Hé ! Mademoiselle !

madmoiselleHé ! Mademoiselle !
par Yatuu

Éditeur : Delcourt
ISBN : 978-2-756-05233-5
Prix public : 14.95 €

Présentation éditeur :

« Hé ! Mademoiselle ! T’es charmante. Tu m’donne ton 06 ? »

Version sort ou trash, tout y passe. La drague de rue : un phénomène de société dont les femmes se passeraient bien ! Cet album vous dira tout – avec humour – sur ceux qui la pratiquent… et celles qui la subissent, l’esquissent, voir y répliquent !

Mon avis :

En voyant ce nouvel album de Yatuu en librairie, je n’ai pas pu résister. En effet, j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier l’humour et le trait de crayon de cette artiste à travers Moi, 20 ans, diplômée, motivée… exploitée ! et Génération mal-logée.

Yatuu revient donc avec un nouvel album traitant d’un sujet sur lequel mon côté féministe est assez sensible : le harcèlement de rue. Vous savez ce truc qui fait qu’on hésite à mettre une jupe ou un sort par crainte d’une réflexion (parce que c’est bien connu, si on met une jupe en été, c’est pas parce qu’il fait chaud, mais parce qu’on veut se faire b… bref !)

A travers ses planches, Yatuu nous présente de nombreuses situation de harcèlement de rue dans lesquelles beaucoup de femmes pourront se reconnaitre. Cela va des propositions obscènes (avec insultes à la clé en cas de refus) à  la main mises « innocemment » aux fesses dans le métro.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, ce sont toutes les stratégies pleines d’humour et parfois de dérision, développées par les différentes héroïnes pour repousser tous ces relous.

Par contre, j’ai regretté que l’artiste s’attarde autant sur les relous « kaïra/bourrés/etc. » et assez peu sur les relous « ordinaires ». Parce que bon, malheureusement, les réflexions injurieuses et les invitations obscènes peuvent aussi venir d’hommes cultivés et propre sur eux… Et c’est pas toujours beaucoup plus subtil…

En bref

Un album à mettre entre toutes les mains, aussi bien féminines que masculines – car comme le dit l’artiste à la fin, l’apprentissage du respect promet d’être longue et difficile.

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Pour l’honneur des Mérina

honneur-merinaPour l’honneur des Mérina
par Alex Evans

Éditeur : Voy’El (Collection E-court)
ISBN : 978-2-364-75219-1
Prix public : 1.49 €

Présentation éditeur :

Améyo, fille d’une famille de riches marchands tombée dans la misère, vivote entre une belle-mère alcoolique et deux belles-sœurs. Criblées de dettes, leur jugement tombe : elles doivent tout rembourser dans trois jours, ou bien elles seront vendues comme esclaves.

En désespoir de cause, la jeune fille décide d’invoquer le fantôme de son grand-père. Il pourra peut-être lui dire où se trouve la pieuvre des Mérina. Ce joyau perdu de la famille leur permettrait de payer tous leurs créanciers.

Sauf que ce n’est pas le bon grand-père qui apparaît…

Mon avis :

Tout d’abord, je remercie les éditions Voy’El pour cette belle découverte. Je serai sans doute passé à côté de cette lecture pour de nombreuses raisons, et ça aurait été bien dommage.

Parmi ces raisons, il y a la présentation « jeunesse ». Après lecture, il m’a semblé que cette nouvelle s’adressait à un public très varié, de tout âges. Un peu comme les contes : on pense que c’est pour les enfants, mais une relecture à l’âge adulte nous permet de nous rendre compte qu’il y a plusieurs degrés de compréhension, des éléments qui nous poussent à réfléchir.

Dans L’honneur des Mélina, la réflexion première porte sur l’importance de l’honneur familial – Mélina étant le nom de famille de l’héroïne. Il y a également tout un questionnement autour de l’identité que j’ai trouvé vraiment intéressant.

Alex Evans nous amène dans un monde de Fantasy parfaitement bien maitrisé. (Je ne serai pas surprise d’apprendre que l’auteur a développé son univers par le biais d’autres histoires.) Les mentalités y sont quelque peu rétrogrades (esclavage, polygamie, mariages arrangés…), mais cela est contre-balancé par une héroïne forte et combative.

