Meurtre à Shakespeare

lilybard1Lily Bard 1Meurtre à Shakespeare
de Charlaine Harris

Éditeur : J’ai lu
ISBN : 978-2-2900-2561-1
Prix public : 8.90 €

Présentation éditeur :

Je m’appelle Lily Bard et je mène une petite vie tranquille à Shakespeare, Arkansas, où je me suis installée pour oublier mon passé. Aujourd’hui, tout a changé. En rentrant, j’ai fait une macabre découverte : le cadavre de mon propriétaire. Après avoir paniqué et mis mes empreintes partout, je me suis éclipsée… Je n’ai plus le choix, il faut que je retrouve l’assassin avant que l’on ne vienne sortir les squelettes de mon placard…

Mon avis :

Je me souviens avoir acheté ce livre il y a à peu près un an. Je flânais dans le rayon SF/Fantasy, et la couverture, ainsi que le nom de l’auteur m’ont très vite attirés. Car si j’avais plus ou moins aimé La Communauté du sud, j’avais tout simplement adoré Les mystères de Harper Connelly, et cette nouvelle série semblait être dans la même veine.

Erreur : Lily Bard n’appartient pas au genre fantastique. C’est donc avec un sentiment d’agacement à l’encontre du libraire que j’ai laissé ce livre de côté pour finalement ne le ressortir que ce mois-ci.

Dans les premières pages, nous découvrons une héroïne fana d’auto-défense et pour le moins paranoïaque. Très vite on comprend que ce n’est pas sans raison que Lily est ainsi. Mais l’auteur ménage son effet, et nous n’apprenons rien avant un bon moment.

Malgré toute sa prudence, Lily se retrouve rapidement dans une situation très embarrassante. En effet, alors qu’elle revient d’un jogging au beau milieu de la nuit, elle aperçoit près de chez elle une silhouette trainant un gros paquet à l’aide de son propre chariot à poubelle. Curieuse et inquiète, elle attend que la personne s’en aille pour aller inspecter le contenu et découvre ainsi le corps sans vie du propriétaire de l’immeuble voisin.

Par la suite, l’héroïne nous entraine dans son quotidien de femme de ménage, et nous faisons la connaissance de nombreux personnages. L’histoire prend de l’ampleur quand quelqu’un décide de faire ressurgir le passé de Lily Bard pour l’effrayer.

Meutre à Shakespeare, c’est avant tout une histoire de secrets. Le secret du meurtre, le secret du passé de Lily, le pouvoir de faire chanter. C’est ce qui, pour moi, a donné toute sa force et son intérêt à cette histoire. Car du reste, contrairement à ce que laisse entendre le résumé, Lily n’est pas franchement active dans sa recherche de l’assassin et passe plus pour une proie/victime que pour une chasseuse/enquêtrice. Malgré ça, Charlaine Harris a su faire rebondir son histoire chaque fois qu’elle menaçait de retomber dans l’ennui, de sorte qu’on ne peut que difficilement en décrocher.

J’ai personnellement ressenti beaucoup de frustration, car chaque suspect pourrait très bien être coupable. Si parfois la solution parait évidente, de nouveaux éléments viennent systématiquement contredire nos théories si bien que, finalement, le dénouement aura été pour moi une surprise totale.

Côté personnages, à part Lily, aucun ne m’a réellement marqué. Il faut dire qu’elle seule est réellement développée, ce qui est plutôt dommage.

En résumé

Une histoire bien ficelée, centrée sur le secret, et qui sait tenir en halène d’un bout à l’autre. A découvrir !

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L’étrange pouvoir de Finley Jayne

steampunk1Steampunk Chronicles 1 – L’étrange pouvoir de Finley Jayne
de Kady Cross

Éditeur : Harlequin (Collection Darkiss)
ISBN : 978-2-2802-8588-1
Prix public : 14,10 €

Présentation éditeur :

Londres, 1897. Finley Jayne, seize ans, vit une étrange période. Depuis quelques mois, deux personnalités opposées cohabitent à l’intérieur d’elle. Un problème qui s’aggrave à mesure que son côté sombre, en pleine expansion, l’effraie et lui joue des tours. Elle ne se comprend plus, ne sait d’où lui vient cette force extraordinaire qui est en train de la transformer. Mais une nuit, elle découvre qu’elle n’est pas seule dans son cas : quelque part dans Londres, Griffin, jeune Duc de Greythorne, et ses amis, détiennent comme elle d’étranges pouvoirs… Et ils ont un projet.

