Les héros dépressifs et hypersensibles

Voilà plus d’un mois que je n’ai pas posté de nouvel article, harem… Heureusement, le Salon Fantastique est passé par là, et une discussion m’a donné envie d’écrire ce nouvel article.

J’ai parfois entendu des lecteurs dire :

« Je n’ai vraiment pas aimé ce livre, le héros est complètement mou, il se plaint tout le temps et semble se complaire dans ses problèmes. Ça donne envie de lui tirer une balle pour l’achever ! »

Bien sûr, il m’est déjà arrivé d’avoir envie de secouer un peu certains héros. Par contre, dans certains cas, ce genre de remarques passent plutôt mal. ^_^ ( <= Smiley pour montrer que je ne dis pas ça d’un ton fâché.) Lire la suite

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La littérature genrée

Le genre, vous en avez sans doute entendu parler, peut-être jusqu’à l’overdose à cause des conneries de La Manif pour Tous. Personnellement, depuis ces derniers débordements profondément sexistes, et depuis que je lis Madmoizelle, je suis devenue assez sensible à la question.

On a beaucoup parlé de « théorie de genre » pour démonter le propos, mais en ce qui me concerne, je pense que ce n’est pas une théorie, c’est un fait : la société nous apprend dès notre plus jeune âge à devenir fille ou garçon, et nos vies, nos rêves sont modelées en fonction. Et gare à nous si on veut sortir du moule : on devient des « tapettes », des « garçons manqués » et les insultes peuvent vite dégénérer en violence.

Généralement lorsque je suis dans ma petite bulle littéraire, je ne me pose pas de question sur ces problèmes-là. Si parfois je tombe sur un couple homosexuel au détour d’un chapitre, les problèmes de genre sont totalement absents des livres que je lis.

Et pourtant…

Et pourtant même la littérature (générale ou de l’Imaginaire) est genrée. Il suffit de regarder un peu plus attentivement les couvertures pour s’en apercevoir. Exemple avec deux livres de ma wish-list :

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Maintenant je vous laisse deviner laquelle de ces deux couv est « pour fille », laquelle est « pour garçon ». Un indice : la première, c’est de la romance, la seconde de la SF.

Parce que oui, finalement, ce sont les genres eux-même qui sont genrés (oh…).

Un des exemples les plus frappant, c’est la romance. Bien que certains éditeurs comme Laska tentent de réhabiliter ce genre (d’ailleurs, si tu passes par là, Jeanne, je serai curieuse de savoir ce que tu en penses ^^), il n’en reste pas moins que certains clichés lui collent à la peau et il arrive parfois qu’on tombe dans le sexisme.

Est-ce que cela vient de notre vision même du romantisme ? Celle qui veut que les filles soient de petites créatures douces et délicates et que les hommes soient virils et protecteurs ? C’est possible. En tout cas, côté marketing, ça se traduit en couverture par des mannequins musclés et/ou de jolies jeunes femmes auxquelles les lectrices pourront s’identifier. Harlequin a depuis des années fait de ce style son image de marque.

Dans la Bit-lit, un genre auquel je m’intéresse davantage, les clichés de genre sont également là. (Il faut dire que la Bit-lit est souvent assimilé à tors à la romance paranormale, ce qui peut amener à des situations cocasses.) Un exemple avec une série que j’aime beaucoup : Mercy Thompson.

*Attention spoiler*

Mercy est une héroïne forte, bosseuse et indépendante ; un idéal de femme moderne, en somme. Seulement voilà, comme souvent en Bit-lit, elle évolue au milieu de créatures surnaturelles. Ici, c’est au sein d’une meute de loups-garous qui, niveau respect de la femme et de ses droits, a conservé une mentalité moyenâgeuse. Si personnellement j’apprécie le personnage d’Adam et le couple qu’il forme avec Mercy, je me rends compte avec du recul que la possessivité du loup-garou est a des années lumière de l’idée que je me fais du féminisme. C’est là que je réalise à quel point je suis moi-même engluée dans une conception « guimauve » et « conte de fée » du romantisme, puisque j’arrive à apprécier une relation qu’idéologiquement je désapprouverai dans un autre contexte. Tout ça parce que « c’est un loup-garou, cette possessivité maladive, c’est dans sa nature ».