Améyo Mérina a seize ans. Elle travaille dur pour rembourser une vieille dette familiale. Mais tout s’accélère lorsque les huissiers débarquent, annonçant que si la famille ne paye pas, leurs biens seront saisis et les trois filles amenées comme esclaves. Le dernier espoir de la famille réside en un bijou perdu depuis longtemps…

Si vous aimez la Fantasy, vous en retrouverez tous les ingrédients : une prédiction aux allures de prophétie, une quête à priori désespérée et une héroïne déterminée, mais sans pour autant tomber dans le cliché barbant. Le tout servi dans un style léger, judicieusement parsemé d’une pointe d’humour – juste ce qu’il faut. Un vrai régal !

En résumé

A découvrir 😉

Doctor Who – Les Voleurs de Rêves

doctor0Doctor WhoLes Voleurs de Rêves
de Steve Lyons

Éditeur : Milady
ISBN : 978-2-81120-874-5
Prix public : 7 €

Présentation éditeur :

Dans un futur lointain, le Docteur, Rose et le capitaine Jack arrivent au beau milieu d’un monde où la fiction est prohibée. Même mentir et rêver sont désormais des crimes punis par la loi. Mais une chaîne de télévision clandestine appelle la population à l’insurrection…
Le Docteur souhaite évidemment apporter son soutien à ce soulèvement, jusqu’au moment où, confronté au personnel d’un asile psychiatrique et à un dément hanté par des monstres imaginaires, il devra bien admettre que tout rêve peut s’avérer dangereux.
Mais pas autant que la vérité elle-même…

Mon avis :

Suite au tapage médiatique qu’il y a eu à l’occasion des 50 ans de Doctor Who, j’ai craqué et commencé à regarder la série. Ce fut tout de suite un gros coup de cœur et, après avoir visionné au minimum trois fois chaque épisode, je me suis lancée dans les livres.

Je ne souhaitais pas faire de chroniques pour chacun d’entre eux ; ils sont globalement très inégaux en ce qui concerne la trame, le style, ou par rapport à mes attentes personnelles. Mais celui-là, je ne pouvais pas ne pas en parler !

Première chose à savoir, concernant les livres, c’est qu’il existe en VO de nombreux tomes adaptés de la nouvelle série et mettant en scène les Docteurs Neuf, Dix et Onze. Or, Milady n’a traduit et publié principalement que ceux qui ont pour héros le onzième Docteur. Les Voleurs de Rêves est donc une exception puisque nous sommes ici avec le neuvième Docteur. Et quand on connait l’attachement de Bragelonne à l’univers Geek et Jeux de Rôles, on comprend les raisons de cette publication. Ils ont voulu se faire plaisir, et c’est réussi !

Chronologiquement, nous sommes à la fin de la saison 2, après Le Docteur danse, mais avant Le Grand Méchant Loup . Le Docteur et ses compagnons, Rose et Jack Hartness, arrivent sur une planète où l’imagination est prohibée. Et gare à ceux qui essayent de transgresser l’interdiction ! Mais la population, à bout de nerfs, menace de se révolter.

Ce roman est une ode aux récits de l’Imaginaire. Plus qu’un simple divertissement, il nous pousse à réfléchir sur notre rapport à la créativité et aux rêves, à l’heure où la culture geek et la SFFF restent relativement marginalisée et mal perçues.

En tant que fan d’Imaginaire, ce récit m’a donc particulièrement touché, car de tous les Doctor Who que j’ai lus jusqu’à maintenant, c’est le seul qui pose véritablement les bases d’un questionnement philosophique et idéologique. De plus, bien que l’histoire se déroule au sein d’une colonie humaine dans un futur relativement lointain, j’ai adoré tous les petits clins d’œils à notre culture contemporaine : les références à Shakespeare, à Harry Potter (les deux ensemble m’ont fortement fait pensé à l’épisode Peines d’amour gagnées !), la présence de fanzineux et de rôlistes…

Concernant l’histoire, j’ai apprécié le fait que, contrairement à certains épisodes de la série (notamment ceux de Matt Smith), elle reste assez plausible, et surtout qu’elle ne parte pas dans quelque chose d’abracadabrant ni de spectaculaire. Le tout est bien écrit, et l’auteur a su parfaitement mettre à profit le support écrit : là où d’autres romans de Doctor Who se contentent de rester très « visuels », l’auteur parvient à nous transmettre sans difficulté les émotions et les pensées des personnages.

En résumé

Ce roman fut un véritable coup de cœur que je conseille à tous les amoureux du Docteur. A noter qu’il n’est pas nécessaire de connaitre les épisodes de la série pour comprendre l’histoire et plonger dans le récit.