Mon avis :

L’histoire se déroule à Londres, à la fin du XIXeme siècle. Finley est sur le point de se faire violer par son employeur, lorsque sa partie sombre décide de ce n’est pas acceptable et laisse Lord Félix sur le carreau après l’avoir sérieusement amoché. La jeune fille n’a d’autre choix que de s’enfuir. Au détour d’un parc, elle est renversée par Griffin, duc de Greythorne, qui la ramène chez lui pour la soigner.

Toute la première partie est consacrée à l’univers et aux personnages de Kady Cross, avec pour seule problématique, l’acceptation de Finley au sein groupe, et les histoires d’amour. Dans une seconde partie, l’intrigue qu’on attendait commence enfin à prendre forme, et la routine laisse place à un peu plus d’action. Bref, en ce qui me concerne, inutile de préciser que j’ai préféré la seconde partie à la première…

Le gros point fort de cet ouvrage, sera, pour moi, son univers, que l’auteur prend soin de nous détailler et de nous expliquer. Kady Cross ne décrit pas seulement ses machines, elle en explique également leur fonctionnement. Et on sent qu’il y a un gros travail de documentation derrière, que ce soit sur le plan historique, ou sur les règles de bienséance. Cela ne l’empêche pas néamoins de prendre un certain nombre de libertés, sur l’habillement de l’héroïne, par exemple.

La point faible que je relèverai, en revanche, restera la romance – ou plutôt les romances. Le fait qu’elle soit assez prévisible ne me dérange pas en soi : un duc richissime, une roturière modeste, on sait comment ça va se terminer. Non, ce qui m’a gêné, c’est que les deux couples que l’on retrouve dans ce roman sont montés exactement sur le même schéma, et dans les deux cas, la fille passe vraiment pour la gourde de service. Bonjour l’image de la femme…

Autre point que je n’aurai pas aimé : cette insistance sur l’importance que chaque personnage ressent à « faire partie du groupe ». « Je ne suis pas des leurs, je vais m’en aller », 5 pages plus loin « Il me souris, je suis des leurs », et encore 5 pages plus loin « Après ce que je viens d’accomplir, cette fois, je suis vraiment des leurs ! ». Oui, c’est bon, on a compris, quoi ! Surtout que quand on voit le crétinisme congénital qui caractérise l’un des personnages, je sais pas, mais moi ça me choque que les autres persistent à le considérer comme un ami…

En résumé

L’étrange pouvoir de Finley Jane vaut le détour pour son univers riche et l’ambiance très steampunk qui s’en dégage. En revanche, l’intrigue met beaucoup de temps à se mettre en place car il est nécessaire de bien poser toutes les bases, et l’action n’arrive finalement que tardivement.

D’autres chroniques

RevelineGalleane

Version Beta

BetaVersion Beta 1Version Beta
par Rachel Cohn

Éditeur : Robert Laffont (Collection R)
ISBN : 978-2-2211-2720-9
Prix public : 18,50 €

Présentation éditeur :

Née à seize ans, Elysia a été créée en laboratoire. Elle est une version BETA, un sublime modèle expérimental de clone adolescent, une parfaite coquille vide sans âme.
La mission d’Elysia : servir les habitants de Demesne, une île paradisiaque réservée aux plus grandes fortunes de la planète. Les paysages enchanteurs y ont été entièrement façonnés pour atteindre la perfection tropicale. L’air même y agit tel un euphorisant, contre lequel seuls les serviteurs de l’île sont immunisés.
Mais lorsqu elle est achetée par un couple, Elysia découvre bientôt que ce petit monde sans contraintes a corrompu les milliardaires. Et quand elle devient objet de désir, elle soupçonne que les versions BETA ne sont pas si parfaites : conçue pour être insensible, Elysia commence en effet à éprouver des émotions violentes. Colère, solitude, terreur… amour.
Si quelqu’un s’aperçoit de son défaut, elle risque pire que la mort : l’oubli de sa passion naissante pour un jeune officier…

Mon avis :

Elysia est l’un des premiers clones adolescent produit par le docteur Lusardi. Bien qu’étant une version Beta, susceptible d’avoir des Défaillances, elle est rapidement achetée par la femme du Gouverneur de l’ile, en mal d’amour depuis que sa fille est partie vivre sa vie sur le Continent. De prime abord, sa nouvelle famille l’accueille à bras ouvert et avec beaucoup d’enthousiasme. Mais ce serait oublier qu’Elysia n’est qu’un clone, un objet dont on exhibe la beauté et sur lequel on a tous les droits.

