Parole de fabricante, part 1

D’accord, c’est peut-être un peu présomptueux de me qualifier de « fabricante », étant donné que je n’ai jamais travaillé comme tel, mais bon, après tout, c’est ma formation, à la base.

J’aime les livres depuis toujours, mais avant, je n’attachais pas beaucoup d’importance à « l’emballage », même si j’ai toujours trouvé les vieux livres plus beaux que les brochés. Aujourd’hui, je prête bien plus d’intérêt aux détails, et je souhaitais vous présenter quelques livres dont la réalisation a attiré mon attention.

Mais avant, petites présentations…

I/ Un fabricant, c’est quoi ?

Seules les grandes maisons d’édition, et quelques moyennes ont leur propre fabricant. Pour les autres, les éditeurs laissent généralement le champ libre à leur imprimeur, ce qui peut donner lieu à quelques abus.

Le fabricant, comme son nom l’indique, s’occupe, au sein de la maison d’édition, de tout ce qui est relatif à la réalisation de l’ouvrage. Il doit connaitre sur le bout des doigts le métier d’imprimeur afin de mieux lui donner ses directives et flairer les embrouilles, mais il n’en est cependant pas un.

Son travail consistera à réaliser des devis en interne afin d’estimer le coût de fabrication d’un livre. Il choisira le papier, négociera son achat et s’assurera de la bonne livraison chez l’imprimeur. Il devra trouver des solutions aux difficultés techniques souhaitées par l’éditeur tel que l’insertion d’un cahier en couleur dans un livre imprimé noir, la création d’un coffret pour insérer le livre… Il lancera les appels d’offres auprès des imprimeurs et négociera les prix. Enfin, il devra contrôler la qualité d’impression et signer le BAT.

II/ Comment fabrique-t-on un livre ?

Les livres ne s’impriment pas page après page, comme sur une imprimante de bureau. L’intérieur et la couverture sont imprimés séparément, soit sur des machines offset pour les tirages importants, soit sur des presses numériques pour les plus petits volumes.

A/ L’intérieur

* Le cahier

L’intérieur des ouvrages est imprimé sous forme de cahiers : il s’agit d’une feuille qu’on plie en deux, trois ou quatre et que l’on recoupera par la suite.

Le nombre de plis dépendra de l’épaisseur de papier. Généralement, on plie en trois, de sorte à obtenir des cahiers de 16 pages (8 au recto, 8 au verso). Comme ceci :

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Les pointillés rouges représentent les plis. Les traits continus verts symbolisent la zone à massicoter. (Ici, la triple coupe correspond à une reliure de type Assemblé cousu. Si le livre est un broché, une quatrième coupe est effectuée sur le côté gauche du cahier) Enfin, la zone hachurée correspond aux chutes de papier, qui partira au recyclage. Cela peut parfois représenter plusieurs tonnes de papier ainsi perdu, d’autant que « cahier » n’est pas synonyme de « feuille d’impression. »

* La feuille d’impression

La feuille d’impression, c’est la feuille que l’on fait passer en machine, sur laquelle seront imprimés le ou les cahiers.

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Le schéma suivant correspond à la feuille d’impression de mon projet de BTS. Les valeurs sont en millimètres.

Il y a deux cahiers, placés verticalement et séparés par le trait rouge. En pointillé, les plis, en trait continu vert, les coupes. La zone de 15 mm en haut correspond à la prise de pince, en bas au fond de pression. Ces blancs sont nécessaires afin que la machine puisse attraper et passer la feuille.

Vous noterez qu’en additionnant les valeurs, le total est à 920 x 690 mm, alors que j’ai noté en haut que le format de ma feuille d’impression est à 720 x 1020 mm. Si le tirage est important et qu’on a plus de trois tonnes de papier à faire imprimer, on peut demander au papetier une commande spéciale au format voulut, afin de limiter les pertes. Mais si on a moins de trois tonnes, on est obligé d’acheter le papier à un format standardisé.

Une fois imprimés et pliés, les cahiers peuvent être assemblés selon deux méthodes.

~ Assemblé cousu collé :

Les cahiers sont rassemblés selon une échelle de brochure, avant d’être cousus puis collés entre eux.