Paye ton excuse.

*Fin du spoiler*

Une autre question que je me pose par rapport au genre : pourquoi ne suis pas plus attirée par la SF et son sous-genre, le space opéra ? Les batailles spatiales, la découverte et la conquête de nouveaux monde, ce n’est pas quelques chose que je recherche particulièrement dans l’Imaginaire. Pourtant, paradoxalement, quand je parle d’Imaginaire tous supports confondus, deux de mes œuvres préférées, Stargate et Doctor Who relèvent de la SF. Alors pourquoi des œuvres similaires en littérature, films ou séries, ne me plairaient-t-elles pas ?

En fait, j’ai l’impression que si la SF ne m’attire pas plus que ça, c’est parce qu’elle est trop connotée « masculin ». Les grosses machines spatiales, les combats à coups de sabre laser… tout ça, je crois que ça sent trop la testostérone et le kiki-meter pour moi. Du coup, j’ai encore une fois l’impression d’avoir été formatée en fonction de mon genre féminin.

Bref, malgré tout ça, il y a heureusement beaucoup d’œuvres « unisexe », et quand je choisis un livre, je ne me demande pas de savoir s’il cible les filles ou les garçons. Même quand il s’agit d’un manga !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Les fangirls

Il y a quelques jours, un article a beaucoup tourné dans mon cercle facebookien. Et apparemment, cela a touché une bonne partie de la sphère geek puisque même Milady l’a reposté.

L’article en question s’intitule La Fangirl, nouvelle cible de la misogynie ordinaire. Quand je l’ai lu, c’était « Mouais… Non. » Il y a des points avec lesquels je suis tout à fait d’accord, et d’autres qui me font bondir (Osgood, elle est trop mignonne et badass, nonméoh !) J’aurai pu simplement oublier cet article si en ce moment je n’avais pas l’impression d’entendre parler de « fangirl » à tout bout de champ, comme si c’était soudain devenu le nouveau terme à la mode et que se déclarer fangirl était la chose la plus cool au monde.

Une fangirl c’est quoi ?

Pour moi, fangirl est un terme péjoratif, voir condescendant, pour désigner ces filles qui ne connaissent Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux que par le biais de leur adaptation cinématographique, et qui ne liront jamais les livres. Des filles qui ne jurent que par le sourire ravageur de Ten et le regard ténébreux de Loki ; qui écrivent un tas de Mary-Sue mais qui, dans deux mois seront passées à un autre fandom, plus « à la mode ».

(Petite parenthèse pour signaler l’existence du terme fanboy, tout aussi négatif. Les mecs aussi ont droit à leurs clichés.)

L’article essaye de revaloriser l’image de la fangirl en dénonçant le stéréotype négatif qui lui colle à la peau :

Dites le mot « fangirl » et les gens pensent immédiatement à une préadolescente en larmes au concert de One Direction. […] Mais la fangirl, c’est beaucoup plus que ça.

L’intention est louable, si ce n’est qu’à la lecture, j’ai la très nette impression que sous le terme de fangirl, l’auteur regroupe absolument tous les fans de sexe féminin.

Et c’est là qu’à mes yeux apparait un gros paradoxe bien sexiste.

Je suis une fan. Je suis une fille. Mais pas une fangirl !

Pourquoi se désigner fangirl ? « Fan girl », littéralement la fan de sexe féminin. Mais pourquoi vouloir à tout prix préciser « girl » ? Pour moi, le terme en lui-même est, par essence, misogyne : d’un côté les fans, de l’autre les fans féminines. Alors se qualifier de fangirl et parler ensuite de sexisme à leur encontre (et là, je ne parle pas de l’article), ça me parait plutôt absurde.