La première partie de l’ouvrage est à l’image de la vie sur Demesne. On découvre à travers les yeux de l’héroïne une ile idyllique et d’une extraordinaire beauté. On prend part avec elle aux diverses activités tandis qu’elle suit son nouveau frère : courses à pied, surf, parapente… Au bout d’un moment, j’ai commencé à m’ennuyer, mais ce n’était pas un ennui négatif qui pousse à abandonner un livre. Cet ennui-là, au contraire, était le reflet du quotidien sur Demesne : ses habitants, et notamment les adolescents, ont accès à toute sorte d’activité, mais même après avoir tenté les plus extrêmes, ils finissent toujours par se lasser. Alors ils se tournent vers d’autres sensations comme celles procurées par la drogue.

Je me suis rapidement demandée quand cette bulle allait finir par éclater. Heureusement la situation ne s’éternise pas, et nous assistons progressivement à « l’éveil » d’Elysia, sa prise de conscience, son désir de révolte face aux injustices auxquelles elle assiste ou dont elle est directement victime.

J’ai beaucoup aimé ce livre parce qu’il aborde de très nombreux thèmes : la question du clonage et de l’esclavage, bien sûr, mais aussi la drogue, les relations parents/enfants et la recherche d’identité, aussi bien à travers les personnages de Tahir que d’Elysia. Autant de sujets abordés avec habileté et qui prêtent à réflexion.

Autre point qui m’a séduite : la crédibilité de l’univers. Version Beta nous offre une dystopie qui se situe dans l’avenir proche de notre monde, sans aucun doute possible. Des lieux connus tel que Paris, ou l’Himalaya sont cités et les enjeux écologiques de notre époque y sont mentionnés : le problème de l’eau potable, de la fonte des glaces dû au réchauffement…

Petit bémol : pour le côté avancée technologique, c’est bien moins crédible. Que les Hommes puissent modeler leur environnement pour créer Demesne tel quelle est décrite, ça me parait un peu difficile mais soit. Par contre, les « colonies à l’autre bout de la galaxie » ou le clonage par le biais d’une espèce de photocopieuse géante, ça me laisse un peu plus perplexe.

En résumé

Version Beta n’aura pas su m’emporter suffisamment pour que je puisse le placer dans mes coups de cœur, mais j’en retiens tout de même beaucoup de points positifs.

L’auteur ne semble pas chercher pas à faire un « grand spectacle de révolte » comme on peut parfois trouver dans d’autres dystopies. Elle nous montre le travers de sa société en apparence idéale et, parce que son univers est historiquement rattaché au notre, il devient alors très facile d’y retrouver nos propres défauts pour mieux y réfléchir.

D’autres chroniques

GalleaneKelith

Alpha & Omega T3

Alpha & Omega 3Jeu de piste
par Patricia Briggs

Éditeur : Milady
ISBN : 978-2-8112-0834-9
Prix public : 7,10 €

Présentation éditeur :

Depuis que les loups ont révélé leur existence, c’est sur Charles, l’exécuteur du Marrok, que repose la responsabilité de discipliner les meutes des États-Unis. Bien qu’il endosse ce rôle avec stoïcisme, sa compagne, Anna, devine la violence qui le ronge de l’intérieur. Détourné provisoirement de sa fonction de bourreau, Charles devient un héros malgré lui pour aider le FBI à traquer un dangereux tueur en série. Un tortionnaire qui considère les loups-garous comme des proies de premier choix…

Mon avis :

Depuis leur coming-out, Charles, en tant que fils du Marrok, est obligé d’exécuter bien plus de loups dangereux que d’ordinaire. Toutes ces morts lui pèsent terriblement sur la conscience, mais il refuse obstinément toute aide de la part d’Anna. C’est dans ce contexte de crise sans précédent au sein du couple que débute notre histoire. Et à l’intrigue de démarrer : Bran envoie Anna aider le FBI sur une affaire de tueur en série.

Ayant lu les deux précédents tomes et la préquelle il y a longtemps, je craignais de me plonger ainsi dans ce nouvel opus sans relecture préalable. J’avais bien aimé ces premiers volumes, mais ils ne m’ont pas fait forte impression, ne me laissant que de vagues souvenirs.

Ce troisième volet m’a paru bien différent. Pour commencer, en dehors du clin d’œil aux évènements survenus dans Mercy Thompson (dont je n’ai pas encore lu le tome 6), je ne me suis jamais sentie perdue. Les personnages que nous découvrons sont nouveaux et s’il est besoin d’expliquer quelque chose, Particia Briggs prendra toujours la peine de nous faire un petit rappel. L’intrigue est propre au livre – même si la fin aura certainement des répercussions ailleurs. En un mot, ce troisième tome peut être lu indépendamment des autres – mais à titre personnel, je recommanderai quand même de connaître un minimum l’univers de Briggs si vous voulez vous lancer.