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~ Grecqué :

Les cahiers sont coupés sur les quatre côtés, de sorte qu’une fois assemblés, ils ne puissent plus être distingués. Puis, les feuillets sont collés à la couverture.

Il s’agit de la forme de reliure la plus courante pour les romans.

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B/ La couverture

Les couvertures sont imprimées « à plat » sur des machines généralement plus petites que celles utilisées pour l’intérieur. Pour la maquette, cela donne, dans l’ordre : la quatrième de couverture, le dos, puis la première de couverture. Cela peut paraitre évident, mais j’ai déjà vu des gens qui réalisaient leurs propres couvertures en plaçant la première de couverture avant la quatrième.

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On peut trouver plusieurs types de couvertures.

La couverture souple :

La plus utilisée pour les romans et la moins couteuse. Il s’agit d’une simple feuille très épaisse qui peut être imprimée soit au recto seul, soit recto-verso, puis que l’on recouvre d’un film protecteur. Certains éditeurs, par souci d’économie, se passent de ce pelliculage, mais pour peu qu’on ait les mains un peu moites en lisant, c’est un vrai carnage (oui, c’est du vécu)

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La couverture intégra :

Le papier utilisé pour ce type de couverture est encore plus épais et plus rigide que pour la couverture souple. Afin de lui donner de la solidité, on en replie les bords vers l’intérieur.

Ce type de couverture est souvent utilisé pour les manuels scolaires.

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La couverture cartonnée

Très rigide, cette couverture est composée de trois cartonnettes (une pour le plat de devant, une pour le dos, et une troisième pour le plat de derrière) et d’une feuille de recouvrement.

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Voilà pour cette première partie. La prochaine fois, je vous ferai un petit tour d’horizon des particularités et embellissements que l’on peut rencontrer.

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Littérature fantastique et homosexualité

Déjà, à l’époque où j’administrais HPF, la question de la séparation des romances et de ce qu’on appelle les Slash, c’est-à-dire les romances entre personnes de même sexe, se posait. Certains, comme moi, appréciaient que la catégorie Slash soit mise à part, car cela la rends plus visible et permet de s’y rendre directement quand on sait ce qu’on cherche. Par ailleurs, la visibilité permet de banaliser l’homosexualité. D’autres trouvent que séparer les deux revient à ségréguer la romance homosexuelle. Une forme d’homophobie passive, en quelque sorte. Je pense que les deux argumentaires se valent, et qu’il n’y a pas de solution miracle pour satisfaire tout le monde.

Récemment, j’ai découvert sur le FB d’une maison d’édition une annonce faisant part de l’ouverture d’une collection spéciale homosexualité. C’est la seconde que j’aperçois en peu de temps, et je ne doute pas d’en voir une troisième, et peut-être une quatrième suivre sous peu. Un effet, sans doute, de l’ouverture prochaine du mariage à tous les couples.

D’un côté je trouve ça très bien d’encourager ainsi les auteurs à placer des couples dans leurs romans, car ça me parait manquer un peu. De l’autre, je suis aussi un peu plus mitigée.

Personnellement, j’aime parler d’homosexualité dans mes histoires. En fait, même si ça doit être loin en arrière plan, je ne pourrai pas m’en passer. Et pourtant, à supposer qu’un jour je franchisse le pas de la publication, je n’aimerai pas que ces histoires se retrouvent dans ce genre de collection. Pourquoi ? Parce que dans mon cas, c’est l’histoire qui prime, et je n’ai pas envie que l’homosexualité passe comme un argument de vente si elle est secondaire. S’il s’agit d’une romance par contre, effectivement, c’est l’histoire du couple qui prévaut, donc il est normal que l’aspect Yaoi/Yuri soit mis en avant.

Là où ça coince, c’est que quand je lis le descriptif que ces maisons font de leur collection, j’ai le sentiment qu’elles cherchent des histoires fantastiques, avec comme arrière plan une romance homosexuelle. Donc, elles souhaitent publier des textes qui pourraient être catégorisés ailleurs, dans de la Fantasy par exemple, et que les amateurs de Fantasy ne verront du coup pas forcément, parce qu’en cherchant des nouveautés, ils n’auront pas l’idée de regarder dans cette collection.