Dans l’article l’auteur fait part, en tant que fangirl, de son sentiment de rejet face à de soi-disant « vrais fans » (qui seraient donc, par opposition, des mecs) :

Eh oui, malheureusement pour les « vrais » fans, les fangirls sont extrêmement coriaces, et si beaucoup d’entre nous passent en effet d’un fandom à l’autre au cours des années, notre amour pour nos séries et nos livres préférés reste intact. Et notre soif de passion et de création, elle, ne nous quitte jamais, en dépit de ceux qui voudraient que nous ayons honte de ce que nous sommes et de ce que nous faisons.

Pour moi le comportement décrit ici n’est pas spécifiquement dirigé contre les filles : après tout, les fanboys sont tout aussi mal vus. Et on sait tous que quelque soit le fandom, il y aura toujours quelqu’un pour s’auto-proclamer « meilleur fan du monde », dénigrant ainsi tous les autres passionnés. Ce n’est pas une histoire de sexe, c’est une histoire d’égo.

Quand au fait que l’auteur se déclare fièrement fangirl, je ne comprends simplement pas. Si effectivement la passion ne la quitte pas, pourquoi ne pas simplement dire fan, tout court ? Se différencier ainsi soi-même des autres fans à cause de son sexe me parait totalement injustifié, voir carrément déplacé.

Alors, la fangirl, une fan comme les autres ?

Bref, tout ça pour dire qu’à mes yeux, ce qui fait une fangirl ce n’est clairement pas son sexe. Chez les fans, il y a des filles comme des garçons, parmi lesquels on trouve des fangirls et des fanboys. Et même si qualifier quelqu’un de fangirl n’est pas forcément un compliment, il faut de tout pour faire une communauté.

A noter également, que parfois les définitions changent avec l’usage. Il y a quelques années, le mot geek désignait des personnes ayant des connaissances poussées en informatique. Aujourd’hui, un simple amateur de SFFF peut être qualifié de geek. Ma définition de la fangirl ne correspond pas à celle de l’auteur de l’article, mais peut-être est-ce aussi du à une évolution du terme au cours de ces dernières années.

L’Amendement N°4

Vous avez peut-être entendu parler récemment de « l’amendement N°4 ».  Ces deux fameuses petites phrases qui visent à protéger les libraires indépendants des géants du secteur, notamment le grand méchant Amazon.

Ou comment brosser les libraires dans le sens du poil, se mettre à dos les acheteurs, et tout ça pour du vent.

1/ Le principe

Voici ce que dit l’amendement :

« Lorsque le livre est expédié à l’acheteur et n’est pas retiré dans un commerce de vente au détail de livres, le prix de vente est celui fixé par l’éditeur ou l’importateur. Le détaillant peut pratiquer une décote à hauteur de 5 % de ce prix sur le tarif du service de livraison qu’il établit. ».

Source

Traduction : désormais, lorsqu’un livre est vendu sur le net, l’expéditeur devra choisir entre offrir les frais de port et faire payer les livres au prix éditeur OU offrir une réduction de 5%, mais faire payer les frais de port.

Le cumul des deux avantages (5% + port offert) ne sera donc plus possible, ce qui va légèrement augmenter la facture de ceux qui se sont habitués à commander sur des sites comme Amazon ou la FNAC. Et comme à chaque fois qu’on annonce une augmentation, forcément, les concernés se mettent en colère.

2/ Est-ce la bonne solution ?

En tant qu’amoureuse des livres, ma première réaction quand j’ai appris la nouvelle via l’article Madmoizelle, a bien sûr été de me dire que c’était une bonne chose. Puis j’ai lu les commentaires de l’article. Et là, ça m’a filé des boutons.

Ça m’a filé des boutons, mais surtout, ça m’a fait réfléchir : est-ce vraiment la bonne solution pour aider nos librairies ?

