkiiiiiiis !

À ce moment là, je m’étais juré de ne plus toucher à un seul e-book avec DRM, surtout pas ceux de Darkiss. Évidemment, si j’ai pu lire L’étrange secret de Finley Jayne, c’est que je n’ai pas tenu ma promesse. Je suis faible… Je me suis dit que de toute façon, il était gratuit. Voir qu’ils avaient quand même mis des DRM dessus, ça m’a fait doucement rire. Quand, en plus, j’ai constaté les problèmes de temps de chargement, j’ai eu envie de me fracasser la tête contre le mur. (Mais mon mur est blanc, ça aurait laissé des traces. Alors je me suis retenue.)

Bref. Tout ça pour dire quoi ? Et bien que je suis une cliente patiente, mais qu’il ne fait pas pousser mémé dans les orties. De telles pratiques commerciales ne donnent qu’une seule envie : fuir, et tant pis pour les séries qu’on aime. Pire que tout, Darkiss est à mes yeux l’exemple typique de ces maisons qui laissent encore de beaux jours aux pirates, alors même que le fait qu’ils utilisent des DRM montre qu’ils essaient de s’en protéger. Ont-ils seulement conscience que les DRM sont abandonnés parce que justement d’autres éditeurs se rendent comptent qu’ils posent bien plus de soucis qu’ils n’ont d’avantages ?

Ce serait tellement simple de rectifier le tir… Optimiser les e-books et privilégier le Watermarking aux DRM, ce n’est pas bien compliqué…

Les couvertures

Aujourd’hui, parlons de couvertures. J’ai constaté, en parcourant le forum de BN qu’il y a des gens qui peuvent être choqués d’apprendre que certaines images utilisées pour les couvertures ne sont pas crées spécialement pour le livre et de constater que, du coup, certaines de ces couvertures peuvent se ressembler.

Parce qu’effectivement, certaines se ressemblent beaucoup. Mais il faut déjà distinguer l’idée et l’image utilisée elle-même. Car certaines photos proviennent de banques d’images (Getty Images, fotolia,…) : l’éditeur achète le droit d’utiliser la photo pour le livre, mais rien n’empêche un éditeur concurrent de le faire également. Un exemple :

Selon les couvertures, cela peut donner des choses bien différentes. Ou pas. Dans ces cas-là, c’est au graphiste de travailler suffisamment l’image pour en faire une illustration à part entière, et pas juste retoucher un peu. Cela limite le risque de retrouver plus tard une couverture qui ressemblera fortement à la notre. En fouinant un peu, on peut réussir à retrouver les images qui sont à l’origine de certaines couvertures.

Par exemple, celle-ci est à l’origine de la couverture de Meurtres à Shakespeare. Il n’y a qu’un simple travail de retouche. Mais on notera que l’image utilisée pour le second tome ne figure pas dans le portfolio de l’artiste, alors qu’elle est dans le même genre (grise, avec les ongles et les lèvres du personnage en rouge, et les roses sont les même). Soit l’éditeur s’est adressé au même photographe et lui a commandé une nouvelle photo exclusive, soit il est allé en chercher une autre, et cette fois, il y a eu plus de travail effectué dessus afin de converser une cohérence d’un tome à l’autre.
Il y a également celle-ci pour la couverture de Damnés. Là, il ne s’agit plus simplement d’une seule image, mais de plusieurs, avec en plus de la peinture numérique pour les détails. Personnellement, je préfère ce style-là, mais je suis certainement un peu vendue, puisque c’est ce genre d’illustrations que je réalise à mes heures perdues.

Enfin, il y a aussi des cas de reprise pure et simple d’idée. Là, c’est effectivement limite du plagiat, et je comprends que ça puisse vraiment choquer.

Dans les discussions, certains ont souligné le fait que quand il y avait des ressemblances, c’était un peu comme si le livre « perdait son âme ». Je n’irai pas jusque là, mais c’est clair que voir que le voisin a une illustration similaire alors que ce n’est pas le même genre, ça laisse septique. La couverture doit donner le ton du livre, refléter ce qu’il y a à l’intérieur. Beaucoup de gens – et j’en fais partie – fonctionnent au coup de cœur. On voit une belle couverture, on regarde le résumé en quatrième, ça nous plait, on achète.