Au service des Insectes

auserviceinsectesAu service des Insectes
de Cindy Van Wilder

Éditeur : Voy’[el]
ISBN : 978-2-36475-185-9
Prix public : 0.99 €

Présentation éditeur :

La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les  Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?

Mon avis :

Dans un univers post-apocalyptique où les Insectes (de gros insectes !) ont vaincus les Hommes, Bess tente de trouver sa place. Grâce à une écriture légère et efficace, nous plongeons dès les première lignes au cœur de la vie de cette jeune femme, devenue nourrice. Aidée de Marge et Jeannie, elle entretient les larves des Insectes, les nourris et les bichonne avec le plus grand soin.

Bess et ses deux coéquipière m’ont tout de suite parue attachante, ce qui m’a d’autant plus attristé lorsqu’est survenu le drame. Ne vous y trompez pas, cette nouvelle est avant tout un récit d’action !

J’ai trouvé le monde dans lequel l’héroïne évolue fascinant : nous n’en savons finalement pas beaucoup, mais c’est bien suffisant pour attiser notre curiosité. D’ailleurs, j’ai personnellement été très frustrée sur la fin : l’auteur nous apporte un début de réponse quant au questionnement de Bess, tout en restant très vague. Est-ce qu’il s’agit là qu’une ouverture pour un récit plus développé ? Est-ce simplement pour laisser au lecteur le choix de décider ?

Je ne peux malheureusement développer davantage de peur de gâcher le plaisir de la lecture si jamais vous souhaitez vous lancer. Mais sachez que grâce à ce récit, j’ai passé un très bon moment de lecture. Merci aux éditions Voy'[el] pour cette belle découverte!

En résumé

Un récit d’action court mais passionnant, dans lequel on plonge très vite. A découvrir !

L’ouroboros d’argent

ouroborosL’Ouroboros d’Argent
d’Ophélie Burneau

Éditeur : Editions du Chat Noir
ISBN : 979-10-90627-18-5
Prix public : 17.90 €

Présentation éditeur :

Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd’hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage.
Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd’hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l’objet responsable d’une vieille malédiction.
À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n’hésitera pas à détruire la vie d’Axel s’il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l’aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l’Ouroboros d’argent. L’artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?

Mon avis :

En acceptant de rendre service à son chef de meute, Axel était loin de se douter dans quel pétrin il allait se fourrer. Sa mission : aller chercher, puis ramener à Nantes l’héritage d’un vieux loup défunt. Le problème : Célia, de la meute Dijonnaise, est persuadé que parmi les objets emportés par Axel se trouvent une ceinture en forme d’Ouroboros, qui serait à l’origine de la malédiction subie par son grand-père. Entrainant Claudio et Capucine avec elle, Célia est prête à tout pour mettre la main sur l’objet.

L’auteur nous entraine à travers le Massif Central grâce à une plume légère et une intrigue bien ficelée. Plonger dans ce livre a été pour moi un vrai régal, mais néanmoins, petit à petit, certains éléments sont venus gâcher mon plaisir.

Commençons par le positif : les personnages et le contexte. Une histoire sur les loups-garous, ça n’a rien de très original en soi. Mais l’auteur nous présente sa propre vision sur l’origine de la lycanthropie, mélange de magie lunaire et de génétique. Quant aux personnages, ils sont globalement bien construits (surtout Célia) et certains sont attachant (notamment Julie et Capucine)

Concernant les points qui m’ont déplus : les personnages ont beau être intéressant, il y en a beaucoup, et le fait qu’on change régulièrement de point de vue pour passer de l’un à l’autre casse énormément le rythme. Souvent, le changement de point de vue implique un retour en arrière dans la chronologie pour expliquer ce qu’il s’est passé ailleurs « pendant ce temps là ». Résultat, quand Julie débarque à la pharmacie, je me suis dis « non mais c’est dimanche, elle devrait être fermée ! » Non, on était encore dans la journée du samedi, c’est simplement qu’avec tous ces retours en arrière, j’ai complètement perdu le fil.

Et quitte à ce qu’on assiste à ce qu’il se passe un peu partout, j’aurai aimé qu’on voit le grand-père à la fin. Parce que bon, je veux bien qu’un « certain évènement » vienne éclipser le reste mais… (Là, je suis frustrée, parce qu’encore une fois, j’oublie que je suis dans une chronique, pas dans une critique, et je ne peux pas expliquer ce qui me chagrine vraiment sans faire de spoilers.)