Personnellement, je ne m’en suis jamais caché, quand il s’agit d’acheter des livres, j’ai un comportement paradoxal. J’aime l’idée de soutenir les petites librairies quand je le peux, mais ça ne m’empêche pas d’aller principalement me fournir chez la FNAC, qui me permet de cumuler les 5% et les frais de port. Amazon ? J’ai dû commander deux fois chez eux en trois ans, pour des livres en VO. Par principe, je les évite à cause de leurs pratiques douteuses en ce qui concerne les stocks et la manière dont ils traitent leurs employés (entre autres choses).

Je ne parle même pas de ma période étudiante, où, plutôt que de renoncer purement et simplement aux livres, je me tournai vers des méthodes pas très licites, en espérant des périodes plus clémentes qui me permettraient d’acheter les versions papier.

Bref, je suis tiraillée entre d’un côté mes beaux principes de « il faut défendre les petits » (dont je fais maintenant partie), et de l’autre la réalité du quotidien (parce qu’en tant que petite, je vais attendre encore longtemps avant de pouvoir me dégager le moindre salaire). Le fait est que tout coûte de plus en plus cher et qu’il faut pouvoir joindre les deux bouts. Dans ces conditions, je comprends que les loisirs, et en particulier les livres ne soient pas la priorité, et que, conséquence directe, le secteur soit en crise depuis plusieurs années déjà.

Alors, pondre une telle loi, justement au moment où les gens en ont de plus en plus marre de regarder constamment le porte-monnaie ? Cela fait certes très longtemps que les libraires attendent ça, mais pour moi, ça ressemble désagréablement à une forme de suicide assisté.

Bien sûr, on ne peut pas mettre tous les acheteurs dans le même sac, mais il n’est pas difficile de deviner comment une grande partie d’entre eux vont réagir:

– Certains parmi ceux qui n’ont pas de difficulté financière particulière ou importante, continueront comme avant : Amazon ou la librairie de quartier, selon leurs habitudes.

– D’autres, parmi ceux qui ont plus de mal, vont essayer de trouver des alternatives : numérique (légal ou non), emprunt en bibliothèque ou auprès d’amis, achat d’occasions.

À ce titre, au lieu de mettre les librairies indépendantes et les gros, type Amazon, sur le même pied d’égalité, j’ai peur que cela ne finisse par tuer un peu plus les premiers et engraisser davantage les seconds. D’ailleurs, Amazon est doublement avantagé : en plus d’augmenter leurs marges sur les commandes faites par des clients de la première catégorie, ils vont pouvoir, grâce à leurs offres de livres d’occasions et d’e-book, conserver leurs clients de la seconde catégorie.

Est-ce qu’avec cet amendement, les clients se détourneront des géants pour retourner dans les librairies ?

Non, car ces dernières ne sont pas plus compétitives qu’avant. Elles ne sont pas davantage en mesure d’offrir les frais de port, ou de proposer les 5% de manière systématique, alors que leurs grands concurrents, eux, vont pouvoir continuer à le faire.

Alors tout ça, au final, ça ne sert à rien, sinon à braquer les acheteurs.

3/ Le vrai problème : les frais de port

Personnellement, j’aurai préféré que le gouvernement s’attaque directement aux frais de port, car c’est là que se trouve, à mes yeux, le véritable noeud du problème. Comment voulez-vous justifier à un client qu’il paye 3€ un livre qu’il a acheté 8€ ? C’est à ce niveau-là qu’il y a une réelle inégalité entre les grands et les petits, puisque les gros, en expédiant des volumes importants peuvent jouir de gros rabais, quand les petits payent plein pot – et donc, font payer plein pot à l’acheteur, car comment voulez-vous rogner de 3€ sur votre marge libraire quand celle-ci est de 2.80€ ?

Si notre cher gouvernement veut réellement préserver la chaine du livre et l’esprit de la Loi Lang dont nous sommes si fiers, c’est, à mon avis, là qu’il faut taper, et pas ailleurs !

Une histoire de couverture (encore)

Tout éditeur est conscient qu’une couverture réussie peut être décisive dans le succès d’un livre. Même si beaucoup de gens répètent que le plus important, c’est le contenu, pas l’emballage, il n’empêche que !