Et pourtant, malgré cela, on se rend parfois compte que les illustrations ne correspondent pas du tout au contenu. Au fond, qu’est-ce que ça peut faire ? Techniquement, ce n’est pas la couverture qui nous fait acheter, c’est le résumé. Elle, elle est là juste pour amorcer le mouvement. Mais c’est déjà beaucoup. Avec les banques d’images, on prend un risque, c’est certain. Mais ça n’en rend pas moins les couvertures artistiques, tant que les graphistes effectuent un travail dessus, ça restera créatif. Et donc original.

Les livres sont-ils chers ?

C’est une question qu’on s’est tous posée au moins une fois, surtout quand on sait que tout augmente. Mon dernier gros achat remonte à début mars : 59€ pour 5 livres, avec une fourchette allant de 5€50 à 18€50. Cela fait en moyenne 11€80 par livre, ça reste correct quand on voit le nombre de romans vendus entre 17 et 22€. C’est simple, depuis que je me suis remise à la lecture, j’essaie de fuir ces livres-là.

Vous avez sans doute entendu parler de la loi Lang sur le prix unique du livre. Grâce à elle, ce prix de vente doit obligatoirement figurer sur la couverture. Par curiosité, je suis allé fouiner parmi les vieux livres de ma bibliothèque. Ça n’a pas été facile étant donné que j’en ai laissé une grande partie chez mes parents, et que les autres ne sont plus édités. Mais j’ai quand même réussi à trouver ce que je cherchais.

Harry Potter et la Coupe de Feu, grand format, acheté en 2001.
120FF, 18,29€

Là, je me suis dit « Bon, 18€29, c’est pas joli, ils ont du arrondir depuis le temps, peut-être 18,50€, maximum à 20€ »

Verdict : 21,30€. What. The. F* ?!
Trois euros de plus en 11 ans. Pour un ouvrage qui ne demande plus à la maison d’édition de frais de correction ni de maquette. Note à moi-même : penser à demander à ma prof d’économie de combien a été l’inflation. Juste pour voir…

Bref, en ce moment, les prix des ouvrages recommencent à bouger à cause de l’entrée en vigueur de la nouvelle TVA. Qui va encore en pâtir ? Les acheteurs. Les travailleurs du livre reconnaissent tous que le secteur est en crise, mais il faut aussi tenir compte du fait que les produits alimentaires ou encore l’essence continuent à augmenter. La lecture, ce n’est qu’un loisir, pas une première nécessité (encore que des fois, on se demande ^_^)

Alors la question qui fâche : est-il possible de baisser les prix des livres ? Et bien, en toute honnêteté, même si j’en rêve, je ne le crois pas. Sauf si on ferme les yeux sur la qualité et qu’on fait imprimer en Chine. Et sauf si on sait (parce qu’on a été chercher des droits à l’étranger) que le roman est voué à devenir un best-seller, ce qui permet de lancer un gros tirage.

Rien qu’à voir mon projet BTS, j’ai mal au cœur. Car pour avoir un seuil de rentabilité qui ne dépasse pas 55% du tirage, je me retrouve à devoir vendre mon livre à 19,90€. OK, c’est illustré en couleur. OK, c’est du papier de qualité. Mais il n’y a que 160 pages ! Réaction d’un prof qui est aussi un professionnel : « Ce n’a rien de déraisonnable. Vous voulez cibler des adolescents, ce ne sera pas eux qui paieront directement, mais leurs parents. D’autre part, si vous le vendez à ce prix-là, cela montrera à votre auteur et à votre illustrateur que vous croyez à leur travail. » Mouais. Alors déjà, ce projet ne cible pas que les ados, mais aussi les jeunes adultes, donc étudiants. Ensuite, étant rémunéré au pourcentage du prix de vente, c’est sur qu’un gros prix est mieux pour l’auteur et l’illustrateur. Enfin, si on n’a pas envie de regarder très loin. Si j’étais auteur, je préférerais être voir mes œuvres lues largement, quitte à toucher moins pour un seul livre. D’ailleurs, au final, je serais gagnante, parce qu’un petit chiffre multiplié par un grand nombre d’ouvrages, ça peut faire plus qu’un gros chiffre multiplié par un petit nombre d’ouvrages.

