Au service des Insectes

auserviceinsectesAu service des Insectes
de Cindy Van Wilder

Éditeur : Voy’[el]
ISBN : 978-2-36475-185-9
Prix public : 0.99 €

Présentation éditeur :

La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les  Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?

Mon avis :

Dans un univers post-apocalyptique où les Insectes (de gros insectes !) ont vaincus les Hommes, Bess tente de trouver sa place. Grâce à une écriture légère et efficace, nous plongeons dès les première lignes au cœur de la vie de cette jeune femme, devenue nourrice. Aidée de Marge et Jeannie, elle entretient les larves des Insectes, les nourris et les bichonne avec le plus grand soin.

Bess et ses deux coéquipière m’ont tout de suite parue attachante, ce qui m’a d’autant plus attristé lorsqu’est survenu le drame. Ne vous y trompez pas, cette nouvelle est avant tout un récit d’action !

J’ai trouvé le monde dans lequel l’héroïne évolue fascinant : nous n’en savons finalement pas beaucoup, mais c’est bien suffisant pour attiser notre curiosité. D’ailleurs, j’ai personnellement été très frustrée sur la fin : l’auteur nous apporte un début de réponse quant au questionnement de Bess, tout en restant très vague. Est-ce qu’il s’agit là qu’une ouverture pour un récit plus développé ? Est-ce simplement pour laisser au lecteur le choix de décider ?

Je ne peux malheureusement développer davantage de peur de gâcher le plaisir de la lecture si jamais vous souhaitez vous lancer. Mais sachez que grâce à ce récit, j’ai passé un très bon moment de lecture. Merci aux éditions Voy'[el] pour cette belle découverte!

En résumé

Un récit d’action court mais passionnant, dans lequel on plonge très vite. A découvrir !

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Les Vagues de Clamatlice suivi de […]

Clamatlice

Les Vagues de Clamatlice suivi de Saison de pluie sur Clamatlice
de Vanessa Terral

Éditeur : Voy'[el]
ISBN : 978-2-36475-184-2
Prix public : 0.99 €

Présentation éditeur :

Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Mon avis :

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Voy’[el] pour m’avoir permis cette belle découverte. J’ai plusieurs fois eu l’occasion de lire des textes de Vanessa Terral (tel que L’Aube de la Guerrière et quelques nouvelles), et je n’ai jamais été déçue. Pourtant, ce recueil-là ne m’attirait pas franchement, à cause de sa classification SF. Et bien ! Si vous non plus vous n’aimez pas spécialement la SF, ne vous laissez pas avoir par « l’emballage », parce que ça en vaut la peine !

Ce recueil, composé de deux courtes nouvelles, nous amène sur Clamatlice, une planète merveilleuse où les humains vivent en harmonie avec les animaux et les plantes. Car sur Clamatlice, la faune et la flore ont leur propre conscience…

Les Vagues de Clamatlice est un récit initiatique dans lequel nous suivons Noota, un surfeur parti de la Terre à la conquête des indomptables rouleaux de cette fabuleuse planète.
Dans Saison de pluie sur Clamatlice, nous marchons aux côtés de Luccine, une petite fille douce et sensible, qui est victime de la méchanceté de ses camarades.

Si je devais résumer ces deux histoires en un seul mot : poésie. Puisque nous sommes face à des nouvelles, il ne faut pas s’attendre à des récits d’aventures hauts en couleur. En revanche, l’auteur met à profit le format court pour nous dépeindre cette planète aux mille pensées de manière presque vivante. Et cela ne s’arrête pas au décor : Noota nous donne l’impression d’un vrai surfeur tandis que Luccine nous transmet sa toute détresse lorsqu’elle s’empare du caillou (un moment qui m’a vraiment bouleversé).