Cette séparation est-elle réellement une bonne idée? D’un côté, on peut séduire un nouveau publique (dont j’avoue être la première intéressée) de l’autre, on risque de perdre des lecteurs déjà acquis. C’est kif-kif !

Bref, comme pour les fics, il n’y a pas de solution miracle pour bien présenter les romans avec contenu Yaoi/Yuri. A vrai dire, en tant que lectrice, je ne sais pas ce que je préfère : tomber sur une romance par hasard et fondre comme un gros tas de guimauve, ou me laisser hameçonner sciemment par une collection dédiée.

Quoi qu’il en soit, j’attends de voir les premiers ouvrages. 🙂

CdG : Milady et Succubus

Hier, vendredi 13 juillet, sortait le tome 6 de la série Succubus par Richelle Mead. Franchement, je trouve ça carrément ironique d’avoir choisi une telle date.

Commençons par le commencement. J’adore Bragelonne/Milady, aussi bien pour les textes qu’ils éditent que pour l’image que véhicule l’entreprise elle-même. Il suffit de les suivre un peu sur leur page FB ou de lire les interviews pour voir qu’ils sont réellement passionnés par leur travail. En plus, ils sont pionniers du numérique, étant parmi les premiers à oser proposer des e-books à prix abordable. Ils proposent également des promotions sur les premiers tomes des séries comme l’opération en ce moment, « deux Milady achetées, le troisième offert ».

Le souci, c’est que quand on pousse un public toujours plus nombreux à entamer des séries, c’est bien de suivre derrière.

Mon coup de gueule est spécifiquement orienté vers la série Succubus. Petit topo rapide pour récapituler :

  • Juin 2010 : parution du tome 5 en grand format (Bragelonne)
  • Juin 2011 : Sortie du tome 1 en poche (Milady)
  • Juillet 2011 : Sortie du tome 2 en poche
  • Août 2011 : Sortie du tome 3 en poche
  • Septembre 2011 : Sortie du tome 4 en poche.

Côté numérique : le tome 5 est disponible au prix de 12,99€ contre 4,99€ pour les tomes 1 à 4.

Côté livre d’occasion, le tome 5 est disponible sur Amazon à partir de 113€ (et depuis peu, une autre annonce s’est rajoutée, le proposant à 136€… LOL!)

Vous cernez un peu mieux le problème ?

J’ai commencé à lire la saga en poche et je me retrouve bloquée au tome 4. Deux points en particulier me font bondir.

D’abord le prix du numérique, qui est honteusement élevé sous prétexte que le tome 5 n’est pas sorti en poche (vous imaginez bien… le jour où il sortira chez Milady, il va bien sûr s’aligner sur les autres. Hors de question que je mette 13€ dans un e-book, non mais!)

Ensuite, l’indisponibilité totale du tome 5 en grand format, alors que le 6 vient juste de sortir ! C’est gentil de publier la suite que ceux qui ont lu en grand format attendaient avec impatience mais à mes yeux, c’est une erreur de ne pas avoir réimprimé le tome 5 AVANT la sortie du 6. Ne serait-ce que parce que la sortie du tome 6 va donner envie à de nouveaux fans qui seront attirés à la couverture en librairie.

Bien sûr, je pourrais me taire et acheter le 6 en attendant que le 5 sorte… Mais j’ai envie de garder la surprise.

Au moins maintenant, je suis (presque) rassurée : Milady a confirmé sur sa page FB qu’ils « pensaient » au tome 5. Reste à savoir quand et si ce sera une réimpression du grand format ou une nouvelle publication poche, mais ça…

Une page qui se tourne

Voilà, les résultats sont tombés mercredi. 100% d’admis en BTS édition pour notre promo, ce n’est pas la classe, ça ?

Je dois avouer que je suis extrêmement soulagée. Je ne suis pas une personne qui a naturellement confiance en ses capacités, surtout pas depuis le fiasco du bac. Maintenant, il faut que j’arrive à me résoudre à lâcher mon appart’. Là, c’est carrément trop dur ! Parce que même si des fois je me sentais un peu seule, j’ai finit par vraiment apprécier Toulouse.