Heureusement que ce projet c’est du fictif.

Reste la question du prix des livres numériques. Pas la peine de rappeler que certains éditeurs vendent leurs e-books plus chers que les formats poche… Même Bragelonne (dont on pourrait croire qu’ils ont compris l’intérêt de vendre à bas prix, vu la fréquence de leurs promos) vend d’abord au prix fort, puis baisse quand il sort chez Milady. Exemple : j’attends toujours la sortie du tome 5 de Succubus en poche. Les tomes 1, 2, 3 et 4 valent tous 8€ en poche et 4,99€ en e-book. Le cinquième e-book est vendu 12,99€…

Lors du Salon du livre, une fabricante d’une grande maison intervenait sur le stand du SNE à propos du prix des e-books. Elle soulignait le fait qu’actuellement, les éditeurs cherchaient encore à savoir combien les gens étaient prêts à mettre dans un livre numérique. Puis elle a évoqué la possibilité de vendre la version numérique en même temps que le livre papier, pour un prix moindre – mais pas gratuit, parce qu’il y a quand même un travail de création à rémunérer derrière. C’est une piste que j’avais tenté d’explorer dans mon projet, en insérant dans le livre un marque-page invitant l’acheteur à se rendre sur une librairie en ligne, et à entrer un code promo qui aurait permis d’acheter le e-book pour 1€. Cette idée est lamentablement tombée à l’eau puisqu’apparemment, je n’aurais ‘pas la moindre chance’ de rentrer dans mes frais… Pour ce projet-là, c’est certain. Mais je suis certaine que si les gros éditeurs pourraient le faire. Encore faudrait-il qu’ils le veuillent réellement. Quand on voit que c’est eux qui vendent le plus cher leurs e-books, on se dit que c’est pas gagné…

Les liseuses vont souffrir !

Faites chauffer vos Kindle et vos Kobo, parce qu’ils risquent de prendre un sacré coup. ActuaLitté relaye l’info : le premier avril, a l’occasion du 100 000ème e-book vendu, Bragelonne lance « l’opération 100k ». Non, il ne s’agit pas d’aller affronter un monstrueux boss qui aurait pris l’apparence d’un livre. Quoique… En vérité, pendant 24 petites heures, l’éditeur  offrira 100 titre numériques pour seulement 99 centimes !

Et pour ceux qui sont spécialiste des soldes IRL, vous pouvez même faire du repérage de titre ici. Mais n’oubliez pas, en numérique, les stocks ne sont pas limités, alors inutile de mordre votre petit copain parce qu’il essaie de vous arracher à l’ordi 😉

La romance va-t-elle supplanter l’imaginaire ?


Détail des nouvelles collections de Milady. Cliquez pour agrandir.

 

C’est officiel, à partir de mai, les éditions Milady, spécialisées dans l’Imaginaire, va élargir son catalogue à la Romance avec trois nouvelles collections. Entendons-nous bien : pas de la romance paranormale, mais de la vraie romance.

C’est donc une bonne occasion de s’interroger sur la place de celle-ci dans le marché actuel. Enfin, « le marché actuel » c’est une bien grande expression puisque je n’ai aucun chiffre à présenter, seulement des sentiments à partager. Je tiens aussi à préciser que je ne lis pas de romance si elle n’est pas paranormale.

Il y a quelques années, la romance, ça paraissait quand même assez ringard. Très mièvre, très guimauve. Très fille… Une image qui, d’ailleurs, continue à coller à la peau des Éditions Harlequin, si j’en crois certaines discussions sur différents forums.