Du reste, comme on peut s’y attendre, on trouvera dans ce livre de la romance, du suspense et de l’action, le tout mélangé avec habileté pour donner un roman particulièrement additif. Les nouveaux personnages sont aussi intriguant que fascinant. Seul petit point négatif : certaines phrases m’ont parfois parues bancales ou obscures, chose que je n’avais ressentie jusqu’à maintenant en lisant Mercy Thompson ou Alpha & Omega.

Mention spéciale pour la fin qui m’aura laissée admirative, ébahie et terriblement frustrée bien qu’elle puisse paraître un peu rapide.

En résumé

Un livre qui peut se lire indépendamment grâce à une intrigue palpitante qui lui est propre. Grâce au mélange subtil de romance et d’action, il fut pour moi un véritable coup de cœur.

Le sang des anges

Chasseuse de vampires 1Le sang des anges
par Nalini Singh

Éditeur : J’ai lu
ISBN : 978-2-290-02252-8
Prix public : 8,90 €

Présentation éditeur :

« Je suis Elena Deveraux et j’ai beau être la meilleure chasseuse de vampires du moment, je ne suis pas sûre d’être à la hauteur de mon prochain job. Mon employeur étant le terrifiant Raphael, Archange à la beauté redoutable, je n’ai aucun droit à l’erreur… même si c’est mission impossible. Cette fois, ce n’est pas un simple vampire rebelle que j’ai à chasser. C’est un Archange déchu. Quand les Archanges jouent, les mortels cassent. »

Mon avis :

J’ai eu énormément de mal à me plonger dans ce livre, et ce pour deux raisons principales.

La première, c’est le non respect des règles de typo qui perturbe la fluidité de la lecture. Par exemple les phrases d’actions peuvent être inclues dans les dialogues sans retour à la ligne. La plupart du temps, il y a des parenthèses, mais d’autres fois elles passent tout bonnement à la trappe. Autre cas, les personnages mystérieux qui s’invitent dans les discussions.

Exemple page 56, avec un dialogue téléphonique entre Sara et Elena :
(Elena) – Blabla, demanda-t-elle à Sara.
(Sara) – Blabla, répondit Sara.
(Personnage mystère) – Blabla
(Elena) – Blabla, chuchota Elena […]

Et c’est comme ça régulièrement : comme l’auteur ne prend pas toujours la peine de préciser qui parle, si on essaye de s’y retrouver grâce à la règle qui veut qu’à chaque tiret ce soit une nouvelle personne qui prend la parole, on se rend vite compte que ça bugue. Alors après, imaginez ce qu’il se passe dès qu’il y a plus de deux personnes… (La corde est fournie).

La seconde raison qui m’a empêchée de me plonger pleinement dans l’univers, c’est l’absence de background. On a un univers dans lequel les anges règnent en maitres sur les humains et utilisent les vampires comme esclaves. Ok. D’accord. Et sinon, une petite explication à tout ça ? Non ? Si comme moi vous appréciez qu’un auteur explique son univers, sachez que les anges n’ont d’angéliques que le nom, et débrouillez-vous avec ça car vous n’en saurez pas plus.

Malgré tout ça, j’ai quand même finit par accrocher au bout d’un long – très long – moment grâce à l’histoire qui promet de l’action. Encore qu’en fait d’action, on en a plus à ruminer sur les histoires de fesses d’Elena que sur la chasse à l’archange déchu… Alors après, c’est une question de goûts…

En résumé

Un style qui laisse à désirer, un univers que l’on peut mettre un certain temps à assimiler, des histoires d’amour et de l’action.

Une place à prendre

Une place à prendre
Par J.K.Rowling

Editeur : Grasset
ISBN : 978-2-246-80263-1
Prix public : 24 €
Lien PriceMinister

Présentation éditeur :

Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses  maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son  lourd  fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en  proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les  fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis  et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes,  de rancoeurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui  vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence  anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

Mon avis :

Avant toute chose, je remercie Olivier et toute l’équipe de PriceMinister pour m’avoir permis de découvrir ce roman dans le cadre du match de Rentrée littéraire. Je ne vais pas mentir : sans cette opération, je n’aurai tout simplement pas tenté de lire ce nouveau Rowling. Faisant partie de cette génération ayant grandi avec Harry Potter, j’avais terriblement peur d’être déçue, d’autant plus que ce roman ne fait absolument pas partie des genres vers lesquels je me tourne en temps normal.

