Pour l’honneur des Mérina

honneur-merinaPour l’honneur des Mérina
par Alex Evans

Éditeur : Voy’El (Collection E-court)
ISBN : 978-2-364-75219-1
Prix public : 1.49 €

Présentation éditeur :

Améyo, fille d’une famille de riches marchands tombée dans la misère, vivote entre une belle-mère alcoolique et deux belles-sœurs. Criblées de dettes, leur jugement tombe : elles doivent tout rembourser dans trois jours, ou bien elles seront vendues comme esclaves.

En désespoir de cause, la jeune fille décide d’invoquer le fantôme de son grand-père. Il pourra peut-être lui dire où se trouve la pieuvre des Mérina. Ce joyau perdu de la famille leur permettrait de payer tous leurs créanciers.

Sauf que ce n’est pas le bon grand-père qui apparaît…

Mon avis :

Tout d’abord, je remercie les éditions Voy’El pour cette belle découverte. Je serai sans doute passé à côté de cette lecture pour de nombreuses raisons, et ça aurait été bien dommage.

Parmi ces raisons, il y a la présentation « jeunesse ». Après lecture, il m’a semblé que cette nouvelle s’adressait à un public très varié, de tout âges. Un peu comme les contes : on pense que c’est pour les enfants, mais une relecture à l’âge adulte nous permet de nous rendre compte qu’il y a plusieurs degrés de compréhension, des éléments qui nous poussent à réfléchir.

Dans L’honneur des Mélina, la réflexion première porte sur l’importance de l’honneur familial – Mélina étant le nom de famille de l’héroïne. Il y a également tout un questionnement autour de l’identité que j’ai trouvé vraiment intéressant.

Alex Evans nous amène dans un monde de Fantasy parfaitement bien maitrisé. (Je ne serai pas surprise d’apprendre que l’auteur a développé son univers par le biais d’autres histoires.) Les mentalités y sont quelque peu rétrogrades (esclavage, polygamie, mariages arrangés…), mais cela est contre-balancé par une héroïne forte et combative.

Améyo Mérina a seize ans. Elle travaille dur pour rembourser une vieille dette familiale. Mais tout s’accélère lorsque les huissiers débarquent, annonçant que si la famille ne paye pas, leurs biens seront saisis et les trois filles amenées comme esclaves. Le dernier espoir de la famille réside en un bijou perdu depuis longtemps…

Si vous aimez la Fantasy, vous en retrouverez tous les ingrédients : une prédiction aux allures de prophétie, une quête à priori désespérée et une héroïne déterminée, mais sans pour autant tomber dans le cliché barbant. Le tout servi dans un style léger, judicieusement parsemé d’une pointe d’humour – juste ce qu’il faut. Un vrai régal !

En résumé

A découvrir 😉

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Les Vagues de Clamatlice suivi de […]

Clamatlice

Les Vagues de Clamatlice suivi de Saison de pluie sur Clamatlice
de Vanessa Terral

Éditeur : Voy'[el]
ISBN : 978-2-36475-184-2
Prix public : 0.99 €

Présentation éditeur :

Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Mon avis :

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Voy’[el] pour m’avoir permis cette belle découverte. J’ai plusieurs fois eu l’occasion de lire des textes de Vanessa Terral (tel que L’Aube de la Guerrière et quelques nouvelles), et je n’ai jamais été déçue. Pourtant, ce recueil-là ne m’attirait pas franchement, à cause de sa classification SF. Et bien ! Si vous non plus vous n’aimez pas spécialement la SF, ne vous laissez pas avoir par « l’emballage », parce que ça en vaut la peine !

Ce recueil, composé de deux courtes nouvelles, nous amène sur Clamatlice, une planète merveilleuse où les humains vivent en harmonie avec les animaux et les plantes. Car sur Clamatlice, la faune et la flore ont leur propre conscience…

Les Vagues de Clamatlice est un récit initiatique dans lequel nous suivons Noota, un surfeur parti de la Terre à la conquête des indomptables rouleaux de cette fabuleuse planète.
Dans Saison de pluie sur Clamatlice, nous marchons aux côtés de Luccine, une petite fille douce et sensible, qui est victime de la méchanceté de ses camarades.

