Les illustrateurs & l’édition

Dans l’édition, on parle beaucoup de la situation des auteurs, mais moins de celle des illustrateurs. Cela fait un long moment que je m’interroge sur cette situation, et un évènement début septembre a relancé ma réflexion.

Pourquoi ça m’intéresse ?

D’abord, parce qu’avec ma petite maison d’édition, j’ai bien sûr eu l’occasion de collaborer avec plusieurs d’entre eux. Et je constate que les tarifs demandés varient énormément.

Ensuite, parce qu’en ce moment c’est la « grande mode » des couvertures photoshopées, notamment en Urban Fantasy. Or, je fais de la photo-manipulation depuis maintenant 10 ans. J’envisage depuis un moment de proposer mes services à diverses petites maisons, mais sans jamais oser franchir le pas, pour tout plein de (mauvaises) raisons.

Ce qui a lancé ma réflexion

Il y a longtemps, une artiste dont je suis l’actualité, a partagé un article de blog défendant la cause des illustrateurs contre les méchants n’éditeurs qui voudraient les exploiter. Je ne me souviens plus en détail de tous les points soulevés, mais en gros, les conseils donnés étaient de ne jamais travailler gratuitement ou à très bas coût, même quand on débute (parce que ça fait du tort à tous les illustrateurs), de ne jamais répondre à un appel à illustration si on n’est pas certain de décrocher un contrat derrière, etc.

Récemment, les éditions de La plume et du Parchemin lançaient un appel à illustration sur FB pour un projet à paraitre. Il semble qu’ils se soient pris une volée de critiques car un peu plus tard, ils postaient des excuses.

Quand (au final) je ne sais pas trop quoi en penser…

Brader son travail

Je suis la première a dire qu’illustrateur ou auteur, c’est le même combat, tous ont le droit de vouloir essayer de vivre de leur passion et de leur art. De fait, le conseil qui dit qu’il ne faut surtout jamais accepter de travailler gratuitement ou à bas coût est tout à fait logique et légitime.

N’empêche que si un jour je décide enfin de prospecter les petites maisons, oui, je braderai probablement mes services. Plusieurs raisons à cela :

– Manque de confiance en mes capacités, peur de ne pas répondre aux attentes, crainte que la collaboration se passe mal, bref, toutes ces mauvaises raisons que j’évoquais et qui m’empêchent actuellement de me lancer.

– Parce que je n’ai ni le niveau ni la réputation de certains illustrateurs connus et qui travaillent eux aussi selon la technique de la photo-manipulation. Donc, comment se rendre attrayante ? En pratiquant des tarifs plus bas que les autres. CQFD.

Après, je comprends bien la logique dans le fait de dire que les débutants qui bradent leurs services, ça fait du tors l’ensemble des illustrateurs. Mais là, on part du principe qu’un éditeur choisira forcément le meilleur tarif pour ses couvertures. Et je ne suis pas d’accord !

Un éditeur sait que la première chose qui attire dans un livre, c’est sa couverture, et qu’il est très important qu’elle soit belle et soignée. On sait très bien que parfois il faut y mettre les moyens. J’aurais pu, pour Flammèche, choisir de faire toutes les couvertures moi-même, et pourtant, je n’en ai réalisé qu’une jusqu’à maintenant. Parce que mon style n’est pas adapté aux histoires ou simplement parce que je souhaitais un travail « plus abouti ».

Les AI

Sur la question des appels à illustrations, je suis extrêmement partagée. Là encore, je comprends qu’on puisse vouloir ne pas « travailler dans le vide ». D’ailleurs, en photo-manipulation, cette question se pose d’autant plus que notre travail repose généralement sur celui d’autres personnes.

La photo-manipulation consiste à prendre plusieurs photos et à les assembler. Là où un illustrateur classique part de rien et est seul maitre de son œuvre, nous autres photo-manipulateurs sommes soumis au bon vouloir des ayant-droit des photographies que nous employons. Quand nous avons recours aux banques d’images, généralement, c’est assez simple. (contrat d’utilisation unique, prix fixe). Mais si on passe par DeviantArt et qu’on négocie directement avec l’ayant-droit, là, ça peut vite devenir plus compliqué (et beaucoup plus cher, parce que les droits d’images ne sont pas gratuits)

Je pense qu’une illustration ne sera jamais faite « dans le vide » : si on participe à un AI, mais qu’on n’est pas retenu, au pire, ça nous aura entrainé et c’est en s’entrainant qu’on s’améliore. Mais dans le cas des photo-manipulation ? Personnellement, ça m’embête de claquer de l’argent dans les droits si je ne dis pas être retenue…

Résultat, je préfère ne pas participer aux AI. Je trouve toutefois cela bien dommage car ils sont, selon moi, un peu comme les AT : un bon moyen de commencer à se faire connaitre quand on se lance.

Et vous, que pensez-vous de tout cela ?

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