J’ai passé deux merveilleuses années dans une ambiance particulièrement sympa. Les copines et les profs vont me manquer ! Finis les repas de midi ensemble à demander « Qu’est-ce que tu as ? Oh, encore des pâtes ? ». Fini les cours d’éco et de fab qui virent en discussion sur l’actualité ou en anecdotes sur ce que sont devenus d’anciens élèves. Finit les cours d’info où le prof menaçait de se fracasser la tête contre le bureau parce qu’on lui demandait sans arrêt de répéter (là, je crois qu’il y en a un qui sera content par contre !) Finit les profs qui nous conseillent quelque chose sur nos projets et les suivants qui nous disent de ne surtout pas faire ça.

Honnêtement, l’idée de continuer l’an prochain m’angoisse un peu. J’ai la trouille de me retrouver de nouveau dans un cadre très scolaire et carré où les profs se contentent de débiter leurs cours et de s’en aller et où chaque élève reste dans son coin comme c’était à la fac… Ces deux années ont été tellement merveilleuses que de toute façon tout ce qu’il y aura après ne pourra être que fade. Enfin, j’espère que je me trompes !

Bon, aller ! Maintenant, il faut que je m’attaque aux CV. Mine de rien, tout ça ne va pas se faire tout seul !

Les couvertures YA

Je suis tombée sur article très intéressant hier, et que je voulais vous faire partager. Il s’agit d’une analyse des couvertures de romans Young Adult publiés aux US en 2011 : couleurs dominantes, mais aussi sujets.

Le billet se trouve ici. Comme l’explique l’auteur, elle a commencé à répertorier les couvertures suite à un article du Wall Street Journal : « Darkness too Visible ». Attention, il est assez hum… cliché, pour être gentille.

Effectivement, en voyant les graphiques, on constate qu’il y a quand même pas mal de couleur. Quoique dans la partie magenta, il y a quand même pas mal de couvertures où le noir domine par rapport aux couleurs rouge orangées. Le vieux cliché qui veut que le noir s’accorde parfaitement avec le sang ou le feu pour créer une atmosphère sombre est toujours bien présent.

Là où ça devient plus intéressant encore, c’est dans les représentations des personnages. 90% de personnages blancs, 78% de filles – franchement, j’aurais cru les mâles plus représentés que ça. Et 14% de robes fantaisies, ça m’a fait sourire, moi qui suit très attirées par ce genre d’illustration.

Alors pour les personnages blancs, on peut effectivement s’interroger sur la représentation des minorités. Certains trouveront peut-être ça scandaleux. Moi, honnêtement, ça me laisse plutôt froide. La lecture nous permet de retranscrire l’univers selon notre propre imagination. Il y a beaucoup de personnages que j’imaginais blancs par défaut, et qui finalement ne le sont pas. C’était par exemple le cas dans HP avec Dean Thomas et les soeurs Patil. Dans tous les cas, ça ne change rien à l’histoire. C’est juste plus dur de s’arracher la première image mentale qu’on a eue.

Après, pour parler d’une autre minorité, c’est vrai que j’apprécie toujours quand il y a un couple homo banalisé quelque part en arrière-plan. Mais je ne vais pas non plus chercher mes lectures en fonction de ça. Alors bref, ces infos sont intéressantes, mais je ne crois pas qu’elles soient révélatrices d’un « problème », juste d’une tendance – tendance qui va probablement finir par évoluer comme c’est souvent le cas.

Les e-books de Darkiss

J’espère que vous me pardonnerez, mais je craque. Je ne comptais pas faire un billet rien que pour ça, juste mettre une petite remarque en rédigeant ma critique de L’étrange secret de Finley Jayne. Même si pour beaucoup la qualité d’un e-book passe loin au-dessus de la tête, moi j’y tiens.

J’ai dans ma bibliothèque quatre e-books de la collection Darkiss. Le premier, je l’ai acheté en format PDF, n’ayant pas encore de liseuse. Ça ne m’a pas posé de soucis majeurs. Les trois suivants ont été acquis en format epub, et là les problèmes ont commencé pour deux raisons :

A/ Darkiss ne semble pas chercher à optimiser ou à corriger les erreurs de leurs e-books.