Si je devais résumer ces deux histoires en un seul mot : poésie. Puisque nous sommes face à des nouvelles, il ne faut pas s’attendre à des récits d’aventures hauts en couleur. En revanche, l’auteur met à profit le format court pour nous dépeindre cette planète aux mille pensées de manière presque vivante. Et cela ne s’arrête pas au décor : Noota nous donne l’impression d’un vrai surfeur tandis que Luccine nous transmet sa toute détresse lorsqu’elle s’empare du caillou (un moment qui m’a vraiment bouleversé).

Il n’y a qu’une seule chose que je trouve dommage ; que l’univers que nous avons devant les yeux ne soit qu’à peine effleuré et que l’auteur n’entre pas plus dans certains détails – la rivalité qu’il semble y avoir entre les deux clans de surfeurs, par exemple. Cela ne restera cependant qu’un demi-regret puisqu’en fin d’ouvrage, Vanessa Terral prend une initiative que je trouve vraiment admirable et que je salue bien bas en tant qu’ancienne fanfictionneuse : elle laisse son univers aux mains de ses lecteurs pour que nous puissions laisser libre court à notre imagination.

En résumé

Ces deux nouvelles nous plongent dans un univers au grand potentiel, décrit avec beaucoup de poésie. Nous y découvrons des personnages forts et touchants dans leur recherche d’identité. Ces récits plairont à tous les amoureux de l’Imaginaire.

Le Seigneur des Anneaux – Tome 1

Le Seigneur des Anneaux – Tome 1
La Communauté de l’Anneau

Prix public : ?
ISBN : 2-07-051579-6

Présentation éditeur :

Dans les vertes prairies de la Comté, les Hobbits, ou Semi-Hommes, vivaient en paix… jusqu’au jour fatal où l’un d’entre eux, au cours de ses voyages, entra en possession de l’Anneau Unique aux immenses pouvoirs. Pour le reconquérir, Sauron, le seigneur ténébreux, va déchaîner toutes les forces du Mal… Frodon, le Porteur de l’Anneau, Gantalf, le magicien, et leurs intrépides compagnons réussiront-ils à écarter la menace qui pèse sur la Terre du Milieu ?

Mon avis :

Cela fait maintenant de nombreuses années que je connais Le Seigneur des Anneaux – depuis la sortie du premier film au cinéma. J’avais treize ans, alors, et déjà tenté de lire La Communauté de l’Anneau plusieurs fois, sans jamais parvenir au bout. Le style me paraissait trop « space », l’histoire trop complexe avec tous ces noms de personnages et de lieux à retenir…

Malgré cela, j’ai toujours pensé que Tolkien devrait faire partie des auteurs classiques. Je n’aimais pas le style, mais cela ne signifie pas qu’il est mauvais, loin de là. Et l’univers est très riche et complexe… Seul un écrivain de génie peut créer un monde aussi développé, aussi vivant. D’ailleurs, de nombreux autres auteurs ont tenté de l’imiter en lançant la vague de l’Héroïc Fantasy, mais personne n’est jamais parvenu à la cheville de Tolkien.

Le problème, c’est qu’auteur classique ne veut pas dire auteur populaire. Le Seigneur des Anneaux est souvent présenté comme un ouvrage jeunesse, et je pense que c’est un tort. Certes, je connais des gens qui ont lu les trois tomes alors qu’ils n’étaient que de jeunes adolescents, mais pour la plupart des gens, je conseillerais d’attendre. C’est ce que j’ai fait ; grâce à la LC proposée par Arcaalea, j’ai pu dépoussiérer mon vieux tome tout jauni par le temps. Je ne regrette pas, car cette fois, j’ai pu aller au bout sans problème. En vérité, j’ai même plutôt bien accroché, car je joue depuis plusieurs années maintenant au Seigneur des Anneaux Online. Ainsi, quand étaient évoqués Carn Dûm ou la Forteresse du Lieutenant de Sauron en Forêt Noire (lieux emblématiques du jeu), cela me permettait de bien situer de quoi il s’agissait par rapport à l’histoire.