Ma première surprise, en tenant le livre entre les mains, a été de constater qu’en plus d’avoir conservé la couverture VO quasiment telle quelle, le titre au dos avait été laissé dans le sens anglais au lieu d’être basculé dans le sens français. Cela paraît anodin, comme ça, mais quand on entame le livre, on se dit que c’est forcément voulu. Car dès les premières pages, nous sommes plongés dans l’Angleterre campagnarde d’aujourd’hui, et ça se sent partout : le décor, les noms des personnages et des lieux (dont les jeux de mots n’ont pas été traduits, contrairement à HP) et l’intrigue politique.

Voilà, ça y est, quelques pages et je suis tombée dans le travers que j’espérais éviter : la comparaison. Et bien oui, on a beau se dire qu’on va tout faire pour oublier HP, il n’y a rien à faire. Chacun des personnages présentés est tellement mesquin, à l’affût du moindre ragot, qu’on a l’impression de se retrouver au beau d’un milieu village de Dursley, en 10 fois pire. Et encore, avec tout ce qu’on découvre sur eux au fur et à mesure qu’on avance, on se dit que finalement, les portraits du début, c’était vraiment gentil.

Que ce soit dans la vraie vie ou dans les romans, j’ai toujours détesté ce genre de personnages. Il a fallu que je me fasse violence pour ne pas abandonner le livre. Et puis, finalement, passé la centième page et les assommantes explications du conflit entre Pagford et Yarvil, j’ai commencé à m’attacher aux adolescents… Puis, quand je me suis rendu compte qu’ils n’étaient pas si bien que ça, eux non plus, je me suis aperçue que j’avais envie de continuer l’histoire malgré tout, de savoir ce qui allait se passer pour tel ou tel personnage… En refermant, j’ai eu la désagréable sensation d’avoir été, en tant que lectrice, une voyeuse, comme toutes ces commères de Pagford : avide des petites histoires de la bourgade. Il y a de quoi méditer…

Mais le pire, dans tout ça, c’est qu’aussi détestables qu’ils soient tous, JKR nous plonge dans les méandres de leurs pensées, nous dévoile tous les mécanismes de leurs agissements. Ce ne sont pas simplement des personnages plus ou moins méprisables selon les cas, non, ils sont comme de véritables êtres humains. Après, certes, il reste quand même improbable que dans une petite bourgade comme celle-là on trouve autant de cas sociaux. Entre la couguar alcoolique, l’obèse qui refuse de faire attention à sa santé, l’obsédé obsessionnel compulsif, l’arnaqueur qui bat ses fils, la junkie prostituée, l’ado qui se scarifie, sans parler des autres… ça fait quand même beaucoup !

Passons au style. Pour ceux qui ont lu Harry Potter, il faut savoir d’entrée que la VF a été nettement adoucie par rapport à la VO. Ainsi quand Ron demande « Can I see Uranus ? » cela devient « Je peux voir ta lune ? » et quand Mrs Weasley hurle : « Not my daughter, you bitch ! » le traducteur atténue ça en « Pas ma fille, garce ! ». Donc, si comme moi vous n’avez lu que les versions françaises, et que vous passez à Une place à prendre cela peut être… déstabilisant. Et pas uniquement à cause des propos orduriers que les personnages prononcent – ce n’est pas pour rien que c’est un roman adulte !

Mis à part ça, à la lecture, je ne peux pas dire que j’ai eu le sentiment d’avoir retrouvé le « style Rowling ». Il y a, dans ce nouveau roman, de longues phrases intégrant de nombreux points-virgule et le découpage du livre n’obéit pas aux règles classiques. Quant à la trame générale, je me demande encore s’il y en a véritablement une, étant donné que l’intrigue pourrait facilement se résumer en deux-trois phrases.

Note : 12/20

10 pts pour le style de l’auteur qui, objectivement, reste très bon ainsi que sa manière brillante de donner vie aux personnages.
2 pts d’appréciation personnelle, car ce n’est définitivement pas mon style littéraire et qu’il m’a fallu plus de la moitié du livre pour commencer à bien accrocher.

Ce livre a été lu dans le cadre du Match de Rentrée littéraire 2012.

Les larmes rouges 1 – Réminiscences

Les larmes rouges 1Réminiscences
Par Georgia Caldera

Editeur : Le Chat Noir
ISBN : 979-10-90627-01-7
Prix public : 23€90

Présentation de l’éditeur :

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.
Peu à peu, elle perd pied…
Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?

Note :

Les éditions du Chat Noir ont annoncé en début de mois que le stock était épuisé, et qu’il ne serait pas réimprimé. En effet, l’auteur a signé avec J’ai lu qui reprendra le flambeau. Le tome 1 doit donc reparaitre à la rentrée 2013, et le second tome sortira en mars 2014.