Les couvertures sont influencées par les tendances (illustrations au détails très poussés en Fantasy, photomaniulation de jeunes femmes typées mannequin en Bit-Lit…) , mais quoi qu’il en soit, il est préférable de faire en sorte qu’elle reflète le contenu du livre. Et ça, ce n’est pas toujours si évident.

Exemple avec Les Larmes Rouges.

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A gauche, la couverture de l’ancienne édition, illustrée de la main de l’auteur elle-même. A droite, la nouvelle couverture. Peut-être est-ce parce que j’ai lu le livre il y a quelques mois déjà, mais entre les deux, je trouve que c’est le jour et la nuit.

Les Larmes Rouges est un roman noir, dans lequel les émotions négatives sont exacerbées. Cela transpire dans l’attitude du personnage, sur la première couverture : un visage tourné vers la gauche et le regard baissé, du sang affiché clairement par les larmes ou suggéré par la couleur de la chevelure. La rose blanche renvoie à l’innocence (et, si je ne me trompes pas, apparait au cours de l’histoire), et s’oppose aux mains possessives posées sur les épaules de l’héroïne ainsi qu’aux rubans, symbole de son appartenance. Tous ces éléments se retrouvent dans l’histoire, prennent leur sens à la lecture.

L’autre couverture est plus commerciale – à cause du gros bandeau jaune, bien sûr, mais également à cause du style qui reflète davantage « la mode » en matière de couverture. Il ne s’agit plus d’un dessin, mais d’une photomanip’.

Le fond de la couverture est noire avec quelques touches de marron : on n’est  plus dans quelque chose de complètement ténébreux, mais ça reste tout de même sombre. Les plantes aux feuilles légèrement épineuses ne sont là que pour ornementer la couverture et la rose blanche s’est transformée en plusieurs roses rouge-rosé.

Hormis à travers ces fleurs, le rouge a totalement disparu : plus rien n’évoque le sang, pas même la chevelure du personnage qui est devenu roux flashi. Celui-ci se tiens d’ailleurs dans un cadre tout en en dépassant légèrement, tandis que sur la première, elle se tenait bien droite dans son cadre, retenue par les mains du second personnage. Là où elle était prisonnière, elle se retrouve désormais libre. Cela se ressent également dans sa position, puisqu’elle a le visage levé et le corps très légèrement tourné vers la droite, ce qui est fortement positif, et s’oppose totalement à l’attitude triste et soumise de la première ouverture.

En résumé, ces deux couvertures proposent deux visions totalement opposées du même livre. La première est sombre et triste, la seconde est positive et pleine d’espoirs.

Personnellement, si je préfère l’esthétique de la seconde, je trouve que la première correspond bien mieux « l’esprit » du roman. Il s’agit d’une illustration pure, tandis que la seconde couverture est une interprétation, le reflet de la vision que l’on peut avoir sur le livre, si on le regarde selon un certain angle.

Swap Luttons contre l’homophobie

Aujourd’hui 17 mai se tient (enfin, vu qu’il est plus de 23h, s’est tenu) la Journée Mondiale de lutte contre l’homophobie. A cette occasion, aujourd’hui était aussi la journée d’ouverture de nos colis pour le Swap Luttons contre l’homophobie, que j’ai eu le plaisir de partager avec Dragonelle.

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Plein de belles surprises dans ce colis, avec, côté gourmandises : des Crocos qui n’ont pas tenu très longtemps, et du chocolat Poulain qui me rapelle de vieux souvenirs (en plus c’est troooop bon, je vais devenir accro \o/ )

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Côté livres et surprises : un Yuri dont je connaissais déjà le tome 1, un Yaoi qui a l’air mignon et que je suis déjà curieuse de découvrir, un Osez… qui m’a fait sourire (On se comprend^^), un très joli marque page et un porte-clé qui est déjà venu remplacer l’ancien tout moche que j’utilisais ^^

J’ai été gâtée, et vu la semaine pourrave que j’ai eu, ça m’a remonté le moral d’ouvrir ce joli colis. Merci Dragonelle !