Maintenant parlons un peu de l’histoire justement (parce que quand même !). Celle-ci commence à l’anniversaire de Bilbon, un évènement marquant qui troublera cette Comté si tranquille puisque le Hobbit a le bon goût de se volatiliser sous les yeux de ses convives. Ce tour de passe-passe, Bilbon le réalise grâce à un anneau d’or, qu’il lèguera à son neveu Frondon avant de partir pour Fondcombe dans l’espoir d’une retraite bien méritée. Malheureusement, cet anneau est bien plus dangereux qu’il n’y parait et Frodon, accompagné de Sam et de Pippin, devra se mettre en route pour lui faire quitter la Comté avant l’arrivée des Cavaliers Noirs du Mordor.

Au début, il ne s’agit que d’un petit récit d’aventure. Les Hobbits partent, insouciants, malgré l’ombre des Cavaliers qui plane. Puis, petit à petit, le ton change. Ils affrontent de terribles dangers, notamment dans les Galgals. Et ils apprennent que des choses inquiétantes se passent ailleurs, en Rohan, près de la frontière du Mordor. Le récit prend de plus en plus d’intensité jusqu’à arriver à son apogée à la fin…

Lisant les commentaires du topic de la LC, je m’attendais à important passage à vide lors de l’arrivée à Fondcombre, mais finalement, je n’ai pas décroché de bout en bout – surement parce que je m’attendais que ce soit plus difficile. Idem pour le passage en Lothlorien.

En résumé, je me retrouve enfin réconcilié avec le livre qui m’avait plusieurs fois vaincue par le passé. Le fait d’être familière de l’intrigue et de l’univers, ainsi que le fait de m’attendre à quelque chose de difficile m’aura sans doute beaucoup aidé.

Merci à Arcaalea pour avoir organisé cette Lecture commune sur Livraddict.

Les Hérauts de Valdemar – Tome 1

Les Hérauts de Valdemar

Tome 1 – Les Flèches de la Reine

Éditons Milady (2008)

Quatrième de couverture : À treize ans Talia sera bientôt mariée de force et devra se comporter en épouse docile. Pourtant, son esprit est rempli de légendes au sujet des Hérauts de Valdemar et elle ne souhaite qu’une chose : échapper à cette servitude. Aussi pense-t-elle vivre un rêve lorsqu’elle croise la route d’un Compagnon, un de ces chevaux légendaires qui choisissent les Hérauts. Et lorsqu’elle s’engage à le suivre, elle ne se doute pas des implications et du lien qui les unit désormais… Car Rolan n’est pas un Compagnon ordinaire, et en choisissant la jeune fille, il l’a chargée d’une tâche bien lourde : celle de veiller sur la petite princesse héritière, Elspeth. Et cette tâche s’avèrera très dangereuse, car le royaume compte beaucoup d’ennemis prêts à pousser à la folie et même à tuer celle qui doit devenir le Héraut Personnel de la Reine.


Mon avis : Les Flèches de la Reine est une histoire fort sympathique.

Toutefois, je commencerai par un coup de gueule à l’encontre de l’éditeur : il y a tellement de coquilles dans l’exemplaire que j’ai eu entre les mains que j’avais l’impression de lire un texte amateur sur internet. Beaucoup de points oubliés ou en doubles exemplaires, des tirets de dialogues quand il en fait pas, et oubliés quand il en faut, des majuscules injustifiées en plein milieu de phrases, « de un » au lieu « d’un », « pas » au lieu de « par ». C’est un véritable de sagouin ! Et, inévitablement, cela m’a gâché le plaisir de la lecture.

Poursuivons sur le style à présent : il est très simple sans être « pauvre », idéal pour des jeunes lectrices d’environ 11-12 ans (bien qu’en librairie, il soit placé au rayon Fantasy pour adulte au lieu d’être parmi les livres pour adolescents). Je regrette toutefois l’abus de narration au passif lorsque l’auteur souhaite résumer des évènements, des pensées… Évidemment, s’il n’y avait pas tous ces résumés, l’histoire ferait facilement 400 pages, mais à force, on finit par s’ennuyer. Personnellement, je commençais à sérieusement saturer sur la fin.