Quant à l’artbook, il reste en vente jusqu’au 1er novembre, mais sera ensuite retiré.

Mon avis :

Quant je me suis lancée dans Les Larmes Rouges, je ne savais pas franchement à quoi m’attendre. « Roman gothique » ne veut pas forcément dire grand chose pour moi. Finalement, il s’agit surtout d’une romance.

Dès les premières pages, j’ai été happée par l’ambiance sombre de ce livre. L’auteur ne lésigne pas sur les descriptions, et grâce à ça, elle réussit à nous plonger complêtement dans son univers.

L’ambiance du début est assez angoissante et évolue au fut et à mesure pour laisser place aux sentiments. Certains trouveront certainement l’héroïne passive et chiante. Il est vrai qu’on peut avoir envie de la secouer et de lui crier de prendre sa vie en main une bonne fois pour toutes, au lieu de se la laisser entre celles d’Henri. Dans un autre contexte, j’aurai sans doute réagit ainsi.

Pourtant, ce ne fut pas le cas pour moi ici. Je pense que c’est parce que ce livre forme un tout harmonieux entre l’univers, les personnages, l’intrigue et le style d’écriture. Les vampires sont bien plus proche de Dracula que d’Edward Cullen. Et bien que l’histoire se déroule aujourd’hui, nous remontons le temps à une époque où les femmes n’était pas franchement indépendantes.

En un mot, ce premier tome des Larmes Rouges fut un véritable coup de coeur.

Ce roman a été lu dans le cadre du Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou.

Mercy Thompson – Homecoming

Mercy Thompson (Préquelle) Homecoming
par Patricia Briggs – Lawrence – Tsai – Woo

Éditeur : Dabel Brothers Publishing
ISBN : 978-0-345-50988-8

Présentation :

« Les loups-garous peuvent être dangereux si vous êtes sur leur chemin. Ils ont un talent extraordinaire pour dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains. Mais moi, je ne suis pas tout à fait humaine. »

Mercy Thompson n’est pas une fille ordinaire.
Mécanicienne, dure à cuire, elle n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis. Et si vous la cherchez, elle se change en coyote. Un pouvoir bien pratique quand elle se retrouve plongée en pleine guerre des meutes de loups-garous, mais inefficace contre sa mère !

Note :

Après avoir écumé de nombreuses librairies et fouillé désespérément sur le net, j’ai fini par acheter ce Comics en VO, persuadée que le tirage français avait fini épuisé. Or, apparemment, je me suis trompée puisque finalement, la version française, publiée sous le titre Retour aux sources, semble de nouveau disponible sur la Fnac et Amazon.

Tant pis pour moi, de toute façon, je ne regrette pas cet achat, puisque ce livre reste très accessible, même à une quiche en anglais comme moi.

Mon avis :

Homecoming est une préquelle à la saga Mercy Thompson, puisque nous retrouvons notre héroïne à son arrivée dans les Tri-Cities. Elle cherche désespérément un emploi d’enseignante, mais ce n’est pas très concluant. Pour couronner le tout, elle se retrouve prise entre deux feu, puisqu’une guerre de meute couve entre un clan de rogue wolves particulièrement violent et celui d’Adam Hauptman.

Le fait de lire un comics, et ainsi d’avoir une représentation visuelle des personnages fut un peu perturbante au début. Pour Adam, par exemple, je l’imaginais bien plus baraqué, et pas aussi ténébreux ! Mais j’ai trouvé les graphismes vraiment sublimes.

Concernant l’histoire, nous retrouvons ce que nous savions déjà, tout en apprenant un peu plus sur le passé de Mercy. Et notamment, nous vivons en direct sa rencontre avec tous les personnages importants des romans : Adam, Stephan, Zee, Tad, Oncle Mike… Pour ma part, ce fut un véritable plaisir de tous les retrouver !

Je noterai juste une petite faiblesse au niveau du scénario, je ne vois pas l’intérêt de capturer Mercy si c’est juste pour l’obliger à passer un coup de fil et la relâcher ensuite. Le chef des rogue wolves aurait pu le faire lui-même, quoi… Heureusement, la suite fait oublié ce petit dérapage, et j’ai particulièrement aimé la toute fin.

En résumé, Homecoming est un comics à mettre entre les mains de tous les fans de Mercy Thompson.