Bonus stage : pour couronner le tout, le Conseil constitutionnel a validé la loi, et deux amis en ont profité pour annoncer leurs fiançailles dans la foulée. Une très belle journée ! \o/

Toute une culture qui disparait…

Cela fait des années maintenant qu’on entend parler de la crise économique à tout va. Des années que j’entends dire que le marché du livre ne se porte pas bien. Et pourtant, c’est seulement depuis quelques mois que j’en prends réellement la mesure.

Bien sûr, il y a des signes qui ne trompent pas, comme le fait que les éditeurs ne prennent soit que des personnes qui ont minimum deux ans d’expérience derrière eux sur un poste similaire (même pour être fabriquant, quand ces mêmes éditeurs se plaignent d’un manque de jeunes fraîchement sortis des écoles), soit des stagiaires pour moins de deux mois – car au-delà, il faut les payer. Mais bon, ça, à la limite, ça fait longtemps que je me suis fait une raison.

Non, si je me sens particulièrement chagrinée ce matin, c’est à cause de toutes les fermetures de librairies que je vois se multiplier sans qu’on ne puisse rien y faire.

Début 2011, le Virgin de Bordeaux-Mérignac a fermé ses portes, car pas suffisamment rentable. C’était bien avant que l’on apprenne officiellement la mauvaise santé du groupe. Un coup au cœur pour moi et mon compagnon – enfin, surtout mon compagnon qui est un fan de la marque. Désormais nous n’avons plus près de chez nous que le Cultura, à moins d’avoir le courage de nous faire une heure de transport en commun jusqu’à Bordeaux centre.

Un an plus tard, alors que je suis partie faire mes études à Toulouse, c’est la librairie Castéla que je vois fermer. Gros coup dur pour la ville. D’après les rumeurs qui circulaient à l’école, le propriétaire a délibérément augmenté le loyer de la librairie pour l’en chasser et proposer ainsi le bail à une entreprise plus importante – Orange en l’occurrence. Vu l’emplacement, ça aurait été bête de ne pas en profiter au maximum… (*Ironie*) Aujourd’hui – où du moins, la dernière fois que je suis allée à Toulouse, en février dernier – les locaux avaient été divisé en deux, et une boutique de chocolat en occupait une moitié tandis que l’autre restait vacante.

Quelques mois plus tard, c’est au tout de Virgin Toulouse d’annoncer sa fermeture définitive, avant d’apprendre que le groupe est en cessation de paiement et cherche un repreneur.

Hier, mon homme reçoit un mail de Virgin annonçant que des promos exceptionnelles venaient de débuter dans le magasin de Bordeaux centre : -50% sur tous les produits, sauf les livres. Sur un coup de tête, nous décidons d’y aller. Et sur place, le choc. Je n’y ait jamais vu autant de monde, pas même à Noël. A 14h, tout le rayon informatique avait été vidé, il ne restait plus rien. Comme le disent les employés dans les colonnes de Sud-Ouest ce matin, tout sera probablement revendu. Petit à petit, on prends la mesure de ce qui est en train de se passer : ça y est, Virgin Gambetta va fermer. Définitivement. Les employés nous le confirment. Certains envoient bouler tous les gens qui les approchent, d’autres ont l’air de prendre ça avec philosophie.

Ce matin, c’est une connaissance toulousaine qui fait tourner une pétition via Facebook et son blog car Privat est à son tour menacé. La librairie elle-même fait du profit, mais le groupe à laquelle elle appartient – Chapitre, en l’occurrence – est menacé. Donc, oui, on coupe côté livre, logique…

Et je ne parle même pas de la FNAC, dont la presse commence à parler de la mauvaise santé. Au moins essayent-ils de s’en sortir en se diversifiant, par la vente d’électro-ménager notamment.