Enfin, dernier point : mais QUI es Julie ? Est-ce que ce flou est fait exprès, genre « dénouement fantastique » : une explication rationnelle et une explication surnaturelle ? Est-ce que c’est censé ouvrir une suite ?

En résumé

Une histoire agréable à lire, à laquelle j’ai bien accroché au début, mais qui m’a petit à petit perdu à cause de sa construction générale et de sa fin qui m’a paru trop rapide.

Si vous n’avez pas peur des retours en arrière et des changements constants de points de vue, je vous le conseille quand même. Et puis, il ne faut pas oublier qu’en achetant ce livre, vous aidez l’association Handi’Cats !

Les Vagues de Clamatlice suivi de […]

Clamatlice

Les Vagues de Clamatlice suivi de Saison de pluie sur Clamatlice
de Vanessa Terral

Éditeur : Voy'[el]
ISBN : 978-2-36475-184-2
Prix public : 0.99 €

Présentation éditeur :

Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Mon avis :

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Voy’[el] pour m’avoir permis cette belle découverte. J’ai plusieurs fois eu l’occasion de lire des textes de Vanessa Terral (tel que L’Aube de la Guerrière et quelques nouvelles), et je n’ai jamais été déçue. Pourtant, ce recueil-là ne m’attirait pas franchement, à cause de sa classification SF. Et bien ! Si vous non plus vous n’aimez pas spécialement la SF, ne vous laissez pas avoir par « l’emballage », parce que ça en vaut la peine !

Ce recueil, composé de deux courtes nouvelles, nous amène sur Clamatlice, une planète merveilleuse où les humains vivent en harmonie avec les animaux et les plantes. Car sur Clamatlice, la faune et la flore ont leur propre conscience…

Les Vagues de Clamatlice est un récit initiatique dans lequel nous suivons Noota, un surfeur parti de la Terre à la conquête des indomptables rouleaux de cette fabuleuse planète.
Dans Saison de pluie sur Clamatlice, nous marchons aux côtés de Luccine, une petite fille douce et sensible, qui est victime de la méchanceté de ses camarades.

Si je devais résumer ces deux histoires en un seul mot : poésie. Puisque nous sommes face à des nouvelles, il ne faut pas s’attendre à des récits d’aventures hauts en couleur. En revanche, l’auteur met à profit le format court pour nous dépeindre cette planète aux mille pensées de manière presque vivante. Et cela ne s’arrête pas au décor : Noota nous donne l’impression d’un vrai surfeur tandis que Luccine nous transmet sa toute détresse lorsqu’elle s’empare du caillou (un moment qui m’a vraiment bouleversé).

Il n’y a qu’une seule chose que je trouve dommage ; que l’univers que nous avons devant les yeux ne soit qu’à peine effleuré et que l’auteur n’entre pas plus dans certains détails – la rivalité qu’il semble y avoir entre les deux clans de surfeurs, par exemple. Cela ne restera cependant qu’un demi-regret puisqu’en fin d’ouvrage, Vanessa Terral prend une initiative que je trouve vraiment admirable et que je salue bien bas en tant qu’ancienne fanfictionneuse : elle laisse son univers aux mains de ses lecteurs pour que nous puissions laisser libre court à notre imagination.

En résumé

Ces deux nouvelles nous plongent dans un univers au grand potentiel, décrit avec beaucoup de poésie. Nous y découvrons des personnages forts et touchants dans leur recherche d’identité. Ces récits plairont à tous les amoureux de l’Imaginaire.

Anges d’Apocalypse 1

tourmentAnges d’Apocalypse 1 – Le Tourment des Aurores
de Stéphane Soutoul

Éditeur : Rebelle
ISBN : 978-2-365338-031-7
Prix public : 19.90 €

Présentation éditeur :

Deux corps pour une seule âme. Impossible selon vous ?
C’est pourtant le fardeau que j’endure suite à la malédiction lancée par un sorcier. Tout ça parce que j’ai eu le cran de refuser ses avances. Pour la peine, je l’ai tué, mais en attendant quelle plaie ! La nuit, je suis Famine, l’un des quatre cavaliers de l’apocalypse, et ex-meurtrière qui s’est reconvertie dans la profession de garde du corps. Et lorsque vient le jour, je me trouve coincée avec l’identité de Samantha, une lycéenne des plus ordinaires.
Comme si je n’avais pas déjà suffisamment d’ennuis avec deux vies à mener de front, la Cour des sorciers de Toronto vient de me confier la protection de son lord. Il faut dire que certains de ses dissidents se sont mis en tête de le supprimer. Cette fois-ci, je n’ai pas le droit à l’erreur, même si mon côté humain a choisi le mauvais moment pour s’enticher d’un étrange garçon, le genre craquant, mais véritable nid à problèmes…
Je vous le dis : pas facile de gérer deux existences à la fois !

