Une place à prendre

Une place à prendre
Par J.K.Rowling

Editeur : Grasset
ISBN : 978-2-246-80263-1
Prix public : 24 €
Lien PriceMinister

Présentation éditeur :

Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses  maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son  lourd  fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en  proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les  fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis  et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes,  de rancoeurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui  vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence  anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

Mon avis :

Avant toute chose, je remercie Olivier et toute l’équipe de PriceMinister pour m’avoir permis de découvrir ce roman dans le cadre du match de Rentrée littéraire. Je ne vais pas mentir : sans cette opération, je n’aurai tout simplement pas tenté de lire ce nouveau Rowling. Faisant partie de cette génération ayant grandi avec Harry Potter, j’avais terriblement peur d’être déçue, d’autant plus que ce roman ne fait absolument pas partie des genres vers lesquels je me tourne en temps normal.

Ma première surprise, en tenant le livre entre les mains, a été de constater qu’en plus d’avoir conservé la couverture VO quasiment telle quelle, le titre au dos avait été laissé dans le sens anglais au lieu d’être basculé dans le sens français. Cela paraît anodin, comme ça, mais quand on entame le livre, on se dit que c’est forcément voulu. Car dès les premières pages, nous sommes plongés dans l’Angleterre campagnarde d’aujourd’hui, et ça se sent partout : le décor, les noms des personnages et des lieux (dont les jeux de mots n’ont pas été traduits, contrairement à HP) et l’intrigue politique.

Voilà, ça y est, quelques pages et je suis tombée dans le travers que j’espérais éviter : la comparaison. Et bien oui, on a beau se dire qu’on va tout faire pour oublier HP, il n’y a rien à faire. Chacun des personnages présentés est tellement mesquin, à l’affût du moindre ragot, qu’on a l’impression de se retrouver au beau d’un milieu village de Dursley, en 10 fois pire. Et encore, avec tout ce qu’on découvre sur eux au fur et à mesure qu’on avance, on se dit que finalement, les portraits du début, c’était vraiment gentil.

Que ce soit dans la vraie vie ou dans les romans, j’ai toujours détesté ce genre de personnages. Il a fallu que je me fasse violence pour ne pas abandonner le livre. Et puis, finalement, passé la centième page et les assommantes explications du conflit entre Pagford et Yarvil, j’ai commencé à m’attacher aux adolescents… Puis, quand je me suis rendu compte qu’ils n’étaient pas si bien que ça, eux non plus, je me suis aperçue que j’avais envie de continuer l’histoire malgré tout, de savoir ce qui allait se passer pour tel ou tel personnage… En refermant, j’ai eu la désagréable sensation d’avoir été, en tant que lectrice, une voyeuse, comme toutes ces commères de Pagford : avide des petites histoires de la bourgade. Il y a de quoi méditer…

Mais le pire, dans tout ça, c’est qu’aussi détestables qu’ils soient tous, JKR nous plonge dans les méandres de leurs pensées, nous dévoile tous les mécanismes de leurs agissements. Ce ne sont pas simplement des personnages plus ou moins méprisables selon les cas, non, ils sont comme de véritables êtres humains. Après, certes, il reste quand même improbable que dans une petite bourgade comme celle-là on trouve autant de cas sociaux. Entre la couguar alcoolique, l’obèse qui refuse de faire attention à sa santé, l’obsédé obsessionnel compulsif, l’arnaqueur qui bat ses fils, la junkie prostituée, l’ado qui se scarifie, sans parler des autres… ça fait quand même beaucoup !

Passons au style. Pour ceux qui ont lu Harry Potter, il faut savoir d’entrée que la VF a été nettement adoucie par rapport à la VO. Ainsi quand Ron demande « Can I see Uranus ? » cela devient « Je peux voir ta lune ? » et quand Mrs Weasley hurle : « Not my daughter, you bitch ! » le traducteur atténue ça en « Pas ma fille, garce ! ». Donc, si comme moi vous n’avez lu que les versions françaises, et que vous passez à Une place à prendre cela peut être… déstabilisant. Et pas uniquement à cause des propos orduriers que les personnages prononcent – ce n’est pas pour rien que c’est un roman adulte !

Mis à part ça, à la lecture, je ne peux pas dire que j’ai eu le sentiment d’avoir retrouvé le « style Rowling ». Il y a, dans ce nouveau roman, de longues phrases intégrant de nombreux points-virgule et le découpage du livre n’obéit pas aux règles classiques. Quant à la trame générale, je me demande encore s’il y en a véritablement une, étant donné que l’intrigue pourrait facilement se résumer en deux-trois phrases.

Note : 12/20

10 pts pour le style de l’auteur qui, objectivement, reste très bon ainsi que sa manière brillante de donner vie aux personnages.
2 pts d’appréciation personnelle, car ce n’est définitivement pas mon style littéraire et qu’il m’a fallu plus de la moitié du livre pour commencer à bien accrocher.

Ce livre a été lu dans le cadre du Match de Rentrée littéraire 2012.

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