Il y a d’abord eu Le poison écarlate où la couverture ne s’affichait pas parce qu’elle était considérée comme étant en page 2. Et le problème ne venait pas de mon lecteur, puisque que ce soit sur mon Kobo ou depuis Digital Edition, le souci est le même.

Quand aux deux derniers e-books que j’ai eu l’occasion d’acquérir, ce n’est pas mieux : il faut trois plombes pour ouvrir le livre ou passer au chapitre suivant. Il y aurait des images comme dans un autre e-book d’un autre éditeur qui a le même gros souci, j’aurais pu comprendre. Les images, c’est lourd à charger. Mais même pas, ce n’est que du texte. WTF ?!?

B/ Ils collent des DRM même aux e-books gratuits.

Quand j’ai acheté le e-book numéro trois – un livre que j’étais impatiente de découvrir le jour même de sa sortie – j’ai eu un problème de téléchargement. C’est là que je me suis découvert une immense haine envers ce système de DRM.

D’un côté, j’ai eu du mal a récupérer mon fichier : il a fallu que j’attende que le support m’autorise un second téléchargement – parce que oui chez Numilog, quand il y a des DRM vous n’avez le droit qu’à un seul téléchargement. Surtout, sauvegardez bien votre e-book… Ah ! Attendez, non, c’est vrai, vous ne pouvez pas parce qu’il y a des DRM !

De l’autre côté, je n’avais pas mis à jour mon Kobo depuis son achat. Bon, si je l’avais fait, ça ne serait pas arrivé. Bref, j’avais ce bug qui faisait que quand on le connectait à Digital Edition et qu’on cherchait à transférer des e-books, ça avait tendance à supprimer les autres fichiers e-pubs contenus dans la liseuse. Jusque-là, j’étais toujours passé par le navigateur de fichier pour faire mes transferts, justement pour éviter ça. Mais avec les DRM, pas le choix, on est OBLIGÉ de passer par Digital Edition. Et j’ai eu droit à la totale : lorsque je l’ai branché, mon Kobo a carrément reset, j’ai perdu toute ma bibliothèque. Merci Darkiiiiiiis !

À ce moment là, je m’étais juré de ne plus toucher à un seul e-book avec DRM, surtout pas ceux de Darkiss. Évidemment, si j’ai pu lire L’étrange secret de Finley Jayne, c’est que je n’ai pas tenu ma promesse. Je suis faible… Je me suis dit que de toute façon, il était gratuit. Voir qu’ils avaient quand même mis des DRM dessus, ça m’a fait doucement rire. Quand, en plus, j’ai constaté les problèmes de temps de chargement, j’ai eu envie de me fracasser la tête contre le mur. (Mais mon mur est blanc, ça aurait laissé des traces. Alors je me suis retenue.)

Bref. Tout ça pour dire quoi ? Et bien que je suis une cliente patiente, mais qu’il ne fait pas pousser mémé dans les orties. De telles pratiques commerciales ne donnent qu’une seule envie : fuir, et tant pis pour les séries qu’on aime. Pire que tout, Darkiss est à mes yeux l’exemple typique de ces maisons qui laissent encore de beaux jours aux pirates, alors même que le fait qu’ils utilisent des DRM montre qu’ils essaient de s’en protéger. Ont-ils seulement conscience que les DRM sont abandonnés parce que justement d’autres éditeurs se rendent comptent qu’ils posent bien plus de soucis qu’ils n’ont d’avantages ?

Ce serait tellement simple de rectifier le tir… Optimiser les e-books et privilégier le Watermarking aux DRM, ce n’est pas bien compliqué…

BTS édition : quels débouchés ?

Mais où est passé le mois d’avril ? Nous sommes déjà en mai, et dans moins de deux semaines, je commence les premières épreuves écrites.

Passer l’examen, c’est une chose. Décider quoi faire l’an prochain, s’en est une autre. Pour l’instant, j’ai décidé de tenter la licence pro, mais je ne me sens pas très motivée. A vrai dire, je n’ai même pas encore envoyé mon dossier… Les deux seules raisons qui m’y poussent, c’est que cette licence proposerait une formation sur le livre numérique et qu’elle est plus axée marketing que technique de fabrication pure. Du coup, c’est, selon moi, un excellent complément.