Il n’y a qu’une seule chose que je trouve dommage ; que l’univers que nous avons devant les yeux ne soit qu’à peine effleuré et que l’auteur n’entre pas plus dans certains détails – la rivalité qu’il semble y avoir entre les deux clans de surfeurs, par exemple. Cela ne restera cependant qu’un demi-regret puisqu’en fin d’ouvrage, Vanessa Terral prend une initiative que je trouve vraiment admirable et que je salue bien bas en tant qu’ancienne fanfictionneuse : elle laisse son univers aux mains de ses lecteurs pour que nous puissions laisser libre court à notre imagination.

En résumé

Ces deux nouvelles nous plongent dans un univers au grand potentiel, décrit avec beaucoup de poésie. Nous y découvrons des personnages forts et touchants dans leur recherche d’identité. Ces récits plairont à tous les amoureux de l’Imaginaire.

Intuitions – Tomes 1 & 2

Intuitions – Tomes 1 & 2
de Rachel Ward

Éditeur : Michel Lafon
ISBN : 978-2-7499-1423-7 / 1228-7
Prix public : 15.95 € chacun.

Présentation de l’éditeur :

intuitions1Depuis son plus jeune âge, Jem voit des nombres flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle en comprend la signification : il s’agit de la date de leur mort. Ce don maudit la pousse à se couper du monde. Jusqu’au jour où elle rencontre Spider…

Alors qu’ils partent ensemble à la grande roue de Londres, un phénomène étrange se produit : pourquoi tous les passants ont-ils le même nombre au-dessus de la tête ? Pris de panique, Jem et son ami prennent la fuite.

Ils seront les seuls survivants de l’attentat qui va suivre, mais aussi les seuls suspects traqués par la police une fois leur identité révélée par les caméras de surveillance.

Mais comment Jem peut-elle expliquer au commun des mortels les raisons de sa fugue, et surtout, comment ignorer la terrible vérité qu’elle peut lire en Spider ?

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intuitions2Depuis son plus jeune âge, Jem voit des nombres flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle en comprend la signification : il s’agit de la date de leur mort. Et bientôt, elle découvre que son fils Adam possède, lui aussi, le terrible don…

Angleterre, 2026. À la mort de Jem, Adam a été élevé par Nana, sa grand-mère. De retour à Londres, il fait la connaissance de Sarah, une jeune femme qui le voit depuis plusieurs mois dans ses rêves. Mais un phénomène troublant va venir bouleverser leur existence. Tout le monde arbore soudain le même nombre : 01012027.

Déclaration de guerre, accident nucléaire, virus foudroyant ? Sarah et Adam savent qu’un effroyable événement est sur le point de se produire. Et ils n’ont que quelques mois pour changer le cours du destin…

Mon avis :

Quand j’ai lu le résumé du premier tome, je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à la vieille bande annonce d’un film apocalyptique, dans laquelle la mort des gens étaient annoncée par un chiffre flottant au-dessus de leur tête. Impossible de remettre un nom sur le film en question, mais niveau originalité, déjà, ça partait très mal à mes yeux. Néanmoins, j’ai quand même eu envie de tenter la lecture, et là, ce fut une agréable surprise.

Contrairement à ce qui est annoncé par « l’emballage » (le résumé, tous ces chiffres sur la couverture, et même en décoration à l’intérieur du livre), le fait que Jem puisse voir la date de mort des gens reste très secondaire. Ce que raconte ce premier tome, ce n’est pas l’histoire d’une catastrophe, c’est celle de deux ados en cavale. J’ai donc été agréablement surprise, d’autant que Jem est une héroïne à l’histoire intéressante. Et surtout, la fin n’est pas si évidente que cela.

Le second tome est tout l’inverse. Nouvelle époque, nouveaux héros ; nous nous retrouvons 15 ans plus tard à suivre le fils de Jem qui a hérité de son terrible don.