Mon avis :

Le Tourment des Aurores est le troisième texte que je lis de l’auteur. Les deux précédents étaient des nouvelles. Celle qu’il a signée dans le Lamento des Ombres avait été pour moi un pur coup de cœur. Celle de Saisons païennes une très grosse déception car ce n’était finalement qu’un PWP (1) Si je ne m’étais pas accordé deux jours de digestion, j’aurai clairement placé ce premier tome entre les deux : ni bon, ni mauvais, juste moyen.

Anges d’Apocalypse est un roman de Bit-Lit dans le sens le plus pur. Tous les codes du genre sont présents : un décor d’Urban Fantasy avec plein de créatures nocturnes comme on les aime, une héroïne qui sait se battre, ne mâche pas ses mots et n’est pas censée faire partie des gentils même si on s’attache à elle, une situation délicate qui vire à la catastrophe…

Le principal point qui fait que le roman se démarque de tous les autres ouvrages de Bit-Lit que j’ai lu, c’est justement l’héroïne, qui n’est autre que Famine, un Cavalier(ère?) de l’Apocalypse. De surcroît, elle subit une malédiction qui l’enferme dans corps d’une adolescente le jour.

Ce dernier point m’avait laissé plutôt sceptique au début, d’autant que ça me rappelait très fortement le slogan du film Hanna Montana : « Lycéenne le jour, rockstar la nuit. » Bref, je craignais un résultat kikoololesque, mais il n’en est rien. Bon, certes, je me suis plutôt ennuyée dès que Samantha, l’autre identité de Syldia-Famine, faisait son apparition. Mais étant donné que je me suis ennuyée sur les trois quarts du livre, on ne peut pas dire que ce soit représentatif. L’histoire de Sam n’est pas sans intérêt puisqu’elle aura son importance sur la fin.

Pourquoi dis-je que je me suis ennuyée ? Un point que je reproche souvent aux romans de Bit-Lit, c’est de manquer d’explication sur leur univers. C’est un travers dans lequel ne tombe pas Anges d’Apocalypse : l’auteur prend le temps de nous décrire la ville de Toronto, de nous parler du passé des quatre sœurs… Par contre, on tombe dans l’excès totalement inverse : trop de développement, trop de bla-bla. Au début, certains faits nous sont rappelés minimum deux fois, et le pire, c’est Syldia, dont la moindre prise de parole est aussitôt justifiée par ses pensées, au cas où on ne serait pas capable de cerner le personnage par nous-même. Non seulement j’avais envie de lui hurler de se taire, mais en plus, je me suis sentie frustrée, parce que j’avais l’impression que l’auteur me privait de mon droit, en tant que lectrice, à me faire ma propre idée du personnage, mes propres théories vis à vis de ses réactions. Entre les univers sous-développés et le trop-plein d’explication, j’aime quand même garder une certaine liberté d’imagination. À côté de ça, c’est l’auteur ne s’attarde pas sur les autres personnages, de sorte qu’ils paraissent oubliés (à la limite, on pourrait mettre ça sur le compte du nombrilisme de Syldia, mais bon…)

Le résultat de tout ce bla-bla, c’est qu’à la 150ème page, Syldia n’a toujours pas commencé sa mission à un demi-million de dollars, et que l’action ne démarre vraiment qu’à la 300ème page.

Néamoins, je ne regrette pas de m’être forcée à continuer jusqu’au bout. Finalement, malgré tous les reproches que je peux faire au livre, l’étincelle est là. Ce n’est pas un livre que j’ai lu, et oublié aussitôt refermé. C’est un livre qui continue à me travailler, un livre dont j’aurai aimé discuter avec d’autres personnes qui l’ont lu, pour connaître leur avis, confronter nos points de vue. J’en imagine déjà la suite, trop curieuse pour attendre.

En résumé :

Un roman de Bit-Lit qui a indéniablement des qualités, à commencer par son originalité. Syldia est pour moi développé à l’excès, mais d’autres apprécieront certainement le travail effectué autour de ce personnage auquel on s’attache vite, en fin de compte. Si ce livre vous tentes, n’hésitez pas !