Soit dit en passant, à partir de la rentrée prochaine le nouveau référentiel se mettra en place. La lacune concernant le livre numérique sera donc comblée, mais je n’en sais pas beaucoup plus.

Bref, d’autres parmi mes camarades veulent se lancer à pied-joint dans la vie professionnelle. Alors la question, c’est : quels débouchés après un BTS édition ?

Premier point, la formation se veut assez complète. En théorie, en sortant du BTS, on est sensé être capable de monter sa propre maison d’édition. Mais ça, c’est de la théorie. Je ne dis pas que ce n’est pas possible, mais, par exemple en ce qui concerne notre promo, j’ai quand même le sentiment qu’on a des lacunes niveau distribution/diffusion…

L’avantage d’une formation complète, c’est qu’au moins on peut plus facilement savoir dans quels domaines on a des affinités. Moi, par exemple, je ne serais jamais correctrice/préparatrice de copie, ça c’est clair. Certains dans ma classe adorent la maquette, d’autres brillent dans la fabrication. Le stage obligatoire aide lui aussi beaucoup au choix – enfin, s’il se passe bien.

Les métiers auxquels on peut accéder sont divers. Assistant éditorial, préparateur de copie, fabriquant… Le seul auquel on ne peut prétendre est maquettiste, car on nous offre les bases, mais si c’est ça qu’on vise, mieux vaut viser un BTS Communication visuelle par exemple.

Maintenant, concrètement chez les éditeurs ça donne quoi ?

Côté éditorial ? J’entends dire de tous les côtés que c’est bouché. Dommage, c’est ce qui plait le plus au plus grand nombre. C’est peut-être un peu pour ça aussi… Alors l’assistant éditorial, il va falloir s’accrocher.

Côté fabrication ? D’après un de mes enseignant qui a tenu une réunion avec des professionnels, ainsi que d’après les propos d’une responsable de l’Asfored lors du Salon du Livre, les éditeurs sont actuellement en pénurie de fabricants. Ça tombe bien, parce que le BTS édition – comme on nous l’a gentiment rappelé – c’est avant tout pour devenir fabriquant. Alors là, c’est l’occasion.

Côté distribution ? J’ai remarqué en parcourant des annonces depuis plusieurs mois que les éditeurs demandent pas mal de responsables marketing. Ça peut aussi être une occasion. Sauf que pour ça, le BTS édition n’est pas indiqué. Sur le CV, ils demandent souvent des Master en communication ou management. Un DUT info-com’ option métiers du livre et de l’édition doit être mieux indiqué qu’un BTS pour commencer après le bac.

Voilà pour ce petit tour d’horizon. 🙂

Les couvertures

Aujourd’hui, parlons de couvertures. J’ai constaté, en parcourant le forum de BN qu’il y a des gens qui peuvent être choqués d’apprendre que certaines images utilisées pour les couvertures ne sont pas crées spécialement pour le livre et de constater que, du coup, certaines de ces couvertures peuvent se ressembler.

Parce qu’effectivement, certaines se ressemblent beaucoup. Mais il faut déjà distinguer l’idée et l’image utilisée elle-même. Car certaines photos proviennent de banques d’images (Getty Images, fotolia,…) : l’éditeur achète le droit d’utiliser la photo pour le livre, mais rien n’empêche un éditeur concurrent de le faire également. Un exemple :

Selon les couvertures, cela peut donner des choses bien différentes. Ou pas. Dans ces cas-là, c’est au graphiste de travailler suffisamment l’image pour en faire une illustration à part entière, et pas juste retoucher un peu. Cela limite le risque de retrouver plus tard une couverture qui ressemblera fortement à la notre. En fouinant un peu, on peut réussir à retrouver les images qui sont à l’origine de certaines couvertures.