Je suis sans doute mauvaise langue, étant donné que la plupart des chroniques préfèrent ce tome-ci au premier. Mais en ce qui me concerne, j’ai le sentiment que l’auteur a cherché à « rattraper » quelque chose, comme si elle avait l’impression de s’être plantée avec le tome 1 et qu’elle cherchait à séduire le public en tombant dans tous les travers possible. Ou peut-être qu’elle cherche juste à exploiter un filon. (L’absence de sous-titre au tome 1 peut laisser penser qu’il devait s’agir d’un one-shot à la base)

Pour commencer, je n’ai pas apprécié le changement d’époque. Nous nous retrouvons en 2026, sans savoir ce qui a changé par rapport à l’époque de Jem – à notre époque. Tout ce qu’on sait, c’est que la société ne s’est pas arrangée et que le régime en place a l’air plus dur. Alors bien sûr, comme on ne voit le monde qu’à travers deux ados qui ont lâché l’école, et qui ne sont donc pas très cultivés niveau Histoire, mais cette absence de backgound laisse un sérieux vide.

Ensuite, je n’ai pas aimé le personnage de Sarah, dont le comportement et le caractère m’ont rappelé Jem en nettement plus fade et Adam m’a laissé complètement froide. Seule Val, déjà présente dans le premier tome, reste un personnage intéressant.

Enfin, nous tombons dans le cliché de l’Apocalypse annoncée, contre laquelle les héros lutterons tant bien que mal. A la limite, cette énième reprise aurait pu très bien passer si elle avait été un peu mieux maitrisée. Parce que je ne sais pas, mais moi, j’ai toujours entendu dire que dans un incendie le plus mortel, ce ne sont pas les flammes, c’est la fumée – d’où l’importance de se couvrir le visage et de se baisser, comme le répètent de nombreux secouristes. Du coup, quand on voit la fin, on se dit qu’il y a comme un soucis.

En résumé :

Deux tomes très différents l’un de l’autre, dont il est certain qu’ils ne peuvent être appréciés de la même manière. La préférence ira sans conteste au tome qui correspond le mieux à nos attentes – et en ce qui me concerne, c’est donc le premier.

A noter qu’il existe un troisième tome, qui annonce une histoire bien différente encore.

Animorphs

A gauche : édition de 1997 / A droite : édition de 2012

Hier, en me baladant dans les rayonnages d’une librairie, je suis tombée sur les deux premiers tomes d’Animorphs. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que cette vieille série était rééditée quinze ans plus tard !

N’ayant pas relu les tomes, je ne vais pas faire une vraie chronique, mais j’ai quand même envie d’en parler, parce que c’est une série qui a marqué mon enfance. Tout d’abord, de quoi s’agit-il ? Jack, Rachel, Tobias, Cassie et Marco sont cinq adolescents sans histoires qui ne demandent qu’à vivre tranquillement avec leurs soucis d’ados. Mais leur vie bascule le jour où, alors qu’ils rentraient chez eux en traversant un chantier abandonné, un vaisseau extraterrestre se pose juste sous leur nez. L’alien qui en sort, un Andalite mourant nommé Elfangor, les prévient que la Terre court un grave danger : les Yirks, ennemis jurés des Andalites, ont déjà commencé à envahir la planète. Et ce, de manière totalement invisible puisqu’il s’agit d’une espèce parasite qui s’introduit dans la tête des gens pour contrôler leur corps… Les Andalites viennent d’être vaincus et Elfangor lui-même n’est plus en état de se battre. Le désespoir le pousse alors à léguer un pouvoir extraordinaire aux adolescents : celui de prendre l’apparence de n’importe quel animal.

Il est clair que le concept de cette série n’a rien d’extraordinaire ni d’original. Rien que l’idée d’aliens prenant le contrôle des corps des gens a déjà été souvent vue – dans Stargate, par exemple, pour citer une série télévisée datant de la même époque.

Le style non plus n’a rien de génial. Il est simple, et les histoires sont très courtes. Chaque tome est raconté par un personnage différent, toujours dans le même ordre et les intrigues ne s’embarrassent pas de détours. Bref, ce sont des histoires claires et concises, parfaites pour les enfants et préadolescents – c’est d’ailleurs à cette époque que j’ai découvert cette série.