Côté imaginaire il y a eu, lorsque j’entrais dans l’adolescence, le phénoménal succès d’Harry Potter qui a entraîné la publication d’un bon nombre d’histoires de héros qui se découvrent des pouvoirs. Puis il y a eu, lorsque j’entrais dans l’âge jeune adulte, Twilight. Et là, il y a eu deux phénomènes qui sont apparus : côté adolescents, on a vu fleurir sur les étagères des librairies des romances paranormales. Et côté jeunes adultes, l’Héroïc Fantasy a dû se serrer un peu pour laisser place à un nouveau genre, la Bit-Lit (un nom très marketing pour désigner de l’Urban Fantasy ou, ce qu’on appelait tout simplement avant « du fantastique »)

On a donc, d’un côté des histoires d’amour avec du paranormal en arrière plan et de l’autre, du paranormal avec des histoires d’amour en arrière-plan.

En jetant un très rapide coup d’œil sur le forum de Milady, j’ai constaté qu’il y en a que la nouvelle collection de Milady fait hurler certains. Personnellement, je trouve que la romance simple est une suite logique au regard de l’évolution des genres. Quels que soient ces derniers, arrive un moment où on est tellement inondé des mêmes histoires qu’on finit par se lasser, même si on est vraiment fan du principe. Donc on se tourne vers autre chose.

Je ne pense pas que cela condamnera l’Imaginaire à disparaître, loin de là. Je pense que les deux, Imaginaire et Romance sont intemporels et connaîtront des périodes de succès comme des périodes de creux, mais les deux ne sont pas forcément liés, car le public, même s’il peut être partagé, n’est pas forcément le même. Pour l’instant, les deux genres semblent avoir encore de beaux jours devant, l’un peut-être plus que l’autre. Qui sait ce qui pourrait se passer demain ?

E-books, auto-édition

Hier soir, l’émission Capital diffusait un reportage sur les liseuses et les e-books. Pour ceux qui l’ont manqué, il est encore possible de l regarder sur M6 Replay.

Comme on pouvait s’y attendre, le reportage est assez superficiel, mais il faut dire que le sujet est trop vaste pour qu’on puisse tout aborder en si peu de temps, surtout que le journaliste ne s’est pas contenté de présenter les livres numériques, mais parle aussi des liseuses.

Deux points ont particulièrement retenu mon attention. Le premier, c’est les prix. Bon, il n’est plus à prouver que les éditeurs abusent et que oui, il y a souvent des e-books plus chers que les poches, parfois même plus cher que les grands formats. (Encore un exemple récent chez Belfond, qui s’est empressé de baisser le prix lorsque des articles dénonciateurs ont commencé à fleurir… De 23€, nous voilà donc passés à 18€. YOUHOU !) En tout cas, l’embaras de l’employée de Laffont est révélateur d’un certain malaise et d’une opacité complête dans l’arrêt du prix du e-book.

J’ignore si cette histoire d’entente qui est citée dans le reportage et qui aurait pour but de protéger les livres poches est réelle ou non, mais je suis septique. Car pourquoi les poches et pas les grands formats ? D’une manière générale, j’ai le sentiment que les éditeurs étaient réfractaires à cette percée du numérique et qu’ils essayaient de dégoûter les gens par une mauvaise qualité et des prix trop élevés. C’est peut-être le cas pour certains, mais j’ai aussi l’impression que comme c’est nouveau, ils ne savent pas quel prix fixer. Normalement, on se fie à un coefficient de 6, c’est-à-dire qu’on multiplie le coût unitaire de fabrication par six pour établir le prix de vente. Avec cette percée récente et le manque d’études de marché, les éditeurs ne savent pas encore quels prix fixer pour ne pas faire fuir les acheteurs potentiels. Et ceux qui vendent trop bas risquent de ne pas rentrer dans leurs frais, parce que comme pour les livres papier, on n’est pas sûr de vendre.

Cela amène au second point : la saturation du marché, et l’émergence de l’auto-édition, qui est abordé tout à la fin du reportage (avec une musique bien glauque, pour bien faire peur aux éditeurs qui regarderaient… LOL!)

L’auto-édition s’est beaucoup développé ces dernières années, notamment grâce à l’impression numérique qui fait considérablement chuter les coûts de fabrication des livres par rapport à l’offset et qui permet de bien plus petits tirages. Grâce à ça, de nombreux auteurs se sont improvisés éditeurs. Certains ont essayé de faire leur promo sur le net, ont réussi ou ont échoué. Quand j’étais en stage, un certain nombre d’auteurs nous envoyaient leur manuscrit en précisant qu’ils avaient déjà tenté l’auto-édition, mais qu’ils cherchaient un éditeur parce que la distribution/diffusion, c’est vraiment trop lourd à gérer quand on ne s’y connaît pas.