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(1) PWP : « Plot ? What Plot ? », ou « Porn Without Plot ». Terme à la base employé dans le monde des fanfictions. Il s’agit des textes qui ont pour seul but de détailler de manière explicite une partie de jambes en l’air, sans scénario derrière ou très peu.

Le rêve du prunellier

prunellierLe Rêve du Prunellier
de Rozenn Illiano

Éditeur : Unseelie (auto-édition)
ISBN : 978-2-9544127-1-9
Prix public : 15 €

Quatrième de couverture :

Entends le chant des trains, et les cris d’une Reine des Neiges en furie, et le bruissement des arbres hybrides. Écoute les prières fiévreuses d’une dame d’hiver en péril, l’écho d’un bec de corneille qui cogne à la fenêtre, le bruit sourd d’un corps chutant d’un gratte-ciel. Écoute le silence des mondes qui s’entrechoquent, et le vacarme d’une graine qui grandit, bien cachée sous le bitume…

Mon avis :

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de Rozen Illiano grâce aux magnifiques couvertures de romans qu’elle a réalisé, à ses illustrations personnelles ou encore, grâce à sa boutique de bijoux féériques. Dans ce cas, vous avez forcément remarqué qu’il se dégage quelque chose de particulier de ses créations : de la douceur, de la mélancolie…

A travers les huit nouvelles regroupées dans ce recueil, nous retrouvons parfaitement l’univers si particulier de Rozenn. Les histoires nous mènent à travers diverses mondes fantastiques et féériques, dans une atmosphère souvent hivernale et mélancolique. Le tout est manié avec une plume très sensorielle, pleine de poésie.

Les textes peuvent paraitre très différents les uns des autres, mais on se rend compte petit à petit qu’ils ne sont pas sans liens. C’est là que le titre prendra tout son sens.

Comme pour chaque recueil ou anthologie que j’ai lu, je ne peux pas dire que j’ai aimé absolument tous les textes. Mais au moins une grande partie. J’ai d’ailleurs eu deux gros coups de cœur pour La forêt d’Adria et Poe. Je regrette que les histoires m’aient paru si courtes, car prise dans mon élan, j’aurai bien voulu faire rester un peu plus longtemps dans cet univers.

Je ferai quand même deux tout petits reproches. Tout d’abord, sur les noms des personnages qui passent du français à l’anglais entre D’hiver et d’ombres et Blackthorn. Personnellement, j’ai une préférence pour la version française qui, à mon sens, montre davantage combien les Ombres sont « ce qu’elles sont ». Quoiqu’il en soit, dans un sens ou dans l’autre, il faut garder une cohérence. Second point, l’interlignage choisi pour la maquette m’a paru trop important. C’est peut-être une question de goût, mais je trouve que cela donne l’impression négative de vouloir combler un vide.

En résumé

Des nouvelles poétiques qui nous plongent dans un univers riche et fascinant. A lire absolument !

D’autres chroniques

AcrOLaureduMiroir

Intuitions – Tomes 1 & 2

Intuitions – Tomes 1 & 2
de Rachel Ward

Éditeur : Michel Lafon
ISBN : 978-2-7499-1423-7 / 1228-7
Prix public : 15.95 € chacun.

Présentation de l’éditeur :

intuitions1Depuis son plus jeune âge, Jem voit des nombres flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle en comprend la signification : il s’agit de la date de leur mort. Ce don maudit la pousse à se couper du monde. Jusqu’au jour où elle rencontre Spider…

Alors qu’ils partent ensemble à la grande roue de Londres, un phénomène étrange se produit : pourquoi tous les passants ont-ils le même nombre au-dessus de la tête ? Pris de panique, Jem et son ami prennent la fuite.

Ils seront les seuls survivants de l’attentat qui va suivre, mais aussi les seuls suspects traqués par la police une fois leur identité révélée par les caméras de surveillance.

Mais comment Jem peut-elle expliquer au commun des mortels les raisons de sa fugue, et surtout, comment ignorer la terrible vérité qu’elle peut lire en Spider ?

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intuitions2Depuis son plus jeune âge, Jem voit des nombres flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle en comprend la signification : il s’agit de la date de leur mort. Et bientôt, elle découvre que son fils Adam possède, lui aussi, le terrible don…

Angleterre, 2026. À la mort de Jem, Adam a été élevé par Nana, sa grand-mère. De retour à Londres, il fait la connaissance de Sarah, une jeune femme qui le voit depuis plusieurs mois dans ses rêves. Mais un phénomène troublant va venir bouleverser leur existence. Tout le monde arbore soudain le même nombre : 01012027.