———

Dans tout ça, il y a quelque chose qui me fait mal. On pourrait se dire « Bon ben tant mieux, la fermeture des grosses enseignes va profiter aux petites libriaries », mais ce serait bien naïf. Les gens continuent à préférer les grands espaces avec beaucoup de choix pour tout avoir tout de suite, et surtout, qui ne proposent pas que des livres ou que des DVD. Donc, où vont-ils aller ? Sur internet et Amazon, plus précisément.

Swap Noël 2012

Dernièrement, j’ai eu le plaisir de participer au Swap de Noël organisé par Aveline sur Livraddict, et de partager celui-ci avec Claiclay.

Dès minuit, je me suis empressée de récupérer le joli et imposant colis qui m’attendait au pied du sapin. A l’intérieur, plein de belles surprises !

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Le moins qu’on puisse dire, c’est que Claiclay a su transmettre dans son colis le véritable esprit de Noël ! Une bougie Père Noël, une boule lumineuse, des décorations à accrocher au sapin, des marques-pages éditeur et fait-main, plein de gourmandises… Un vrai bonheur !

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Parmis les paquets se cachaient trois livres de ma wish-list, des Ferrero Rocher (mon péché mignon !) et du thé à divers parfums que j’ai hâte de goûter parce qu’ils sentent très bon.

Merci Claiclay pour toutes ces belles surprises, et j’espère mon propre colis aura su lui aussi te faire plaisir ^_^

Le véritable juge : le lecteur

Tout à l’heure, je regardais la présentation d’un prix littéraire récompensant les ouvrages de l’Imaginaire. Comme ça, juste par curiosité, parce qu’un livre que j’aime a fait parti des lauréat. Et là, je vois que dans les conditions d’éligibilité, le roman doit « avoir suivit un processus éditorial », donc, ne pas être auto-édité.

Pourtant, ce prix n’est pas décerné par un jury privé mais par le public. Pas que ce soit « moins grave », mais ce snobisme envers toutes les formes d’éditions qui ne sont pas du compte d’éditeur me tue. Sérieusement, c’est quoi cette manie de croire qu’un livre auto-édité ou publié à compte d’auteur est forcément un déchet ? Il y en a de très bien comme il y a de gros navets dans les catalogues des maisons d’éditions traditionnelles.

Avant de me lancer dans des études d’édition, j’étais persuadée que pour un auteur, être choisi par une maison d’édition était la consécration ultime. Depuis, je me suis souvent posée la question de la sélection et j’ai beaucoup relativisé.

D’abord, un éditeur choisira selon sa propre sensibilité, l’image qu’il veut donner de sa maison, ainsi qu’un esprit commercial. Donc, pour peu qu’on se soit donné du mal sur son manuscrit, je pense qu’il y a toujours une chance de trouver un éditeur un jour. Même si ça peut être très long, étant donné les « vagues » : pour de la littérature de l’Imaginaire, on a eu les sorciers, maintenant les vampires, et de plus en plus de romance et de dystopie…

Je sais que beaucoup considèrent le livre comme un objet merveilleux, pour ne pas dire sacré, de connaissance et de diffusion des idées. Mais en prenant du recul, on est bien obligé de se rendre compte cela reste quelque chose de bassement matériel et que le but final, c’est la vente. C’est pour ça que j’en suis arrivée à la conclusion que le véritable juge, le seul qui importe vraiment, c’est le lecteur. L’éditeur, même s’il conserve un rôle de présélection, est surtout utile pour son réseau de diffusion et ses contacts Presse.

Bref, tout ça pour dire qu’il faut arrêter de croire que le compte d’éditeur est la seule forme d’édition qui en vaille la peine. L’auto-édition peut très bien être un choix réfléchi et assumé, comme c’est le cas pour Côté face, par exemple. Personnellement, j’y songe sérieusement et j’adresserai volontiers un geste obscène à tous ceux qui, sans avoir lu, partiraient dans l’idée que mon texte serait forcément bâclé et mauvais. Na !

(P-S : Pour approfondir le sujet en ce qui concerne le lecteur et ses attentes, je vous invite à lire ce billet de Rhi-Peann)