Mais tout ce que je dis là, c’est avec le recul de la lectrice avertie qui a grandi et avalé de nombreux livres depuis lors. À l’époque, cette série m’a profondément chamboulée, me transportant dans cet univers fabuleux, en rêvant d’être avec les héros.

Je ne sais pas si rééditer cette série est réellement une bonne idée. Plus de quinze ans ont passé, est-ce que les enfants et préados d’aujourd’hui vont accrocher ? Est-ce que Gallimard va vraiment rééditer les 48 tomes, plus tous les hors série ? Sachant qu’en plus, tous les tomes n’ont pas été traduits en français parce que déjà à l’époque cela s’essoufflait sur la fin…

En tout cas, je suis septique devant les nouvelles couvertures. L’idée de l’hologramme est sympa, mais je préférais le filigrane qu’il y avait sur le bas des pages de la première édition et qui permettait de créer une amination en les faisant défiler très vite – j’ai perdu le nom de ce procédé… Et purée, le prix ! Dans mon souvenir, chaque livre était vendu environ 30 francs. Maintenant c’est 10€, soit 65F… C’est dans ce moment là que je réalise vraiment à quel point les livres sont devenus chers… (Ça, c’était pour la minute « Mamie s’égare »)

Bref, avec la mode actuelle de la dystopie, qui est une forme de SF, qui sait, ça peut peut-être prendre. En tout cas, je le souhaite, car même si ce n’est pas une série révolutionnaire, elle reste quand même bonne, et je souhaite à tous ceux qui ouvriront ces livres de les apprécier autant que je l’ai fait.

Starters, de Lissa Price

Starters
Par Lissa Price

Prix public : 17,15 €
ISBN : 978-2-221-12760-5

Présentation éditeur :

Après les ravages d’un virus mortel, seules ont survécu les populations très jeunes ou très âgées : les Starters et les Enders. Réduite à la misère, la jeune Callie tente de survivre dans la rue avec son petit frère. Elle prend alors la décision de louer son corps à un mystérieux institut scientifique, la Banque des Corps. C’est le premier volet d’un thriller d’anticipation qui vous plongera au coeur d’une société fascinée par les apparences.

Mon avis :

L’histoire se déroule dans une amérique d’après guerre, à une époque qui semble à la fois très éloignée (si on considère que la technologie a suffisamment évoluée pour permettre à des esprits d’être transférés d’un corps à l’autre, ou encore que la télé permet de se retrouver projeté en plein milieu d’une scène, en compagnie des acteurs) et très proche (les personnages se baladent dans des voitures décapotables, et des Starters jettent des cocktails molotov…). Je me suis plusieurs fois demandé au cours de ma lecture s’il y avait une réelle confusion, ou si on pouvait y trouver une explication logique. Si c’est le cas, je ne l’ai pas trouvée…

Le style d’écriture est simple, facile à lire. On est rapidement plongé dans l’histoire qui est, elle aussi, très simple. Tellement simple que j’en ai d’abord été déçue. Heureusement, ça commence à se complexifier au fur et à mesure. Là, j’ai vraiment apprécié l’intrigue, jusqu’à ce que j’arrive à la fin où ça part complétement en sucette.

Certains apprécieront certainement ce gros revirement de situation. Personnellement, j’ai détesté. J’ai eu l’impression que l’auteur a voulu faire une ouverture pour introduire sa suite, et que comme elle ne savait pas trop comment s’y prendre, elle s’est dit qu’elle allait appliquer le dicton « plus c’est gros, mieux ça passe ». Cette fin m’a fichu un bon mal de crâne.

Côté personnages, j’apprécie que l’univers de Starters ne soit pas présenté de manière manichéenne. Pour Callie qui est jeune, tous les Enders sont pourris. Mais on se rend compte que s’il y a effectivement de belles ordures, il y a aussi des gens bien, qui seront prêts à l’aider. Et de même chez les Starters, quoi que là le clivage reste marqué entre les enfants des rues et les enfants de riches Enders.

En résumé, je garde une impression assez mitigée. Néanmoins, cela reste tout de même un bon roman jeunesse, divertissant et agréable à lire.