On servait encore à quelque chose quoi.

Maintenant, même plus besoin de se prendre la tête à démarcher des libraires, suffit de s’inscrire sur un site de diffusion type immatériel.fr et en deux clics c’est fait, si on en croit les propos du reportage. Quant à créer un e-book, facile avec des logiciels comme Calibre.

Problème : s’il n’y a pas de sélection par les éditeurs, avec quoi va-t-on se retrouver ? Bon, je ne pense pas qu’on tombera aussi bas que ce que certains peuvent essayer de poster sur HPF, mais imaginez, vous payez un livre, vous l’ouvrez, et vous avez quinze fautes à la ligne… *Réfléchis* Huum… Bon, d’accord, mauvais exemple, même les éditeurs publient parfois des trucs blindés de coquilles… Mais imaginez la qualité des scénarios *Reréfléchit et pense au succès de Twilight* OK, re-mauvais exemple. Mais et si ça devenait pire encore ? Brr !

Non, plus sérieusement, je me demande pourquoi j’ai choisi l’édition. Je savais déjà en m’engageant dans la voie que le secteur est en pleine crise, que je risquais d’avoir du mal à trouver du boulot. Plus tard, j’ai appris que les auteurs (et les gens en général), quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, nous prendront toujours pour des profiteurs qui cherchent à se faire du fric sur la tête des malheureux – ce qui est vrai pour certains, mais ça veut pas dire que tout le monde fonctionne pareil ! Mais si maintenant on me dit que l’éditeur il ne sert plus à rien parce que l’auteur peut se débrouiller seul… Bah y a plus qu’à descendre dans notre sous-sol, là où on entasse tous nos livres chéris depuis des années, et s’y enfermer pour ne plus jamais en ressortir.  Parce que de toute façon, on ne fait pas ce boulot parce qu’il y a de la place, pas pour la reconnaissance ou pour le salaire, mais bien parce qu’on a la passion des livres. Alors, finalement, quelle plus belle mort que de mourir au milieu de nos Précieux ? (Pour plus de mélodramatisme, je recommande la musique de Gladiator « Now We are free » en fond sonore)

Le scandale du Goncourt 2011

Voilà un bout de temps que je souhaitais faire cet article sans en trouver la motivation (en fait, il y en a pas mal que j’aimerai écrire… je crains !) Celui-ci fait écho à mon billet sur l’orthographe.

Mi-novembre, le net voit éclore tout un tas d’articles relayant un scandale que je trouve pour ma part hilarants (parce que j’ai finalement décidé qu’il valait mieux en rire qu’en pleurer). Pour mieux comprendre, je vous suggère la lecture de l’un de ces nombreux articles.

En résumé, un site proposant des e-books pirates a mis en ligne le dernier prix Goncourt… mais sans les fautes. Parce que oui, que ce soit la version papier, ou la version e-book officielle, il y avait apparemment un certain nombre de coquilles. Lamentable de la part d’un éditeur comme Gallimard.

Là où ça devient intéressant, c’est quand la communauté en question répond face à cet "accroc" qui a pris de l’ampleur. Pour des raisons éthiques évidentes, je ne mettrai pas le lien vers l’article qu’ils ont posté (Leur nom apparait dans certains articles, mais tout de même). Voici ce qu’ils répondent :

Ce phénomène n’est pas exclusif à L’art français de la guerre. Ils se défendent de corriger systématiquement tous les e-books qu’ils publient. Soi-disant que le Goncourt s’en sort plutôt bien par rapport à d’autres… ce que je veux bien croire quand je vois le nombre d’horreurs qui se glissent dans certains ouvrages !