Kate Daniels 1

Kate Daniels 1 Morsure Magique
par Ilona Andrews

Prix public : 4,99€
ISBN : 978-2-81120-084-8
(E-book uniquement, livre papier épuisé)

Présentation éditeur :

« À Atlanta deux réalités s’opposent : celle de la technologie et celle de la magie.
Pendant une vague magique, les mages sauvages lancent leurs sorts et des monstres apparaissent, les armes à feu refusent de fonctionner et les voitures ne démarrent plus. Puis la vague se retire aussi vite qu’elle est venue en laissant derrière elle toutes sortes de problèmes paranormaux. Nous vivons une époque dangereuse. Mais dans le cas contraire, je serais au chômage. Quand les gens ont des ennuis qui relèvent de l’occulte et que la police ne veut ou ne peut pas régler, on fait appel aux mercenaires de la magie comme moi.
Mais quand un nécromancien anéantit la seule famille qui me reste, je n’attends plus les ordres et je dégaine mon sabre. »

Mon avis :

En ce moment, on parle beaucoup de Kate Daniels. Et pour cause : ça y est c’est officiel, Milady ne traduira pas les prochains tomes et ne réimprimera pas non plus le tome 1. Donc, même si je me demande qui voudra commencer cette série maintenant, j’ai quand même envie de partager cette chronique.

J’ai lu Morsure Magique dans le cadre du Baby-Challenge de Livraddict. Pour être honnête, sans ce challenge, d’une, je n’aurai jamais acheté le livre, et de deux, je ne l’aurais jamais terminé. Car je me suis profondément ennuyé jusqu’à la moitié du livre.

L’histoire se déroule dans un monde qui n’a rien à voir avec le nôtre. Tout semble en ruine mais on ignore à quel point, et la Magie se bat constamment avec la Technologie. Cela fut pour moi le premier obstacle, car l’auteur ne prends pas vraiment la peine d’expliquer son univers, et s’élance comme si nous en connaissions déjà les bases de son fonctionnement. Alors bien sûr, plus on avance dans notre lecture et mieux on comprend. Mais personnellement, je suis une lectrice stupide qui aime qu’on lui explique tout.

Deuxième obstacle, l’histoire elle-même, et plus précisément, la première moitié du livre dont je parlais. Kate apprend que son oncle Chevalier est mort, et veut mener l’enquête. Dans cette première partie, elle ne fait rien d’autre qu’examiner des dossiers, se poser des questions et interroger des gens. Même si c’est utile pour poser les bases en présentant les tensions entre Le Peuple et les Changeformes, j’ai trouvé tout cela ennuyeux à mourir.

Heureusement, j’ai réussi à passer la moitié, et là, enfin, l’action arrive, saisissante et palpitante. Je n’ai quasiment plus pu décrocher jusqu’à l’apothéose du combat final, et même après, jusqu’à la toute dernière page. Lorsque j’ai refermé mon e-book, j’ai repensé à tous les gens qui se sont mobilisés pour tenter de sauver cette série, et je me suis dis qu’ils ont eu bien raison d’essayer.

En résumé, j’ai trouvé dans ce premier tome un univers complexe mais riche et une héroïne attachante. Le début est très long à démarrer, mais cela vaut vraiment la peine de s’accrocher.

Glitch

Glitch 1Glitch
par Heather Anastasiu

Prix Public : 16,90€
ISBN : 978-2-2211-2718-6

Présentation éditeur :

Dans une société souterraine où toute émotion a été technologiquement éradiquée, Zoe possède un don qu’elle doit à tout prix dissimuler si elle ne veut pas être pourchassée par la dictature en place. L’amour lui ouvrira-t-il les portes de sa prison ?
Il y a deux siècles de cela, l’humanité a payé au prix fort ses appétits démesurés lorsque le feu de mille armes nucléaires a littéralement rasé la surface de la planète. Sous terre, au sein de la Communauté, la souffrance et la guerre ne sont plus que de lointains souvenirs : des puces implantées dans le cerveau de ses membres ont permis d’éradiquer enfin toutes ces émotions qui ont bien failli mener les hommes à leur perte.
Lorsque la puce de Zoe, une adolescente technologiquement modifiée, commence à glitcher (bugger), des vagues de sentiments, de pensées personnelles et même une étrange sensation d’identité menacent de la submerger. Zoe le sait, toute anomalie doit être immédiatement signalée à ses Supérieurs et réparée, mais la jeune fille possède un noir secret qui la mènerait à une désactivation définitive si jamais elle se faisait attraper : ses glitches ont éveillé en elle d’incontrôlables pouvoirs télékinésiques… Sa liberté nouvellement acquise va toutefois lui donner des ailes et, tandis que Zoe lutte pour apprivoiser ce talent dévastateur tout en restant cachée, elle va rencontrer d’autres jeunes Glitchers : Max le métamorphe et Adrien, qui a des visions du futur. Ensemble, ils vont devoir trouver un moyen de se libérer de l’omniprésente Communauté et de rejoindre la Résistance à la surface, sous peine d’être désactivés, voire pire…