Par exemple, celle-ci est à l’origine de la couverture de Meurtres à Shakespeare. Il n’y a qu’un simple travail de retouche. Mais on notera que l’image utilisée pour le second tome ne figure pas dans le portfolio de l’artiste, alors qu’elle est dans le même genre (grise, avec les ongles et les lèvres du personnage en rouge, et les roses sont les même). Soit l’éditeur s’est adressé au même photographe et lui a commandé une nouvelle photo exclusive, soit il est allé en chercher une autre, et cette fois, il y a eu plus de travail effectué dessus afin de converser une cohérence d’un tome à l’autre.
Il y a également celle-ci pour la couverture de Damnés. Là, il ne s’agit plus simplement d’une seule image, mais de plusieurs, avec en plus de la peinture numérique pour les détails. Personnellement, je préfère ce style-là, mais je suis certainement un peu vendue, puisque c’est ce genre d’illustrations que je réalise à mes heures perdues.

Enfin, il y a aussi des cas de reprise pure et simple d’idée. Là, c’est effectivement limite du plagiat, et je comprends que ça puisse vraiment choquer.

Dans les discussions, certains ont souligné le fait que quand il y avait des ressemblances, c’était un peu comme si le livre « perdait son âme ». Je n’irai pas jusque là, mais c’est clair que voir que le voisin a une illustration similaire alors que ce n’est pas le même genre, ça laisse septique. La couverture doit donner le ton du livre, refléter ce qu’il y a à l’intérieur. Beaucoup de gens – et j’en fais partie – fonctionnent au coup de cœur. On voit une belle couverture, on regarde le résumé en quatrième, ça nous plait, on achète.

Et pourtant, malgré cela, on se rend parfois compte que les illustrations ne correspondent pas du tout au contenu. Au fond, qu’est-ce que ça peut faire ? Techniquement, ce n’est pas la couverture qui nous fait acheter, c’est le résumé. Elle, elle est là juste pour amorcer le mouvement. Mais c’est déjà beaucoup. Avec les banques d’images, on prend un risque, c’est certain. Mais ça n’en rend pas moins les couvertures artistiques, tant que les graphistes effectuent un travail dessus, ça restera créatif. Et donc original.

Les livres sont-ils chers ?

C’est une question qu’on s’est tous posée au moins une fois, surtout quand on sait que tout augmente. Mon dernier gros achat remonte à début mars : 59€ pour 5 livres, avec une fourchette allant de 5€50 à 18€50. Cela fait en moyenne 11€80 par livre, ça reste correct quand on voit le nombre de romans vendus entre 17 et 22€. C’est simple, depuis que je me suis remise à la lecture, j’essaie de fuir ces livres-là.

Vous avez sans doute entendu parler de la loi Lang sur le prix unique du livre. Grâce à elle, ce prix de vente doit obligatoirement figurer sur la couverture. Par curiosité, je suis allé fouiner parmi les vieux livres de ma bibliothèque. Ça n’a pas été facile étant donné que j’en ai laissé une grande partie chez mes parents, et que les autres ne sont plus édités. Mais j’ai quand même réussi à trouver ce que je cherchais.

Harry Potter et la Coupe de Feu, grand format, acheté en 2001.
120FF, 18,29€

Là, je me suis dit « Bon, 18€29, c’est pas joli, ils ont du arrondir depuis le temps, peut-être 18,50€, maximum à 20€ »

Verdict : 21,30€. What. The. F* ?!
Trois euros de plus en 11 ans. Pour un ouvrage qui ne demande plus à la maison d’édition de frais de correction ni de maquette. Note à moi-même : penser à demander à ma prof d’économie de combien a été l’inflation. Juste pour voir…

Bref, en ce moment, les prix des ouvrages recommencent à bouger à cause de l’entrée en vigueur de la nouvelle TVA. Qui va encore en pâtir ? Les acheteurs. Les travailleurs du livre reconnaissent tous que le secteur est en crise, mais il faut aussi tenir compte du fait que les produits alimentaires ou encore l’essence continuent à augmenter. La lecture, ce n’est qu’un loisir, pas une première nécessité (encore que des fois, on se demande ^_^)

Alors la question qui fâche : est-il possible de baisser les prix des livres ? Et bien, en toute honnêteté, même si j’en rêve, je ne le crois pas. Sauf si on ferme les yeux sur la qualité et qu’on fait imprimer en Chine. Et sauf si on sait (parce qu’on a été chercher des droits à l’étranger) que le roman est voué à devenir un best-seller, ce qui permet de lancer un gros tirage.