Reste donc un constat affligeant : la course à l’économie amène certains éditeurs, même les gros, à sacrifier l’orthographe, quand bien même ceux-ci se doivent d’être les garent d’une bonne orthographe. On nous le rabache assez souvent en cours – qu’on ne peut devenir éditeur si on n’est pas excellent en orthographe. Si j’étais cynique, j’oserai me demander si c’est pas pour faire encore plus d’économies sur le dos des correcteurs. Histoire qu’on soit sûr de pouvoir s’en passer quoi… Mais passons.

Là, ils renvoient à un article fort intéressant : « L’économie de la correction »

Citation :
Abeline Majorel a longuement discuté avec Brigitte Jenssen, correctrice extérieure pour plusieurs maisons, qui lui a expliqué qu’il n’y a plus qu’une correctrice en poste, feu rue Sébastien-Bottin. En 10 ans, c’est une trentaine de correcteurs qui ont été licenciés. Même chose dans la presse : Le Monde est l’un des rares journaux où il y en a encore. Ces dernières années, les maisons d’édition qui ont le plus supprimé de correcteur c’est Gallimard, le Seuil et Grasset alors que leur production n’a pas faibli.

Gallimard, tiens, étrange. Je ne lis plus de livres d’eux depuis mes 10 ans. Hors Harry Potter, mais là, j’imagine qu’ils ont consenti à un effort, parce qu’avec l’attente, la moindre petite faute et ils se serraient prit un gros retour dans la tronche. En tout cas, sur ma liseuse toute neuve, j’ai eu le privilège d’avoir Nightwish gratuit. Par curiosité, je jette un œil…

Deux lignes. Il leur a fallu deux lignes pour réussir à placer une coquille. Alors là, je dis bravo, quand même. Ça mérite le respect, vous ne croyez pas ?

Hausse de la TVA à 7%

Crise oblige, le gouvernement a annoncé une hausse de la TVA de 5,5% à 7% sur certains produits. Comme le signal Livres Hebdo, les livres sont directement concernés.

Qui va payer ? Concrètement l’éditeur. Et les dommages collatéraux, ce sera pour tout le monde. Les auteurs, les imprimeurs, les libraires, les acheteurs. Bref, tout ce joli monde de la chaîne du livre.

Deux possibilités : soit l’éditeur fait le choix de réduire sa marge, soir il augmente le prix de son livre. Dans un cas comme dans l’autre, ce ne sera pas sans conséquence.

La réduction des marges, il n’y a guère que les gros éditeurs qui peuvent se le permettre. Ceux qui ne sont pas à ça près. Or, les petits, ils faut bien qu’ils restent compétitifs, eux aussi. Parce que si chez les gros c’est moins cher, les gens ils font aller acheter chez les gros. Faillite assurée pour les structures fragiles.

Quant à augmenter le prix… En commentaire sur un autre article de Livres Hebdo, un membre a fait le calcul : 5,07€ pour un poche à 5€, 20,28€ pour un grand format à 20€. Certes, comme ça, ça paraît peu. Sauf que vous avez déjà vu un livre avec des prix qui ne soient pas ronds ? La réalité, ce sera sûrement 5,50€ ou 21€.

Soyons réalistes, les livres, ils sont déjà très chers. Surtout que crise oblige, ce n’est pas la priorité dans le budget mensuel. Résultat, ils achèteront encore moins de livres dans un secteur pourtant déjà très fragilisé. Voyant leurs ventes baisser, les librairies indépendantes vont en souffrir, au profit, encore une fois des gros. Les éditeurs vont se retrouver avec des masses de livres à envoyer au pilon, et histoire d’éviter ça de nouveau, feront en sorte de baisser les prochains tirages, au grand damn de l’imprimeur. Et l’auteur ne sera lui non plus pas en reste, puisque même s’il est protégé par son contrat (8% resteront 8%), il perçoit sa rémunération sur un pourcentage de ventes.

Je dramatise peut-être, mais ça m’énerve ! La crise dans le secteur du livre, ce n’est pas un mythe. Et voilà qu’on en rajoute une couche sous prétexte de sauver les caisses vides de l’Etat. C’est toujours pareil : les familles modestes et les petites entreprises payent jusqu’à se saigner tandis que pour les riches et les gros groupes, l’effort qu’on leur demande ne représente qu’une goutte d’eau dans leur compte en banque…