Déclaration de guerre, accident nucléaire, virus foudroyant ? Sarah et Adam savent qu’un effroyable événement est sur le point de se produire. Et ils n’ont que quelques mois pour changer le cours du destin…

Mon avis :

Quand j’ai lu le résumé du premier tome, je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à la vieille bande annonce d’un film apocalyptique, dans laquelle la mort des gens étaient annoncée par un chiffre flottant au-dessus de leur tête. Impossible de remettre un nom sur le film en question, mais niveau originalité, déjà, ça partait très mal à mes yeux. Néanmoins, j’ai quand même eu envie de tenter la lecture, et là, ce fut une agréable surprise.

Contrairement à ce qui est annoncé par « l’emballage » (le résumé, tous ces chiffres sur la couverture, et même en décoration à l’intérieur du livre), le fait que Jem puisse voir la date de mort des gens reste très secondaire. Ce que raconte ce premier tome, ce n’est pas l’histoire d’une catastrophe, c’est celle de deux ados en cavale. J’ai donc été agréablement surprise, d’autant que Jem est une héroïne à l’histoire intéressante. Et surtout, la fin n’est pas si évidente que cela.

Le second tome est tout l’inverse. Nouvelle époque, nouveaux héros ; nous nous retrouvons 15 ans plus tard à suivre le fils de Jem qui a hérité de son terrible don.

Je suis sans doute mauvaise langue, étant donné que la plupart des chroniques préfèrent ce tome-ci au premier. Mais en ce qui me concerne, j’ai le sentiment que l’auteur a cherché à « rattraper » quelque chose, comme si elle avait l’impression de s’être plantée avec le tome 1 et qu’elle cherchait à séduire le public en tombant dans tous les travers possible. Ou peut-être qu’elle cherche juste à exploiter un filon. (L’absence de sous-titre au tome 1 peut laisser penser qu’il devait s’agir d’un one-shot à la base)

Pour commencer, je n’ai pas apprécié le changement d’époque. Nous nous retrouvons en 2026, sans savoir ce qui a changé par rapport à l’époque de Jem – à notre époque. Tout ce qu’on sait, c’est que la société ne s’est pas arrangée et que le régime en place a l’air plus dur. Alors bien sûr, comme on ne voit le monde qu’à travers deux ados qui ont lâché l’école, et qui ne sont donc pas très cultivés niveau Histoire, mais cette absence de backgound laisse un sérieux vide.

Ensuite, je n’ai pas aimé le personnage de Sarah, dont le comportement et le caractère m’ont rappelé Jem en nettement plus fade et Adam m’a laissé complètement froide. Seule Val, déjà présente dans le premier tome, reste un personnage intéressant.

Enfin, nous tombons dans le cliché de l’Apocalypse annoncée, contre laquelle les héros lutterons tant bien que mal. A la limite, cette énième reprise aurait pu très bien passer si elle avait été un peu mieux maitrisée. Parce que je ne sais pas, mais moi, j’ai toujours entendu dire que dans un incendie le plus mortel, ce ne sont pas les flammes, c’est la fumée – d’où l’importance de se couvrir le visage et de se baisser, comme le répètent de nombreux secouristes. Du coup, quand on voit la fin, on se dit qu’il y a comme un soucis.

En résumé :

Deux tomes très différents l’un de l’autre, dont il est certain qu’ils ne peuvent être appréciés de la même manière. La préférence ira sans conteste au tome qui correspond le mieux à nos attentes – et en ce qui me concerne, c’est donc le premier.

A noter qu’il existe un troisième tome, qui annonce une histoire bien différente encore.

Addict

addictAddict
de Jeanne Ryan

Éditeur : Robert Laffont – Collection R
ISBN : 978-2-2211-3410-8
Prix public : 16.90 €

Présentation de l’éditeur :

Un jeu sans règle ni pitié. Qu’êtes-vous prêt à perdre pour gagner ? Vee, dix-sept ans, est sous l’étroite surveillance de ses parents depuis qu’ils l’ont retrouvée quelques mois auparavant endormie au volant de la voiture familiale, dans le garage, moteur allumé. Elle a beau plaider l’accident et non la tentative de suicide, elle n’a pas le droit de sortir sauf pour jouer son rôle de maquilleuse-costumière dans la production théâtrale du lycée. Un soir, elle décide de relever l’un des défis proposés par ADDICT, jeu trash de télé réalité diffusé sur le Net qui promet des cadeaux somptueux contre des paris toujours plus pervers. Mais voilà qu’elle est sélectionnée, à sa grande surprise. Pour se sentir enfin vivante, Vee va alors accepter des défis de plus en plus malsains… Jusqu’à quelle dose d’adrénaline pourra-t-elle survivre ?