Autre point décevant, cette fois au niveau des péripéties : les actions s’enchainent les unes après les autres alors qu’il aurait été plus captivant, voir plus logique chronologiquement parlant de les mélanger. Après tout, la Reine avait annoncé à Talia ce qui l’attendait, ça aurait été logique que tout lui tombe dessus en même temps. Mais non. Au lieu de ça, on commence par le harcèlement des Bleus. Résolution du problème. On enchaine avec une Talia qui s’intéresse subitement à la Reine qu’on n’avait plus vue depuis longtemps. Et enfin, encore après, « oh mince, j’ai oublié qu’il fallait que je m’occupe de la Furie ! » Décidément non, ce n’est pas des plus crédible…

Enfin, je conclurai sur la fin de l’histoire, encore un point que j’ai trouvé décevant. Depuis l’instant où Rolan a débarqué dans la vie de Talia, on était en droit de s’attendre à ce qu’à la fin, elle enfile enfin ses habits de Hérauts. Mais non, même pas une petite phrase, rien, nada, que dalle. Pourtant, c’était le rêve le plus cher de l’héroïne, et en tant que lectrice, j’aurai vraiment voulu assister à ça ! C’est un véritable vide qui est ainsi laissé à la fin du livre.

Note :

L’Épée de Vérité


L’Épée de Vérité, Terry Goodking
Éditions Bragelonne
1 – La Première Leçon du Sorcier
2 – La Pierre des Larmes
Onze tomes édités à ce jour.

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Résumé : Richard Cypher, modeste guide forestier, a été élevé dans un monde où les gens se sont volontairement isolés de la magie qu’ils redoutent. Ce qu’il ignore, c’est qu’il n’est pas originaire de ce monde-là. Lui vient de l’autre côté de la frontière, là où règne la magie et un tyran nommé Darken Rahl.
Sa vie bascule le jour où il rencontre Kahlan Amnell, poursuivie par un quatuor et où Zedd, le vieux fou qui parle à ses poules, lui propose de devenir Sourcier de Vérité.

Mon avis : Le début de l’histoire est assez classique, pour ne pas dire cliché dans le vaste monde de l’Héroïc Fantasy. Le premier tome reste sur cette ligne. Toutefois, on s’aperçoit avec le second que l’univers est très riche et développé. J’ai particulièrement apprécié les petits détails auxquels on ne pense pas, mais qui donnent beaucoup de réalisme à l’histoire, comme l’histoire des flèches avec une tête verticale ou horizontale selon le type de proie visée.

Le style d’écriture n’est ni trop simple, ni trop compliqué à lire. Il nous permet de nous accrocher sans nous repousser ou nous faire mourir d’ennui, même lorsqu’il ne se passe rien.

La lecture de ces deux tomes aura su m’émouvoir et me bouleverser. J’ai eu l’estomac retourné lorsque Richard a été torturé, j’ai été furieuse lorsque Kahlan a manqué de se faire violer, j’ai eu le cœur serré à la découverte d’Ebinissa, j’ai fondu lorsque Richard a choisi de laisser la vie au bébé Garn. Toutes ces émotions font, à mes yeux la grande force de cette incroyable saga.

J’ai tout de même eu un regret, à savoir l’impression que la fin du tome deux a été proprement bâclée. Au cours du récit, Richard s’interroge plusieurs fois sur la vision qu’il a eue de Rachel et Chase. Il se retrouve de nouveau dans la Vallée des âmes perdues et – oh miracle !- il sait parfaitement comment lui et Du Chaillu vont pouvoir lever les sortilèges. Après quoi il se lance à la recherche de Chase et Rachel qu’il sait être dans le coin… Là, j’ai vraiment eu le sentiment que l’auteur s’est rendu compte qu’il avait atteint les 800 pages, et qu’il s’est soudain dit qu’il était temps de songer à dénouer l’histoire.

Note :