Rien qu’à voir mon projet BTS, j’ai mal au cœur. Car pour avoir un seuil de rentabilité qui ne dépasse pas 55% du tirage, je me retrouve à devoir vendre mon livre à 19,90€. OK, c’est illustré en couleur. OK, c’est du papier de qualité. Mais il n’y a que 160 pages ! Réaction d’un prof qui est aussi un professionnel : « Ce n’a rien de déraisonnable. Vous voulez cibler des adolescents, ce ne sera pas eux qui paieront directement, mais leurs parents. D’autre part, si vous le vendez à ce prix-là, cela montrera à votre auteur et à votre illustrateur que vous croyez à leur travail. » Mouais. Alors déjà, ce projet ne cible pas que les ados, mais aussi les jeunes adultes, donc étudiants. Ensuite, étant rémunéré au pourcentage du prix de vente, c’est sur qu’un gros prix est mieux pour l’auteur et l’illustrateur. Enfin, si on n’a pas envie de regarder très loin. Si j’étais auteur, je préférerais être voir mes œuvres lues largement, quitte à toucher moins pour un seul livre. D’ailleurs, au final, je serais gagnante, parce qu’un petit chiffre multiplié par un grand nombre d’ouvrages, ça peut faire plus qu’un gros chiffre multiplié par un petit nombre d’ouvrages.

Heureusement que ce projet c’est du fictif.

Reste la question du prix des livres numériques. Pas la peine de rappeler que certains éditeurs vendent leurs e-books plus chers que les formats poche… Même Bragelonne (dont on pourrait croire qu’ils ont compris l’intérêt de vendre à bas prix, vu la fréquence de leurs promos) vend d’abord au prix fort, puis baisse quand il sort chez Milady. Exemple : j’attends toujours la sortie du tome 5 de Succubus en poche. Les tomes 1, 2, 3 et 4 valent tous 8€ en poche et 4,99€ en e-book. Le cinquième e-book est vendu 12,99€…

Lors du Salon du livre, une fabricante d’une grande maison intervenait sur le stand du SNE à propos du prix des e-books. Elle soulignait le fait qu’actuellement, les éditeurs cherchaient encore à savoir combien les gens étaient prêts à mettre dans un livre numérique. Puis elle a évoqué la possibilité de vendre la version numérique en même temps que le livre papier, pour un prix moindre – mais pas gratuit, parce qu’il y a quand même un travail de création à rémunérer derrière. C’est une piste que j’avais tenté d’explorer dans mon projet, en insérant dans le livre un marque-page invitant l’acheteur à se rendre sur une librairie en ligne, et à entrer un code promo qui aurait permis d’acheter le e-book pour 1€. Cette idée est lamentablement tombée à l’eau puisqu’apparemment, je n’aurais ‘pas la moindre chance’ de rentrer dans mes frais… Pour ce projet-là, c’est certain. Mais je suis certaine que si les gros éditeurs pourraient le faire. Encore faudrait-il qu’ils le veuillent réellement. Quand on voit que c’est eux qui vendent le plus cher leurs e-books, on se dit que c’est pas gagné…

Les liseuses vont souffrir !

Faites chauffer vos Kindle et vos Kobo, parce qu’ils risquent de prendre un sacré coup. ActuaLitté relaye l’info : le premier avril, a l’occasion du 100 000ème e-book vendu, Bragelonne lance « l’opération 100k ». Non, il ne s’agit pas d’aller affronter un monstrueux boss qui aurait pris l’apparence d’un livre. Quoique… En vérité, pendant 24 petites heures, l’éditeur  offrira 100 titre numériques pour seulement 99 centimes !

Et pour ceux qui sont spécialiste des soldes IRL, vous pouvez même faire du repérage de titre ici. Mais n’oubliez pas, en numérique, les stocks ne sont pas limités, alors inutile de mordre votre petit copain parce qu’il essaie de vous arracher à l’ordi 😉