Mon avis :

Dès que j’ai vu la couverture et lu le résumé sur la page FB de la collection R, j’ai eu envie de découvrir Glitch. Une personne l’ayant reçu en service presse a accepté de me le prêter, et il a donc atterri dans ma pile à lire avant même la sortie officielle. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de l’ouvrir immédiatement, et par la suite, les quelques chroniques pas franchement enthousiastes ont refroidi mes ardeurs…

Et ce fut une erreur, car après lecture, je dois avouer qu’au final, j’ai été plutôt emballée par cette lecture.

Dès les premières pages, nous découvrons l’univers de Zoe, dans lequel les humains possèdent tous une puce qui a pour fonction d’annihiler leurs sentiments. À l’instar de 1984 de George Orwell, la vie de la communauté est paramétrée au millimètre, tout est surveillé, et le moindre écart est puni. Alors oui, on est encore dans une dystopie qui n’a rien inventé. Mais bon, Hunger Games reprend le principe de Battle Royal, et pourtant on aime quand même, non ?

Ce que j’ai apprécié, dans cette histoire, c’est que l’auteur fait l’effort d’expliquer la logique qui aurait poussé les gens à accepter ces puces, pourquoi ils ont accepté les mensonges et se sont laissé berner. Arrivée à un certain point de ma lecture, j’ai même cru que l’héroïne allait laisser tomber sa petite révolution en solitaire pour retourner dans le giron de la Communauté, tant ça paraissait convaincant. Mais c’était sans compter ses sentiments pour Adrien…

Les sentiments ! Il faut bien en parler puisque dans l’univers de Zoe, ils sont considérés comme dangereux. La jeune fille, comme tous les membres de sa communauté, ignore de quoi il s’agit. Et quand sa puce commence à boguer, c’est un véritable choc pour elle. Alors naturellement, comme on peut s’y attendre, tout ceci forme un terrain propice au développement d’une romance – en triangle, histoire de pimenter un peu.

Certains chroniqueurs ont trouvé dommage que cette romance très présente élude un peu le côté dystopie, mais personnellement, je n’ai pas partagé ce sentiment lors de ma lecture. Disons que même si Zoe est un peu perdue entre Max et Adrien, elle découvre également une large panoplie d’autres sentiments allant de la peur, à la joie, à la tristesse, à l’amour familial… et à la haine, bien sûr. Et puis tous ces personnages se battent aussi pour essayer de s’échapper, et nourrissent le rêve fou d’essayer de changer les choses. Cela compte aussi pour une large part de l’histoire !

Côté personnages, je ne saurais trop quoi dire à propos de Zoe et d’Adrien. En revanche, j’ai un petit coup de cœur pour le personnage de Max – enfin si on peut parler de coup de cœur, car en réalité il est antipathique au possible et j’ai maintes fois eu envie de l’égorger. Mais c’est à mes yeux le personnage le mieux travaillé du livre. Contrairement aux deux autres et à Molla ou à la Chancelière, on sent qu’il est vraiment paumé et qu’il ne sait pas gérer ces nouveaux sentiments qu’il éprouve. Du coup, son comportement vis-à-vis de Zoe est tout à fait logique. Pas excusable. Mais logique.

Enfin, je relèverai un point faible au livre, mais pas des moindres, puisqu’il s’agit du scénario. Aucun problème avec l’histoire en elle-même, mais en revanche, j’ai trouvé que l’auteur ne savait vraiment pas disperser ses indices pour faire avancer la trame. (Ou alors c’est un génie, mais comme j’ai pas réussi à suivre, ça m’a vexée et je préfère dire que c’est sa faute!) Par exemple, l’héroïne s’interroge sur un élément, qu’elle oublie complètement par la suite jusqu’au dénouement final, dans un effet « Grosse Révélation ». Ou encore, tout laisse à croire qu’untel pourrait être un traître, et finalement, on pense que c’est un autre alors que RIEN ne l’accuse. Et reretournement de situation, ce n’était pas ça non plus. Mal de crâne ? Voilà les cachets !

En résumé, Glitch n’est sans doute pas un livre qui brillera pour son originalité, mais j’en ai apprécié l’univers travaillé et la manière dont les personnages découvrent ces sentiments nouveaux pour eux.

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Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Lire en thème #5 – Univers post-apocalyptiques, organisé par le Blog Lire sous la Lune.