Mon avis :

Addict nous plonge dans l’univers de Vee, une jeune fille de 17 ans passionnée de théâtre et de mode. Notre héroïne est présentée comme une personne intelligente, un peu timide et dévouée à ses amis. Un jour elle décide de relever l’un des défis d’Addict, le nouveau jeu qui fait sensation auprès des adolescents. Plusieurs raisons l’y poussent : la sensation d’être toujours dans l’ombre, le désir d’attirer l’attention du crétin arrogant dont elle pense être amoureuse… Se prouver qu’elle peut le faire, tout simplement. Et puis, finalement, ce n’était pas si terrible… alors pourquoi ne pas continuer ? D’autant plus que les lots proposés par le jeu sont franchement alléchants. Mais voilà, au fur et à mesure les défis deviennent de plus en plus pénibles.

Même si au premier abord Vee m’a paru attachante, j’ai eu envie de lui coller des claques lorsqu’elle acceptait de nouveaux défis. Et pourtant, elle a beau se comporter comme une véritable idiote, je ne parvenais pas à la détester. Il y a quelque chose dans ce personnage et dans sa manière d’agir qui m’intriguait, me fascinait. Ce n’est que ce matin, deux jours après avoir posé le livre que j’ai réalisé pourquoi : Vee est un personnage terriblement réaliste et crédible dans ses réactions. Quand j’étais ado, j’ai trop bien connu ce désir de faire des bêtises, poussée par le groupe, avec l’espoir « d’exister ».

C’est facile de se dire, parce qu’on est devenu adulte, ou parce qu’on est un lecteur bien au chaud dans notre fauteuil « Non mais franchement, elle est vraiment trop idiote, moi j’aurai pas fait ça ! ». Il n’empêche qu’on a tous été adolescent un jour, et que Vee, ça aurait pu être nous.

Plus saisissant encore, le jeu en lui-même, Addict. Quand la « télé-réalité » a commencé à se développer à partir de 2001, devenant de plus en plus trash pour satisfaire un public toujours plus exigent, cela a amené une question : jusqu’où pourrions nous aller ? Je me souviens que nous en avions longuement débattue en cours de Culture G il y a deux ans, et nous en étions arrivés à la conclusion que finalement, tant que les personnes sont consentantes, peut-on les juger ? Addict aura eu le mérite de m’apporter une vision nouvelle, car si Vee est en effet consentante, elle est aussi victime. Victime de la perversité du public, victime de l’argent facile. Et victime du je-m’en-foutisme général, car tout le monde est convaincu que tout est scénarisé, sous contrôle.

La fin m’aura laissée dubitative. Je trouve intéressant que tout ne soit pas si facile, mais le revirement final m’a vraiment paru too-much. De même, en arrivant aux dernières pages, je me suis demandé à quoi rimait l’introduction, finalement ? A rien, on aurait tout aussi bien pu s’en passer.

Autre point que j’ai trouvé dommage : le fait que les parents sont totalement relégués au second plan. L’histoire de l’accident de Vee a une place importante dans le roman, et cela a entrainé un problème de confiance entre elle et ses parents. Du coup, je m’attendais à une confrontation, au moins sur la fin, mais c’est tout juste si l’auteur en parle sur un paragraphe. Et pour dire quoi ? « Notre fille a fait la plus grosse bêtise de sa vie, elle a faillit y rester, mais on a vu qu’elle n’était pas suicidaire, alors on décide de lui refaire confiance. » Bien sûûûûûr ! Et la marmotte…

Enfin, dernier commentaire sur la traduction. Le livre s’intitule Nerve en anglais, traduit par Addict en VF. J’imagine donc qu’en VO, le jeu doit  également s’appeler Nerve. Alors autant je trouve que le titre VF s’adapte relativement bien au livre, autant, appeler un jeu qui « joue sur les nerfs » des participants Addict, je ne saisis pas bien le rapport. Dommage.

En résumé :

Addict est un roman qui repose sur la psychologie et le réalisme. A l’exception de quelques petits détails, tout semble terriblement crédible. Le pari est donc remporté avec brio, car bien que les dérives du jeu puissent nous paraitre aberrantes, il est tout à fait possible qu’un jour la réalité prenne le pas sur la fiction. A méditer…